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Le quartier de Mala Strana
La vitrine baroque de Prague
Depuis les hauteurs du château de Prague, on découvre, blottie sur les flancs de la colline qui descend vers la Vltava, la cascade des toits rouges de Mala Strana, le « petit côté » de Prague. Dominée par le dôme cuivré de l'église Saint-Nicolas, ponctuée de jardins et de palais colorés, la magie baroque ne cesse d'y opérer avec la même intensité depuis le XVIIIe siècle.

Le Petit Côté

Né au Moyen Age du regroupement des marchands et des artisans souhaitant bénéficier de l'activité économique du château, Mala Strana est le deuxième quartier de Prague en date après la Vieille Ville. Reconnue comme cité à part entière à partir de 1257, et juridiquement indépendante jusqu'en 1784, la ville gothique s'édifie peu à peu autour d'une grande place de marché et de l'église Saint-Nicolas, patron des commerçants. L'incendie ravageur de 1541 anéantit malheureusement la ville médiévale. Mais à quelque chose malheur est bon : quelques années plus tard, l'empereur Rodolphe II fait de Prague sa capitale, attirant autour de lui toute une cour de grands personnages. Quel autre lieu aurait pu être plus apte à les accueillir que Mala Strana, place désormais nette située au pied du château ? Les palais Renaissance fleurissent alors comme autant de vitrines extravagantes de la puissance aristocratique.

Le triomphe baroque

Après la célèbre bataille de la Montagne blanche qui voit, en 1620, le triomphe des Habsbourg et de leurs alliés catholiques sur les Etats de Bohême, le vent de la Contre-Réforme métamorphose Prague. Si les aristocrates protestants avaient fui Mala Strana, il restait à convaincre le petit peuple. Pour l’amadouer, on fit de chaque église un paradis, à commencer par la spectaculaire église Saint-Nicolas. Reconstruite par trois générations de la famille Dientzenhofer à l'emplacement de l'église médiévale, elle se détache de l'espace urbain par son immense coupole flanquée d’un clocher élancé dû à l’Italien Lurago. Derrière sa façade galbée, l'intérieur est digne d'un décor d'opéra. La profusion des ornements, la richesse des matériaux, le débordement des perspectives picturales, la taille monumentale des statues à l'allure théâtrale et l'ondulation des balustrades forment un ensemble exubérant et fastueux, incarnation inégalée du baroque le plus prolifique. A quelques rues, l'église Notre-Dame-de-la-Victoire est tout aussi emblématique. Tenant précisément son nom de la bataille de la Montagne blanche, ce sanctuaire, considéré comme le premier édifice baroque de Prague, était à l'origine un temple protestant. Sur l'autel central de l'église est exposée la fameuse statuette d'origine espagnole de « l'Enfant Jésus de Prague », objet d’une grande vénération, invoqué comme protecteur de la ville.

Loin d’être confiné aux églises, l’art baroque envahit tout le quartier. Chaque coin de ruelle pavée réserve une nouvelle surprise. Depuis le château, on dévale la rue Nerudova avec son cortège d'enseignes mystérieuses, de la maison « aux Trois Petits Violons » à celle « au Homard vert » en passant par la maison « au Soleil noir »… Aux côtés des maisons bourgeoises aux façades colorées, une profusion de palais se succèdent, tous baroques, sauf le palais Rohan de style Empire. Portant le nom de leurs anciens propriétaires, ils sont occupés de nos jours par les ministères et les ambassades. Impossible de manquer le merveilleux palais Wallenstein, le premier et le plus grands des palais baroques de Prague, aujourd'hui siège du Sénat tchèque. Sur la place du Grand Prieuré apparaît la façade du palais Buquoy : « la deuxième plus belle ambassade de France dans le monde après le palais Farnèse à Rome » selon Jean-François Deniau. Gardé par les atlantes sous forme de deux Maures crépus et barbus, œuvres de Maximilian Brokoff, le palais Morzin accueille, quant à lui, l'ambassade de Roumanie. Derrière les palais, se blottissent de mystérieux jardins, véritables théâtres de verdures et lieux d'expressions tout aussi privilégiés de l'art baroque. De places romantiques en cafés historiques, les flâneurs sont inévitablement attirés sur l'île de Kampa. Havre de paix à l'ombre du pont Charles, née de l'accumulation des gravats issus de l'incendie de 1541 sur ce qui n'était à l'origine qu'un banc de sable, on l'appelle aussi la « petite Venise de Prague ». Les jardins jouxtant les moulins installés sur la rive de la Vltava sont réunis en un vaste parc, jouissant d'une incomparable vue sur le reste de la ville.
Au milieu de ces décors de contes, on est presque surpris de voir surgir un tramway plutôt qu'une calèche, et même de découvrir le « mur Lennon », couvert de graffitis entourant le visage du chanteur aux lunettes rondes, comme autant de défis anti-gouvernementaux dans les dernières années du communisme.

Les légendes de Mala Strana

Epargné par toutes les guerres, Mala Strana est comme figé dans le temps depuis le XVIIIe siècle : rien ou presque n’a été bâti depuis cette époque, et le visiteur imaginatif peut, au fil de sa découverte, se plonger dans une rêverie poétique renvoyant vers les temps révolus qui virent la grandeur de Prague. Il pourrait y croiser Mozart jouant sur les orgues de Saint-Nicolas ou s’entretenant avec Casanova au palais Bretfeld. L’ambassadeur Chateaubriand lui ferait découvrir sa fascination pour cette « cité riante », tandis que Paul Claudel l'entraînerait sous les coupoles de Saint-Nicolas où il situe une scène de son Soulier de satin.
Mala Strana est pour Prague ce que Montmartre a été pour Paris au début du XXe siècle : entre les palais et les ambassades, les ateliers de peintres côtoient les maisons d’écrivains. Journaliste et poète, Jean Néruda s’est rendu célèbre par ses Contes de Mala Strana, où il dépeint avec humour et réalisme les habitants de son quartier. Sa rue natale a été rebaptisée Nérudova en son honneur. Mala Strana fascine et inspire les artistes. Dans le cas de Kafka, dont il accueille le musée, sa magie trouble. Nul en tous cas ne reste insensible.
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