Logo Clio
Service voyages
Service voyages
Le musée de l'Azulejo
au couvent Madre de Deus
Dans un quartier populaire légèrement excentré de la capitale portugaise, proche du Tage qui roule ses eaux argentées à quelques mètres de là, se cache une des curiosités majeures de Lisbonne. Le couvent de Madre de Deus, consacré à la Vierge Marie, et aujourd'hui désaffecté, accueille dans son église et ses cloîtres un musée de l'azulejo, tout entier dédié à cet art si intimement lié au décor du pays qu'il en est devenu l'emblème reconnu internationalement.

L'art de l'azulejo

Contrairement à ce qu'une fausse étymologie laisse supposer, le mot azulejo vient de l'arabe az-zulaïj, qui signifie la « petite pierre polie ». D'origine persane, le carreau de céramique peint ou coloré se diffuse dans tout le Levant et le Maghreb avant d'être introduit par les conquérants musulmans dans la péninsule ibérique pour y décorer mosquées et palais. Après la Reconquête, de nombreux Maures, restés dans le pays, contribuent à perpétuer la technique de l'azulejo. A l'époque, les couleurs sont séparées pour éviter le mélange pendant la cuisson, soit par une « corde sèche », faite de graisse et de manganèse remplissant une rainure, soit par de simples arêtes en relief. Le vert émeraude, le bleu de Fès, le noir au graphite dominent. Jusqu'au début du XVIe siècle, Séville en est le grand centre de production. C'est là que le roi Manoel Ier du Portugal va s'approvisionner pour décorer son palais de Sintra, aux environs de la capitale. Puis, le Portugal ouvre ses propres ateliers. Dans le même temps, les artisans adoptent une nouvelle technique inventée par l'Italien Francesco Nicoloso : la majolique. Sur le support lisse sont peints des arabesques et des motifs géométriques, avant l'apparition des premières représentations figurées. Seules quatre couleurs peuvent résister à ce nouveau procédé qui implique des cuissons à températures très élevées : les sels de cuivre (vert), d'antimoine (jaune), de manganèse (sépia) et, surtout, de cobalt (bleu). Ce bleu tendre finit par s'imposer largement aux siècles suivants, et particulièrement au XVIIIe siècle qui est l'âge d'or de l'azulejo. Sous le règne de Joao Ier (1706-1750), c'est le pays tout entier qui en constitue le conservatoire : ils sont devenus la constante de toute architecture portugaise. Le terrible tremblement de terre de Lisbonne, en 1755, qui laisse une ville à reconstruire presque entièrement, consacre le triomphe des azulejos. Assemblés en panneaux, ils lambrissent les intérieurs, courent en frises sur les terrasses, dématérialisent les murs, habillent les maisons et rendent diaphanes les églises. Ils témoignent d'un art de vivre typiquement lusitanien, où le luxe signifie avant tout espace, lumière et couleur.

Madre de Deus

Le couvent de la Mère-de-Dieu fut fondé en 1509 par Leonor, veuve de Joao II, mais, comme l'essentiel de la ville basse de Lisbonne, il fut détruit par le tremblement de terre de 1755, et entièrement reconstruit à la fin du XVIIIe siècle. Un portail manuélin subsiste de l'église originelle. Il présente de belles colonnes torses coiffées de couronnes royales et les emblèmes de la fondatrice : un pélican et un filet de pêche. Franchissant l'entrée, on pénètre dans le grand cloître sur lequel s'ouvre l'église. L'ensemble des bâtiments conventuels accueille un musée de l'azulejo, qui présente, de manière exhaustive et très pédagogique, toute l'évolution de cet art, depuis les lointaines origines, au XVe siècle, jusqu'à nos jours.
Le parcours commence dans les salles abritant les azulejos les plus anciens, où brillent particulièrement les azulejos mudéjars et hispano-mauresques à motifs floraux ou géométriques. Du XVIIe siècle sont datés différents motifs « en camélia » ou de type quadrilobé, ainsi que trois splendides devants d'autels ornés d'une figuration allégorique du Saint-Esprit. Du charmant petit cloître manuélin, un escalier revêtu de carreaux mène à l'étage, tout entier consacré aux plus belles pièces baroques. Deux vases fleuris aux belles tonalités jaunes ou bleues escortent de grandes compositions figuratives d'inspiration hollandaise. Des représentations de la vie quotidienne y côtoient des allégories mythologiques, burlesques ou mystérieuses, témoignages des sources d'inspiration multiples des artistes lisboètes.
L'église est un monde en soi. Depuis le coro alto, avec son parquet en jacaranda du Brésil et ses plafonds à caissons, la vue plonge sur la folle exubérance de la nef. Le vaisseau est entièrement orné de bois sculptés (obra de talha), une autre spécificité portugaise, dans un accord parfait avec les azulejos qui recouvrent les murs et entretiennent une atmosphère lumineuse, presque magique.

Une ville d'azulejos

La vaste vue panoramique de Lisbonne qui clôt la visite, par delà sa qualité artistique est remarquable par son intérêt historique. Le panneau représente la ville avant le tremblement de terre dévastateur, avec sa multitude d'églises et de palais. On peut notamment y voir, au bord du Tage, le Paço de Ribeira de Manoel Ier, qui disparut complètement dans le désastre et fit place à la fameuse Praça do Comercio lors du réaménagement de la ville basse (Baixa) sous l'égide du marquis de Pombal.

A l'issue de cette visite passionnante, on retrouve, au hasard des promenades, les couleurs pastels des azulejos qui fleurissent partout dans le damier de la ville basse, dans les rues bordées de boutiques du quartier du Chiado ou dans les ruelles pentues de l'Alfama. Symboles lumineux de l'identité lusitanienne ils ornent la façade d'une demeure, le dossier d'un banc public, les poteaux indicateurs ou les plaques indiquant les numéros des maisons.
Partir en voyage avec Clio
CF 80 - 9 jours

Si Lisbonne et Belém rapellent l'aventure des grandes découvertes et l'ouverture du Portugal sur le monde lointain, le Douro, seul fleuve majeur du Portugal, fut longtemps le garant de la prospérité du ... Découvrir ce voyage
POR 90 - 4 jours

Entre Tage et Atlantique, Lisbonne vous offre toute la richesse de l'histoire du Portugal et de ses créations artistiques et architecturales originales. Ses vieux quartiers qui dégringolent jusqu'au Tage, ... Découvrir ce voyage
 

 
Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter