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Les livres incarnent la personnalité de Coimbra la savante. Ceux, d'abord, qui grimpent jusqu'au plafond de l'admirable bibliothèque baroque de son université, la plus renommée du Portugal. Ceux, aussi, qui garnissent les vitrines de ses nombreuses librairies. Ceux, enfin, que ses milliers d'étudiants balancent à bout de bras, ou parcourent à la terrasse d'un café littéraire, dans un décor qui garde toutes les traces d'une histoire passionnante.

De Rome au Portugal
Aeminium, modeste citadelle romaine, accueille au IVe siècle l'évêché initialement créé à Conimbriga, ville voisine beaucoup plus importante. Bientôt, le nom primitif cède la place au nom importé : par contraction, Conimbriga devient Coimbra. Maure, comme toute la péninsule ibérique, la ville est tôt conquise, dès 1064, par Alphonse VI de Castille. Son ascension commence quand les rois du Portugal, fraîchement indépendants, décident de s'y intéresser. En 1139, Afonso Ier y transfère sa cour : Coimbra devient la première capitale du pays. Une cathédrale s'élève bientôt, sous la direction avisée de l'évêque Bernard, un Bourguignon clunisien. Cette filiation explique le caractère très français de l'édifice, qui ne déparerait pas dans le ciel d'Auvergne. Austère, crénelée, sa façade aux lignes pures prend des airs de forteresse. Sur le flanc nord, accrochée au mur nu comme un bijou sur de la bure, la « Porta Especiosa » tranche par son étagement Renaissance. A l'intérieur, la nef, dépouillée par le temps de ses revêtements d'azulejos, a gagné en pureté ce qu'elle a perdu en éclat, et, dans cette nudité, le retable en bois sculpté d'Olivier de Gand et Jean d'Ypres brûle de tous ses ors, au-dessus du maître-autel.

« Le Collège des Arts »
Primitivement fondée à Lisbonne en 1290, la première université portugaise est transférée ici dès 1308. Protégée par la couronne, elle acquiert rapidement ses lettres de noblesse, en dépit des pressions de sa grande rivale espagnole, Salamanque. Etudiants et professeurs accourent de tout le pays et de l'étranger pour donner ou suivre à Coimbra le cycle complet des études. Bientôt, les bâtiments se révèlent trop exigus pour tant de monde. Qu'à cela ne tienne : en 1540, le roi Joao III offre son propre palais pour loger l'université. Dès lors, les souverains ne cesseront de couver le « paços dos estudos », enrichissant et ornant ce temple du savoir. On y accède par la « Porta Ferrea », maniériste, qui doit son nom au portail de fer qui la ferme. La grande cour est d'architecture disparate, mais c'est ce qui fait son charme. Au midi, elle ouvre sur l'ample vallée du Mondego. En face, un escalier majestueux mène à la Via Latina, élégant portique qui forme un promenoir à colonnade où, jadis, il était interdit de converser autrement qu'en latin ! La tour grêle qui s'élève dans un angle renferme la « cabra », la cloche de l'université, qui rythme toujours les heures estudiantines, appelant chacun « en bêlant comme une chèvre ». Il faut pousser les lourdes portes de la merveille du lieu : la bibliothèque Joanine. Bâtie de 1716 à 1726 comme un cadeau du roi Joao V, elle constitue un merveilleux exemple de l'architecture baroque exubérante propre au règne de ce roi. Trois salles en enfilade, revêtues d'or et reliées par des arches de marbre, semblent n'en faire qu'une, long espace abritant plus de 300 000 volumes anciens. La décoration de bois exotiques fait référence aux trois continents (Asie, Afrique, Amérique du Sud) où le Portugal avait encore des possessions au XVIIIe siècle. En quittant la pénombre feutrée qui y règne et en regagnant l'ardent soleil de la cour, on a encore l'esprit tout étourdi d'une telle abondance d'harmonie et de savoir.

Une richesse patrimoniale remarquable
Coimbra cache encore bien d'autres trésors. Voici le couvent Santa Clara, émouvante construction gothique qui n'en finit pas de mourir, happée depuis six cents ans par les boues du fleuve. C'est près de là que périt Inès, la « Reine morte » assassinée, que célébra si bien Montherlant. Plus haut, au flanc du promontoire, on trouve la vénérable église de Santa Cruz. Son portail est l'œuvre de Nicolas Chantereine, principal représentant de l'école de sculpture locale, qui partit bientôt avec d'autres pour chanter, au monastère de Belem, la gloire du roi Manoel Ier. Les stalles, sculptées de caravelles, rappellent la vocation maritime du Portugal. Le cloître, surtout, est exquis, avec ses colonnes tordues comme des cordages et son bassin chuchotant.

Au dehors, au détour d'une ruelle déclive, un groupe d'étudiants passe, à la recherche de quelque divertissement. Les rubans de couleurs qui ornent leurs serviettes distinguent les différentes facultés : rouge pour le droit, jaune pour la médecine, bleu clair pour les sciences, bleu foncé pour les lettres, violet pour les pharmaciens. Leurs regards pétillent, comme un aveu de leur chance de pouvoir, toute une année, lire dans Coimbra à livre ouvert...
Pour visiter Coimbra avec Clio
CF 80 - 9 jours

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