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Chavin de Huantar
Aux origines du Pérou précolombien
« Un sanctuaire pour les païens »
« Il y a, à côté de ce village de Chavin, un grand édifice de pierres de grande taille soigneusement travaillées ; c'était un sanctuaire pour les païens, l'équivalent pour nous de Rome ou de Jérusalem. Les Indiens y venaient pour offrir des sacrifices car le démon du lieu leur accordait des oracles... »
C'est en ces termes que le « visiteur » espagnol Antonio Vasquez de Espinosa présente en 1620, dans sa Description des Indes occidentales, le site considéré comme l'un des « lieux-souches » des civilisations précolombiennes andines. Le centre cérémoniel de Chavin de Huantar fut en effet construit et aménagé au pied des sommets enneigés des Andes, en une étroite vallée où se rejoignent les rios Mosna et Huacheqsa, à plus de trois mille mètres d'altitude, en un lieu d'où partaient des routes gagnant, vers l'est, l'Amazonie toute proche et, vers l'ouest, à travers la cordillère Blanche, les côtes de l'océan Pacifique.

La découverte du site
Fonctionnaires espagnols et prêtres catholiques chargés d'extirper le paganisme indigène sont les premiers découvreurs de ces étranges constructions et il faut attendre le XIXe siècle pour que des voyageurs européens réalisent, avec Charles Wiener ou Ernest Middendorff, les premières descriptions scientifiques du site... C'est en 1919 que l'archéologue péruvien Julio C. Tello mesure toute son importance dans la longue histoire de l'ancien Pérou. Il y voit l'origine de toutes les grandes cultures andines et utilise son nom pour désigner la période correspondante. D'autres sites plus anciens ont été découverts depuis, mais on considère toujours aujourd'hui que c'est la culture de Chavin qui a réalisé, durant l'Horizon ancien des cultures péruviennes précolombiennes, l'unité de la civilisation de l'ensemble du pays. Certains ont cependant jugé que la priorité accordée à la culture de Chavin était excessive et qu'il fallait considérer davantage le rôle joué par celles identifiées au nord-ouest du pays, dans les vallées côtières de Moche et de Chicama, le débat présentant l'enjeu mémoriel que l'on imagine entre les populations de la montagne et des confins amazoniens et celles du littoral pacifique.

Un art consommé
Au sein de l'Horizon ancien qui s'étend de 800 à 200 avant J.-C., les figures de pierre sculptées sur les parois des temples de Chavin apparaissent comme les productions artistiques les plus remarquables de ces époques reculées. L'archéologue nord-américain John Rowe a distingué quatre phases dans l'évolution de l'art de Chavin, mais a aussi constaté la persistance de conventions et la répétition d'un répertoire iconographique. Symétrie, stylisation de certains motifs, combinaison des droites et des courbes, représentation particulière des yeux, retour des figurations d’espèces animales (aigles, faucons, félins, serpents) dotées d'attributs humains et, inversement, d'hommes présentant des traits animaux, constituent autant d'éléments caractéristiques de cette culture.

Les pyramides
Le sanctuaire de Chavin ne fut pas édifié d'un seul coup, mais connut de nombreux agrandissements ainsi que des transformations significatives. Datée de 850 avant J.-C., la pyramide la plus antique est appelée Templo Viejo. Elle abritait en son intérieur le Dieu souriant, une divinité oraculaire représentée sur la sculpture baptisée Lanzon Monolitico. Ce Templo Viejo était en fait formé de trois pyramides réunies et disposées de telle sorte que l'ensemble présente, vu d'en haut, la forme de la lettre U. Un plan qui avait déjà été identifié sur des monuments antérieurs de plusieurs siècles, étudiés sur des sites comme La Florida ou Garagay, dans les vallées du Rimac ou Huaca de los Reyess dans la vallée du Moche. Une place de forme circulaire, dont le sol est creusé, a été aménagée en opposition à la pyramide principale, et une autre idole majeure, l'obélisque Tello, placée en son centre. Des êtres mythiques et des félins occupent les murs entourant cette place. Découvert en 1908 chez un paysan qui l'avait récupérée, cette imposante plaque de pierre décorée a pris le nom de son inventeur.
C'est vers 390 avant J.-C. que se construit, à côté du Templo Viejo, un Templo Nuevo organisé sur le même modèle que le précédent. La pyramide centrale, ou Castillo, présente la forme d'un cube avec des murs de pierre de dimensions impressionnantes (70 m de côté et 10 m de haut). On a utilisé ici des pierres, telles que le granit blanc, extraites fort loin de Chavin, ce qui implique la mobilisation de masses considérables de travailleurs... De nombreuses galeries, dont la fonction demeure mystérieuse, se déploient à l'intérieur de la pyramide centrale dont la façade principale présente une entrée, la Portada, formée de deux colonnes et d'un linteau sur lesquels sont figurées les images de divinités du panthéon propre à la culture de Chavin. Des « têtes clouées » sculptées dans la pierre et présentant des attributs divins étaient fixées sur la partie haute du mur extérieur... Avec la stèle Raimondi (du nom du savant italien qui l'a découverte) et le dieu qu'elle représente, elles contribuent à accroître le mystère qui entoure encore aujourd'hui ce haut lieu où souffle toujours l'esprit des anciens peuples andins.
Pour découvrir Chavin avec Clio
PE 32 - 18 jours

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Un article de la bibliothèque de Clio
Chavin de Huantar
par Daniel Levine

À la fin du IIe millénaire avant notre ère, dans les Andes du Nord du Pérou, le centre cérémoniel de Chavin de Huantar apparaît comme un carrefour culturel entre plusieurs traditions issues de la c... Lire l'article
 

 
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