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Vincent Van Gogh
Ombre et lumière
Une décennie. La vie de peintre de Vincent Van Gogh tient en à peine dix ans (1880-1890) : dix ans de fulgurance, qui le verront sortir de lui-même plus de 800 tableaux et 1000 dessins. Dix ans qui marqueront définitivement l'histoire de l'art, comme un pont entre l'impressionnisme, qu'il admirait mais où il se sentait à l'étroit, et l'expressionnisme dont il sera, sans le savoir jamais, le précurseur...

Autodidacte en Hollande
Rien ne prédestinait le jeune Vincent à devenir peintre. Après divers emplois dans la firme de négoce familiale, il se tourne vers la théologie en vue de devenir pasteur. Mais son tempérament fougueux et ses opinions sociales avancées heurtent tellement la hiérarchie de l'Eglise qu'il abandonne bientôt sa vocation. Il a 27 ans et décide alors de suivre la voie qui l'attire depuis longtemps : il sera peintre. A cette époque, il voue une immense admiration à Millet qui sera, par ses dessins qu'il copie avec une ferveur quasi religieuse, son véritable « maître ». Cette influence se ressent pleinement dans son premier chef-d’œuvre, les fameux Mangeurs de pommes de terre, où les couleurs sombres et les paysans figés sous la suspension à la lumière parcimonieuse traduisent la pesanteur du monde rural dans l'immuabilité de sa misère.

Paris
En mars 1886, Vincent part pour Paris retrouver son frère Théo, qui est aussi celui qui lui permet le plus souvent de subsister. Dans la capitale française, il se trouve très vite des affinités avec les impressionnistes : sa palette se colore, il commence à peindre des scènes de rue, et la ville la nuit. Ses deux années parisiennes sont marquées par l'étude, la novation, l'expérimentation. Il découvre avec émerveillement les estampes japonaises dont il admire les lignes épurées, et, sous l'influence des pointillistes Seurat et Signac, se rapproche du néo-impressionnisme : petits points et traits vifs et clairs dominent sa manière. Financièrement, ce sont des années difficiles : ne pouvant payer des modèles, il réalise vingt-sept autoportraits. Reflétés dans le miroir, voici son front haut, couronné des épis blonds de ses cheveux, sa barbe rousse qui masque une bouche volontaire, et ses yeux, comme deux charbons noirs, qui nous interrogent, toujours...

Le midi
Fatigué, dépressif, Van Gogh quitte Paris pour le Sud de la France en février 1888. Ce sera une révélation. Toujours faute de pouvoir se payer des modèles pour réaliser des portraits, genre de peinture qu'il avoue préférer, il se lance dans une incroyable série de paysages d'Arles et de sa région. La lumière du Midi, si différente de celle de sa Hollande natale, le captive, le fascine, l'envoûte. Il y trouve la forme la plus aboutie de son art. Sa touche, rapide et exaltée, rompt ou déforme l'équilibre des espaces continus des impressionnistes ou contrôlés des pointillistes. Les couleurs pures, notamment le jaune des maisons, des tournesols, des champs, sont l'éclat d'une force expressive absolue. Et Vincent, comme dans tout ce qu'il fait, met de l'extrémisme dans cette expression.
« Au lieu de rendre ce que j'ai devant les yeux, je me sers des couleurs plus arbitrairement, afin de m'exprimer avec plus de force. » En Arles, expression concrète du ciel, de la terre, du soleil, la couleur devient aussi une dimension de la sensibilité, messagère des élans et des dépressions de l'artiste. Car Van Gogh va mal. Des crises récurrentes d'épilepsie, alliées à une situation matérielle toujours précaire et des périodes de dépression intense ont raison de son amitié avec Gauguin (on connaît le fameux épisode de la querelle et de l'automutilation à l'oreille de Van Gogh). Cette situation le conduit à se faire soigner dans l'asile psychiatrique de Mausole, à Saint-Rémy-de-Provence. Dans le cloître tranquille de cet ancien couvent, il retrouve un certain apaisement et un esprit imaginatif et créatif. Impressionniste d'abord, avec Les Iris ou Les Lilas, plus novateur ensuite, avec la série des paysages de Provence où alternent oliveraies et champs de blé.

Auvers
Vincent est toujours en quête de cette perfection qu'il doute en permanence d'atteindre un jour. C'est à Auvers-sur-Oise, dans la douce campagne francilienne, qu'il fait une ultime tentative pour l'approcher. « Je dois pouvoir exprimer à travers elle [la peinture] ce que j'ai dans l'esprit et le cœur ». Il le fait avec une extraordinaire frénésie, qui le conduit à peindre soixante-dix toiles en deux mois ! Vincent s'y révèle tout entier, avec un côté solaire, lumineux luttant contre une mélancolie qui ne le lâche jamais. Les champs de blé dorés s'opposent aux sombres cyprès ; les coups de pinceaux en tourbillons traduisent l'angoisse et le tourment ; le ciel bleu est traversé par de noirs corbeaux...
Le noir a finalement le dernier mot : le 27 juillet 1890, Vincent se tire une balle de revolver et meurt deux jours plus tard, à 37 ans.

Le peintre n'est plus. La légende Van Gogh peut commencer. Celle d'un personnage mythique par son inadaptation sociale, son profond besoin de valeurs et l'immense écho de son art.
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