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Le Concertgebouw
Un temple de la musique classique pour la délectation des Amstellodamois.
Une ville en manque d’acoustique

En cette journée du 15 septembre 1881 que l’on peut imaginer pluvieuse, six Amstellodamois illustres se réunissent afin de discuter de l’avenir de la musique dans leur cité. La « salle du Parc » (Parkzaal) sera bientôt démolie, la salle de la Société philanthropique Felix Meritrix est trop petite et l’acoustique du Paleis voor Volksvlijd épouvantable. Les instances publiques ne paraissent guère se soucier de ces problèmes. Bref, l’avenir semble peu favorable à Apollon et à sa lyre… Pour pallier ces insuffisances et donner à leur ville un éclat comparable à celui de ses voisins européens, ces illustres bourgeois décident de créer une « Commission temporaire pour la construction d’une salle de concert ». Un peu plus tard, le 8 juillet 1882, est fondée la société anonyme le Concertgebouw – littéralement : édifice pour concert. Il ne manque plus que le bâtiment… Amsterdam aura bien une salle de concert digne de ce nom.

En plein milieu des champs

Il est aujourd'hui difficile d’imaginer que le Concertgebouw se trouve alors en rase campagne. En avril 1888, lors du concert inaugural, le bâtiment se dresse solitaire dans la boue et parmi les vaches broutant dans les prés. Le Rijksmuseum, de l’autre côté du square appelé Museumplein, a été terminé en 1885 et constitue alors la limite de la ville, en attendant le développement du nouveau quartier sud avec son parc (Vondelpark). Le bâtiment est construit sur 2 186 pilotis d’environ 13 mètres de longueur, plantés dans le sol, et constitué de deux salles de concert, de vestiaires, de salles de répétitions et de restauration et d’un fumoir. Le tout est achevé fin 1886, mais, en raison de conflits administratifs avec la mairie d’arrondissement, l'inauguration officielle doit attendre encore près de deux ans.

Le 11 avril 1888, les notes de Wagner, Händel, Beethoven et Bach résonnent enfin dans la grande salle, avec un orchestre de cent-vingt musiciens et un chœur de cinq cents chanteurs. Un mois plus tard, le 12 mai, la petite salle de concert est inaugurée avec un programme de musique de chambre néerlandaise. L’orgue, faute d’argent, n’arrive qu’un peu plus tard.

L'ensemble est alors agrémenté d'un jardin achevé six mois après l'inauguration. Sous des porches fleuris éclairés au gaz, on assiste à des concerts et l'on se délecte de mets et de boissons. Au début du XXe siècle, l’augmentation de la circulation rend son atmosphère moins bucolique et, en 1922, le terrain occupé par le jardin est vendu à la ville pour y construire des habitations. Aujourd'hui, seules les formes sinueuses de certaines rues à l’arrière du Concertgebouw rappellent l’existence de ce morceau de verdure.

Une acoustique formidable pour un café chantant ?

Aujourd'hui, l’acoustique de la salle est parfaite quel que soit le lieu où l'on se trouve. Cela ne fut toutefois pas toujours le cas. L’architecte du Concertgebouw, Dolf van Gent, s'est inspiré de la Neue Gewandhaus de Leipzig à l'acoustique réputée. Au moment où il en engage la construction, il en connaît les plans mais n'a pu en tester la sonorité. Après l'inauguration de la salle, il lui faut encore procéder à plusieurs aménagements avant d’arriver en 1899 au résultat optimal. Il est aussi nécessaire de modifier les habitudes et les comportements des spectateurs. En effet, à leurs débuts, chacune des deux salles ressemble à un café chantant. L'on y boit, mange, bavarde, assis à des tables, tandis que, sur l'estrade, jouent les musiciens. Le premier chef d’orchestre, Willem Kes, homme d'autorité, régit avec une main de fer musiciens et spectateurs. Il fait disparaître tables, nourriture et boissons. Désormais, les spectateurs demeurent assis sur leurs chaises et écoutent les concerts en silence.


Ne manque plus qu’un orchestre et des invités de marque

Lors de l’inauguration de 1888, l’orchestre est composé de musiciens semi-professionnels et d'amateurs. Pour rivaliser avec les grandes villes européennes, il faut au Concertgebow un véritable orchestre permanent. Outre une école de musique, intégrée plus tard au Conservatoire, on fonde l’« orchestre du Concertgebouw ». Sa direction est confiée, à partir de la fin 1888, à un chef d'orchestre professionnel, Willem Kes. Son successeur, Mendelberg, donne à l’orchestre sa réputation mondiale.
Dès le début du XXe siècle, les plus grands font le voyage à Amsterdam. En 1903, Mahler y dirige ses Première et Troisième Symphonies avant Rachmaninoff, Richard Strauss, Schönberg, Stravinsky et Britten.

La Passion selon Matthieu de Bach : un must néerlandais

Chaque année, aux alentours de Pâques, la Passion selon Matthieu de Bach résonne dans la grande salle du Concertgebow. Exécutée pour la première fois en 1891, elle le sera chaque année à partir de 1899. A cette occasion, Mendelberg dirige pour la première fois l'orchestre. Il le fera sans interruption jusqu’en 1944 avant de passer le flambeau. Ce concert pascal de la Passion est devenu un évènement musical emblématique et incontournable de la vie culturelle et religieuse des Pays-Bas.
Pour découvrir le Concertgebouw avec Clio
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