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Johannes Vermeer
Peintre de Delft au Siècle d'or
Johannes Vermeer vit le jour en octobre 1632 dans une famille protestante de Delft. Son père était aubergiste, mais aussi marchand d'art. On peut supposer que ses inévitables relations avec les artistes et les collectionneurs contribuèrent à familiariser son fils avec la peinture.
Pour autant, nous ne savons pas grand chose de la formation véritable du jeune Johannes. Sans doute bénéficia-t-il, au titre d'apprenti, des leçons de Carel Fabritius et de Léonard Bramer, deux peintres de fresques installés dans la ville. Mais les sources tangibles concernant son itinéraire artistique sont si rares, que nous sommes réduits le plus souvent à des suppositions. C'est surtout l'observation attentive de ses tableaux qui permet de capter l'essence de son œuvre. Certaines scènes laissent ainsi transparaître l'influence relative de Jan Steen et de Pieter de Hooch, mais l'on devine aussi la fascination exercée sur le jeune Vermeer par les caravagistes d'Utrecht.

Une peinture du « dedans » et de l'intériorité

Dès 1653, le jeune Vermeer est inscrit comme « maître » sur le registre de la corporation des peintres. Il vient d'épouser Catharina Bilnes, d'un an son aînée, non sans difficulté, car sa riche et redoutable belle-mère, Maria Thines, s'est d'abord opposée à cette union, pour des raisons sans doute autant religieuses que financières. Elle donne finalement son consentement, peu de temps après la conversion de Vermeer au catholicisme romain. A partir de 1660, le couple viendra la rejoindre dans sa belle demeure du Oude Langendijk, le quartier dit « papiste » de la ville, où les deux époux élèveront onze enfants.

C'est désormais derrière ces murs et ces fenêtres, dans le décor s'offrant au regard, que Vermeer puisera son inspiration. D'une toile à l'autre, on reconnaît les mêmes tableaux accrochés, les mêmes cartes géographiques, les mêmes perles et colliers, étoffes et pelisses, qui sont autant de « fragments d'un même monde », selon les termes de Marcel Proust. Le génie de Vermeer consiste à les unifier à nouveau par la lumière, par les rapports inédits du jaune, du bleu et du gris, mais aussi par l'imprécision des contours, la dissolution des formes à travers de multiples et minuscules points lumineux, qui semblent donner vie à la matière picturale.

De l'anecdote à l'essence : le quotidien transfiguré

En 1662, Vermeer est nommé président de la guilde des peintres, et semble de fait bénéficier d'une certaine reconnaissance dans le milieu artistique de Delft. La visite qu'effectue l'année suivante dans son atelier le Français Balthasar de Monconys indique aussi la notoriété acquise par l'artiste dans sa propre ville. Mais le voyageur, de son côté, n'hésite pas à consigner sa déception dans son journal : « A Delft, je vis le peintre Vermeer, qui n'avait point de ses ouvrages ; mais nous en vismes un chez un boulanger, qu'on avait payé six cents livres, quoiqu'il n'y eut qu'une figure, que j'aurais cru trop payer de six pistoles. »

Dans la peinture de genre, Vermeer se démarque en effet de ses contemporains, en réduisant le nombre des personnages à deux ou trois, voire à un seul. La représentation du quotidien ne consiste plus à raconter une histoire, en restituant de multiples anecdotes, mais à dévoiler la vérité d'un instant unique, en mettant en lumière l'essence intime d'une scène ou d'une personne. Nous ne savons pas quelle toile de Vermeer le Français juge si sévèrement. Mais de la période 1662-1664, deux tableaux à « une figure » nous sont parvenus qui sont autant de chefs-d'œuvre : La Femme en bleu, du Rijksmuseum d'Amsterdam, et La Femme à la balance de la National Gallery of Art de Washington.


Le temps des épreuves

Tout porte donc à croire que Vermeer vendait ses toiles sans difficulté dans la sphère d'une clientèle privée. Pourtant, il ne pouvait vivre de sa peinture, car il ne produisait guère plus de deux tableaux par an. Afin de subvenir aux besoins de sa famille toujours plus nombreuse, il exerçait, comme son père, le métier de marchand d'art. Malheureusement, ses affaires, plus ou moins fructueuses, finirent par péricliter dans le contexte de la guerre franco-hollandaise engagée en 1672. Les dettes s'accumulèrent tandis que les revenus des fermages donnés en bail par Maria Thins se tarirent brutalement. Selon le témoignage de sa femme, « il fut si affligé et s'affaiblit tellement qu'il en perdit la santé et mourut en l'espace d'un jour et demi ». Il fut enterré le 15 décembre 1675 à Delft, alors que huit de ses enfants étaient encore mineurs.

Quelques années plus tard, son nom est cité à l'occasion d'une vente publique de ses peintures, puis disparaît presque totalement de la mémoire collective.

Le phénix renaît de ses cendres

Vermeer ne sortira véritablement de l'oubli qu'au XIXe siècle, grâce aux observations de critiques d'art éclairés tels que les frères Goncourt et Théophile Gautier, mais, surtout, grâce aux recherches de William Thoré-Bürger qui consacrera sa vie à la redécouverte du peintre hollandais. Dans sa Recherche du temps perdu, Marcel Proust, enfin, fait mourir son héros Bergotte devant l'incomparable Vue de Delft : « C'est ainsi que j'aurais dû écrire, disait-il. Mes derniers livres sont trop secs, il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en elle-même précieuse comme ce petit pan de mur jaune. »
Pour découvrir l'œuvre de Vermeer avec Clio
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Un article de Pascal Bonafoux de la bibliothèque de Clio
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par Pascal Bonafoux

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