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Les Missions
Les Jésuites chez les Guaranis
Les Guaranis
Envoyé en expédition en 1534 par Pedro de Mendoza, le fondateur de Buenos Aires, le conquistador Juan de Ayolas fut certainement le premier à rencontrer les « Indiens » guaranis et tupis... il n'en revint pas vivant. Partis à sa recherche, Gonzales de Mendoza et Juan Salazar de Espinoza réussirent à se lier à certains chefs guaranis et fondèrent la ville d'Asunción, aujourd'hui capitale du Paraguay et firent de la région Guayra une province coloniale espagnole, limitée à l'est selon les dispositions du traité de Tordesillas de 1494 qui confiait au Portugal les terres en deçà d'un méridien situé à 370 lieues à l'ouest du Cap-Vert (50° Ouest). Organisés en chefferies structurées, les Guaranis avaient progressivement abandonné la culture semi-itinérante sur brûlis pour se sédentariser en villages nichés au cœur de la forêt tropicale à araucarias, entre les vallées du Parana et du fleuve Iguaçu, où les femmes récoltaient le miel, cultivaient maïs et manioc tandis que les hommes chassaient le gibier et pêchaient. Farouches guerriers, les Guaranis connaissaient de fréquentes guerres intertribales au cours desquelles les prisonniers étaient, semble-t-il, sacrifiés et mangés.

Aux premiers temps de la conquête espagnole
Si les premiers gouverneurs de la province de Guayra encouragèrent les mariages entre Espagnols et femmes indigènes, ils permirent aussi aux colons de réduire en esclavage les Guaranis, conformément au système colonial d’encomiendas permettant aux colons de disposer de la main-d'œuvre indigène pour l’exploitation de leurs domaines. Mais les Guaranis furent aussi fréquemment la proie des chasseurs d'esclaves, les malocas, qui effectuaient des razzias au profit des marchands d'esclaves portugais de São Paulo.

Les reducciones
Ce furent les franciscains qui initièrent l'évangélisation des Guaranis, traduisant la Bible dans leur langue, mais, dès la fin du XVIe siècle, ils laissèrent la place aux jésuites. En 1607, ces derniers fondèrent un collège à Asunción et entreprirent de protéger les Indiens du servage colonial. Le supérieur général Acquaviva autorisa, avec l’accord de Philippe III, les jésuites d’Amérique à fonder un Etat autonome dans la région du cours moyen et supérieur des fleuves Paraná et Paraguay. Territoire grand comme la moitié de la France, dépendant directement du roi d’Espagne, aucun Européen autre que les pères jésuites n’avait le droit d’y pénétrer. Dès 1609, ils créèrent le premier village, ou reduccion de Nuestra Señora de Loreto, dans lequel les Indiens seraient « ramenés à la vie civile et à l’église » (Ad vitam civilem et ad Ecclesiam reducti). En 1611 fut fondée la mission de San Ignacio Mini, aujourd'hui en Argentine, qui compta jusqu'à trois mille habitants. Organisée selon une règle particulièrement stricte, chaque réduction était dirigée par deux religieux assistés par un conseil de notables élus. Les jésuites mirent en œuvre leurs compétences dans le domaine de l'architecture pour former les Guaranis et leur faire réaliser de véritables villes à l'urbanisme raisonné. Autour de la plaza mayor, de l'église et du cimetière, de remarquables bâtiments de style colonial aux façades sculptées en grès rouge – école, hôpital, collège des jésuites – bordaient de larges rues orthogonales où s'alignaient des maisons toutes identiques offertes à chaque jeune couple. Une maison spéciale abritait les veuves et les femmes seules. La vie y était régie par le travail en commun, sans argent ni salaire : culture des céréales, du maté, de la canne à sucre, élevage, travail du cuir et du textile, forges. Les enfants y recevaient une éducation en langue indigène. Le sport, le théâtre et les fêtes religieuses occupaient les temps de loisir. Une place particulière était donnée à la musique, pour laquelle les Guaranis semblaient particulièrement doués. Ajoutons enfin à ce tableau l'abolition de la peine de mort : Voltaire, Montesquieu, d’Alembert et Paul Lafargue ont fait l’éloge de cette république chrétienne qui paraissait réaliser le rêve de Platon et les utopies de la Renaissance.

La fin des Missions
Toujours menacés par les razzias des Paulistes, les jésuites décidèrent en 1641 de la création d'une armée. Mais la richesse et le dynamisme économique des missions qui n'acceptaient d'ordre qu'émanant du Saint-Siège, formant un Etat dans l'Etat, suscitèrent la jalousie de l'Espagne et du Portugal et, lors de la conclusion du Traité des limites en 1750, une partie des reducciones furent données au Portugal. Sous la conduite du corregidor Sépé, les Guaranis entrèrent en rébellion et vainquirent les troupes hispano-portugaises, mais, en 1755, Sépé fut tué et, en 1759, le marquis de Pombal fit expulser tous les jésuites des territoires portugais, suivi, en 1767, par l'arrestation par Charles III d’Espagne de tous les pères qui vivaient dans les établissements jésuites des colonies. Au moment de la suppression de l'Ordre par le pape Clément XIV, en 1773, les 38 reduccionnes qui comptaient 110 000 habitants guaranis furent abandonnées à la jungle...
Pour visiter les missions jésuites de Paraguay avec Clio
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