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Portobelo de Panama
entre Espagne et Angleterre
L'isthme de Panama
De la cité de Panama, sur la côte du Pacifique, à Portobelo, situé de l'autre coté de l'isthme sur l'océan Atlantique, il n'y a guère que 60 kilomètres à vol d'oiseau. Par la mer, avant que ne fût creusé le canal de Panama, il fallait parcourir près de 20 000 kilomètres et affronter les dangereux parages du cap Horn. Ce fut en novembre 1502, lors de son quatrième et dernier voyage vers le Nouveau Monde que Christophe Colomb aborda la baie bien abritée de Portobelo – le « beau port ». Dès 1510, Diego de Nicuesa fonda le comptoir de Nombre de Dios, premier établissement espagnol de Panama, mais ce ne fut qu'avec la découverte par Núñez de Balboa, en 1513, de l'océan Pacifique, puis de la fondation, en 1519, de la cité de Panama, que l'isthme prit toute son importance.

Dès cette époque, certains songèrent à relier les deux océans par un canal, mais cette utopie ne devait se muer en réalité qu'au début du XXe siècle ! En attendant, la liaison entre les deux océans se faisait par le vieux sentier que les indigènes employaient depuis des siècles, découvert dès 1515 par Antonio Tello de Guzmán, qui reliait Panama à Nombre de Dios. Le chemin fut réaménagé par les Espagnols et devint la principale voie de transport de l'or provenant du Pérou et de l'argent du Potosi – le « Camino Réal ». Avant de prendre le chemin de l'Espagne, ces richesses étaient rassemblées dans le port fondé au fond de la baie de Portobelo, en 1597, sous le nom de San Felipe – en l'honneur de Philippe II – par Francisco Velarde y Mercado.

Un second chemin, le Camino de Cruces, doubla le Camino Réal jusqu'à l'embouchure du rio Chagres avant de rejoindre Portobelo. Pour défendre ce dernier chemin, les Espagnols entreprirent la construction d'un fortin, San Lorenzo, qui fut attaqué dès 1596 par Francis Drake, mais le célèbre corsaire fut vaincu par les fièvres et enterré, dit-on, à Portobelo...

L'objet de toutes les convoitises
L'accumulation de tant de richesses ne pouvait que susciter les ardeurs des flibustiers aussi bien que des Etats rivaux de l'Espagne dans la conquête coloniale, singulièrement de l'Angleterre. Le castillo San Lorenzo el Real de Chagre fut achevé en 1599. Très vite, Portobelo fut fortifié et devint un port à l'activité considérable. Les grandes foires, où s'échangeaient les produits venus de la métropole et les produits de la Nouvelle-Grenade, duraient jusqu'à quarante jours. Malgré ces défenses, Portobelo fut attaqué et pillé en 1610 par le corsaire de Plymouth William Parker quelques jours après... que l'argent du Pérou eut pris la mer vers l'Espagne. En 1688, ce fut Henri Morgan qui, avec ses 450 hommes, pilla la ville durant quatorze jours. Par le traité de Séville de 1729, l'Espagne interdisait à tout navire étranger de commercer avec ses colonies. L'Angleterre était excédée par les mauvais traitements infligés aux équipages de ses navires arraisonnés, tels ceux que connut le capitaine Robert Jenkins qui eut, en 1731, l'oreille tranchée ! Finalement, en 1739, les Anglais déclenchèrent la guerre dite « de l'oreille de Jenkins » et l'amiral Edward Vernon s'empara, dès novembre 1739, de Portobelo et, en 1740, de San Lorenzo, détruisant largement leurs fortifications avec ses canons de marine.

Un patrimoine architectural exceptionnel
Après chacune de ces destructions, les Espagnols reconstruisirent les fortifications qui étaient essentielles pour protéger le port majeur de la Flota de Indias, ou Flota del Tesoro Español. Le premier fort – dû à Bautista Antonelli, l'architecte militaire italien au service de Philippe II – ne comportait qu'une plateforme de huit canons. En 1626, l'ingénieur Cristobal de Roda proposa un renforcement des défenses de Portobelo et du fort de San Lorenzo qui ne fut que partiellement réalisé. Le général Venegas y Osorio fit reconstruire le fort, mais sans tenir compte de la puissance accrue de l'artillerie. Ce ne fut qu'après les destructions de 1739 qu'Ignacio Sala et Manuel Hernández réalisèrent le remarquable ensemble qui correspond à l'apogée de l'architecture militaire coloniale. Ils relièrent en effet les anciens forts par un puissant mur d'enceinte doté de casernements et renforcé d'emplacements réservés à l'artillerie, de casemates et d'échauguette, le tout dominant superbement la baie... Portobelo et San Lorenzo ne furent plus jamais pris. Ce ne fut pas par la vertu de leurs fortifications, mais simplement parce que les progrès de la navigation firent préférer le passage par le cap Horn ! Après l'indépendance de la Grande Colombie, dont faisait partie Panama, les forts servirent de prison d'Etat puis furent abandonnés. Devenue une petite ville portuaire de 3 000 habitants, Portobelo ne s'anime qu'une fois par an, en octobre, quand, au cours d'une grande fête, la statue du Christ noir de l'église San Felipe voit sa robe lie de vin remplacer celle de pourpre qu'elle a revêtue lors de la Semaine sainte...
 

 
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