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Shakr i-Sabz
La ville rayonnante
Timour le boiteux
Il y avait cent neuf ans que Gengis Khan, le grand conquérant mongol, était mort lorsque Taragaï, gouverneur d'origine turque de la province de Kesh, au cœur de la Transoxiane, fut gratifié par la naissance d'un fils, le 8 avril 1336. Il lui donna le prénom de Timour, l'homme de fer. Rarement prénom fut si bien justifié ! A cette époque, si la dynastie Yuan des héritiers de l'Empire mongol était encore solide en Chine, il n'en était pas de même en Perse et, lorsqu'en 1334, s'éteignit le neuvième Il-Khanide, Abou Saïd, l'Etat s'effondra de lui-même, sans révolte ni pression extérieure. Dès lors, la lutte pour le pouvoir fit rage en Asie centrale. Le khan mongol Tuglugh reprit le contrôle de la Transoxiane, tandis qu'au sud, l'émir Mir Hossein imposait son pouvoir sur l'Afghanistan. Timour était alors âgé de vingt-cinq ans. D'une haute stature, la tête massive, le teint très coloré, Timour Leng (Tamerlan) – Timour le Boiteux – bien qu'affligé d'une claudication due à une chute de cheval durant son adolescence et mutilé d'une main, était cependant l'archétype du guerrier farouche et infatigable, archet infaillible « tendant l'arc jusqu'à l'oreille ».

Le conquérant
Timour prêta hommage à Tuglugh, mais son ambition ne pouvait se satisfaire d'un petit gouvernorat. Quelques campagnes militaires en Perse lui permirent de s'affirmer comme un chef de guerre hors pair et lui assurer la fidélité indéfectible de ses troupes composées essentiellement de turcophones. Il s'associa au roi de Balkh, Mir Hossein, pour défaire Tuglugh en 1365, avant de se retourner contre son ancien allié et de s'emparer, après cinq ans de lutte, de son royaume. Le visage couvert de larmes, Timour accorda son pardon à Mir Hossein... avant de le faire assassiner et de faire mettre à mort tous les habitants de Balkh qui lui étaient restés fidèles. Dès lors roi de Balkh puis sultan et émir de Transoxiane, Timour s'engagea alors sur les traces de Gengis Khan. Sans aucun plan précis ni ordre logique, au hasard des agressions ennemies, il conquit et ravagea. Le Kharezm, la Perse, la Géorgie, l'Arménie, Le Fars, rien ne lui résista. En 1387, réprimant la révolte de quelques habitants d'Ispahan qu'il venait de prendre, il fit, dit-on, édifier une pyramide de soixante-dix mille têtes coupées. Seuls Toqtamish, le khan de la Horde blanche, puis le sultan ottoman, Bajazet l'Eclair, lui résistèrent quelque temps avant d'être vaincus. Il ne connut la défaite que devant le sultan mamelouk d'Egypte ! Quand il épousa en 1397 la fille du dernier khan mongol, de la Volga à Damas, de Smyrne au Gange, Tamerlan avait égalé Gengis Khan. En 1405, seule la mort mit un terme à son projet d'invasion de la Chine, mais jamais il ne s'était soucié d'organiser son empire. Bâti sur du sang et du sable, celui-ci s'effondra en moins de trois générations.

La ville rayonnante
Toujours impatient et exigeant, c'est « à marche forcée » qu'il fit édifier mosquées et medersa qui ornèrent sa capitale à Samarcande, mais il n'oublia pas sa ville natale. Au pied des monts du Zeravchan, étape importante sur l'ancienne grande route de la soie, Kesh connaissait le déclin lorsque Tamerlan la renomma Shakr i-Sabze siècle. Aujourd'hui encore, on peut y admirer les vestiges d'une décoration de céramiques aux tons bleus d'une somptuosité inégalée. Shakr i-Sabz reste une prospère petite ville dont le marché couvert – le chorsu – édifié au XVe siècle à la croisée de deux rues de la ville médiévale demeure le lieu d'une grande activité. Non loin de là, subsistent aussi quelques souvenirs de sa grandeur timouride, tels que le mausolée de Dzekhangir à la curieuse forme de prisme tétraédrique surmonté d'un dôme conique, la mosquée dédiée au sage Khazret Imam, le mausolée du soufi Gumbazi Seiidan, flanqué de la mosquée Kok Gumbaz, ou encore la mosquée de Kazi Guzar dont l'iwan est supporté par des colonnes en bois. Enfin, plusieurs khanakas témoignent du rôle joué par la ville sur les pistes caravanières jusqu'à l'aube du XXe siècle.
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AC 31 - 11 jours

Sur les traces des caravanes de la soie et de Tamerlan, ce circuit vous conduira vers Samarcande, Boukhara et Khiva, à travers déserts, oasis et mosquées aux mosaïques de faïence éblouissantes : un voyage ... Découvrir ce voyage
 

 
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