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Le Gour Emir
mausolée dynastique des Timourides
Des Mongols aux Timourides
Longtemps demeurée le théâtre de l'affrontement entre les différents peuples nomades qui s'y succédèrent, l'Asie centrale fut unifiée pour la première fois en 1206 sous la houlette de Gengis Khan. L'Empire mongol atteignit son apogée sous le règne de Koubilai, petit-fils de Gengis Khan (1260-1294) qui, devenu empereur de Chine et fondateur de la dynastie des Yuans, était encore reconnu comme le grand Khan et préservait donc une certaine unité mongole à travers l'empire.

Ensuite, l'évolution centrifuge des différents ulus mongols qui subissaient l'attraction des divers peuples civilisés qu'ils avaient conquis, conduisit à la dislocation de l'empire.

L'image de Gengis Khan, le grand conquérant et unificateur, continuait cependant à hanter les rêves des moindres potentats guerriers d'Asie centrale. Un seul d'entre eux réussit à placer ses pas dans ceux du héros mythique : Tamerlan. Il n'était pas Mongol, mais né en 1336 dans une tribu turque – les Barlas – de Shakr i-Sabz. Bien qu'affecté d'un handicap physique, comme l'indique son nom de Timour Leng – Timour le Boiteux –, Tamerlan devint rapidement un chef militaire redouté. Sa conversion à l'islam lui assura également la fidélité des troupes disparates qu'il avait sous ses ordres. Dans une Transoxiane devenue, à cette époque, une vague confédération retournée à l'anarchie, il sut jouer avec diplomatie (et duplicité !) des rivalités entre le khan mongol Touglough Timur et l'émir Mir Hossein, son beau-frère, pour monter sur le trône à Samarcande.

De la Volga à Damas, de Smyrne au Gange, sans aucun plan précis ni ordre logique, au hasard des guerres livrées à ses ennemis, Tamerlan se tailla un empire digne de celui de Gengis Khan et, durant toute sa vie, « l'homme de fer » ne cessa de guerroyer pour réussir, tant bien que mal, à en maintenir l'intégrité. En 1404, le Boiteux réunit une immense armée à Otrar pour affronter l'empereur Ming, Yong Lo, mais une pneumonie l'emporta le 19 janvier 1405, à l'âge de 71 ans.

Un siècle de déclin
Tamerlan avait voulu laisser à chacun de ses quatre fils un fief propre. Son fils aîné Djahangir était mort en 1375, le second, Omar Sheik, avait été tué en 1391, le troisième, Mirân Shah, était devenu fou à la suite d'une chute de cheval... Les différentes parties de l'empire revinrent donc à ses petits-fils, tandis que le Khorassan était confié à son quatrième fils, Shah Rôkh.

Luttes intestines et coups de force affaiblirent tant l'empire qu'il se réduisit rapidement à son cœur historique : l'Asie centrale. En 1407, une révolte des émirs, las de ces querelles, plaça Shah Rôkh sur le trône. Bon capitaine et vaillant guerrier, mais humain et sensible, protecteur des arts et des lettres, grand amateur de poésie persane, il installa sa capitale à Herat et confia Samarcande à son fils Olough Beg. L'âge d'or de la civilisation timouride dura jusqu'en 1449, date à laquelle Olough Beg fut exécuté sur ordre de son propre fils, Abd el Latif, lui-même assassiné en 1450, ce qui ouvrit, entre les héritiers de la lignée timouride, le temps de nouveaux affrontements guerriers...

Le mausolée dynastique
A la fin du XIVe siècle, Muhamad Sultan, petit-fils de Tamerlan, avait fait édifier une medersa, non loin du mausolée Roukhabad, « Résidence de l'esprit », tombeau du vénéré derviche Sheik Bourkhaneddine Sagadji. L'ensemble était complété, comme il en était l'usage, par une khanaqah destinée à héberger les soufis de passage, mais il n'en reste aujourd'hui que les fondations et l'un des quatre minarets qui encadraient l'ensemble.

La mort soudaine de Muhamad Sultan, à l'âge de 29 ans, en 1403, priva son grand-père du successeur qu'il avait choisi, et Tamerlan ordonna de faire édifier un mausolée pour perpétuer sa mémoire. Il fit appel à des architectes persans qui commencèrent la réalisation d'un édifice sur une base octogonale se résumant à l'intérieur en un carré raccordé par des trompes décorées de muqarnas à un tambour circulaire surmonté d'une coupole nervurée à soixante-quatre côtés. On dit, mais il s'agit certainement d'une légende, que Tamerlan fit détruire la première coupole qui n'était pas assez haute pour être vue par dessus les murailles de la ville et qu'elle fut reconstruite en quinze jours !

L'édifice n'était pas achevé lors de la mort du souverain. Une tempête de neige ayant empêché de transporter son corps vers la sépulture toute simple qu'il s'était fait préparer à Shakr i-Sabz, il fut inhumé dans le mausolée de son petit-fils, à côté de la tombe de son précepteur Sheik Mir Sayed Béréké. L'édifice devint dès lors le tombeau dynastique des Timourides et fut connu sous le nom de Gour Emir : tombe de l'émir.

Une coupole pareille au firmament
Protégé de Shah Rôkh, le poète Sharaf ad-Din Ali Yazdi décrivait ainsi le Gour Emir : « Une coupole pareille au firmament a été construite, la partie inférieure des murs est en marbre rehaussé de dorures et de lazulite. » La coupole cannelée et couverte de briques vernissées de couleur bleu vif fut réalisée selon une technique qui sera ensuite employée dans les grandes réalisations persanes, telles que la mosquée du Shah à Ispahan, formée d'une double coque séparée par un espace vide permettant d'alléger la structure. Bien que sobre, l'intérieur est somptueux, utilisant avec profusion les ressources du marbre jaune-vert, de l'onyx, de l'albâtre, orné de versets du Coran en calligraphie bleue et dorée. L'édifice ne fut achevé qu'en 1424, sous le règne d'Olough Beg, qui fit précéder l'ensemble d'un majestueux portail décoré par l'artiste persan Muhammad bin Mahmud Isfahani. Le cénotaphe de néphrite vert sombre de Tamerlan fut ensuite entouré de ceux de ses descendants, Shah Rôkh, Olough Beg, Miran Shah, Hassan...

La reconstitution du visage du conquérant
En 1941, l'anthropologue soviétique Michel Guerassimov exhuma la dépouille de Tamerlan et, appliquant la technique de reconstitution faciale à partir du crâne qu'il avait mise au point, restitua le visage du grand conquérant. Le buste en bronze qu'il en fit est aujourd'hui exposé à Samarcande dans l'observatoire astronomique édifié par Olough Beg. L'étude confirma aussi les terribles blessures qu'il avait reçues dans sa jeunesse et justifiaient son surnom de « boiteux ». En novembre 1942, Tamerlan fut à nouveau enterré, avec tous les rites musulmans, le jour même où les Soviétiques déclenchaient la contre-offensive qui allait repousser l'envahisseur nazi...
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