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Le Ferghana
La vallée des Chevaux célestes
Un paradis sur la Route de la soie
A l'époque de l'apogée de la Route de la soie, entre le Ier siècle avant notre ère et le VIIe siècle, les caravanes qui, de relais en relais, reliaient Chang'an à la Méditerranée, devaient affronter des milieux particulièrement hostiles. Venant du désert de Takla Makan en Chine, des passes enneigées du col de Torugart ou de la « steppe de la Faim » en Ouzbékistan, les caravaniers arrivant dans la vallée du Ferghana, pensaient être arrivés au paradis, la « vallée d'Or ». Enserrée dans un écrin de montagnes, les sommets étincelants des Tian Shan au sud, les monts Kourama et Tchatkal au nord et fermée par la chaîne des monts Ferghana à l'est, la vallée du Ferghana, jugée à l'aune des climats extrêmes de l'Asie centrale, est un monde de douceur, aux hivers modérés, aux étés doux, qui se pare au printemps des mille couleurs des cerisiers, pruniers et abricotiers en fleurs.

De la Sogdiane au royaume gréco-bactrien
Malgré les fouilles entreprises dès la fin du XIXe siècle par Joseph-Antoine Castagné, Paul Pelliot, Aurel Stein et Albert von Lecoq, puis poursuivies par les archéologues soviétiques, on ne sait que peu de choses sur la haute Antiquité du Ferghana, si ce n'est que la région fut très tôt en contact avec la Mésopotamie et la civilisation de l'Indus dont elle partage curieusement les techniques et décors de céramique. Certainement occupé par une population apparentée aux Scythes, le Ferghana entre dans l'Histoire comme partie de la Sogdiane qui versait tribut à l'Empire achéménide, selon l'inscription laissée par Darius Ier à Behistun en Iran. Quand Alexandre le Grand s'empara de l'Empire perse, la vallée du Ferghana représentait la limite nord-est de son domaine et il y fonda, en 329 av. J.-C., la cité d'Alexandria Eschate, « l'Alexandrie la plus lointaine », sur les rives de l'Iaxarte, aujourd'hui la Syr Daria, à l'emplacement de la ville de Kokand. Quand, un siècle plus tard, l'empire hellénistique des Séleucides commença à se désagréger, la culture hellénistique se maintint dans le royaume gréco-bactrien qui, centré autour de Balkh, dans l'actuel Afghanistan, étendait son influence sur le Ferghana où les archéologues ont retrouvé de nombreuses monnaies à l'effigie du roi gréco-bactrien Euthydème Ier.

Les nomades des steppes et la Chine
Au IIe siècle avant notre ère, le monde des steppes connut de nombreux bouleversements. Les Huns, qui occupaient les régions situées au nord-ouest de la Chine actuelle, se lancèrent dans une expansion conquérante, menaçant la Chine, mais aussi repoussant vers l'ouest d'autres populations nomades qui mirent un terme au royaume gréco-bactrien. L'une de ces tribus, les Yué-Tché – appelés « Tokhares » par Strabon – durent quitter les alentours du lac Balkhach pour descendre la vallée de l’Iaxarte et pénétrer dans le Ferghana. En 138 av. J.-C., l'empereur de Chine Wu Ti envoya un émissaire pour nouer alliance avec les Yue Tche. Tchang Kien n'atteindra son but qu'en 128, ayant été retenu prisonnier dix ans par les Huns. Quand il rencontra enfin le « roi du pays de Kokand », ce dernier lui dit avoir entendu parler de la Chine, mais refusa l'alliance. La chronique de Tchan Kien nous décrit le Ferghana comme un territoire peuplé, à l'agriculture florissante et aux villes nombreuses.

Le pays des Chevaux célestes
Cependant, ce qui marqua le plus Tchang Kien lors de sa visite, ce furent les chevaux du Ferghana, les « chevaux célestes » « qui font mille lis (plus ou moins 400 kilomètres !) par jour et qui ont des sabots beaucoup plus durs que ceux des chevaux chinois ». Dès lors, les empereurs de Chine, de la dynastie Han à celle des Tang, n'eurent de cesse que d'essayer de se procurer à n'importe quel prix ces chevaux fabuleux qui étaient aussi appelés « chevaux à la sueur de sang ». On dit que l'empereur Huiang Tsong avait, au VIIIe siècle, quarante mille chevaux dans ses écuries. Il fit appel aux plus grands peintres, et en particulier à Han Gan, pour immortaliser ses montures favorites : les chevaux du Ferghana. A cette époque, le Ferghana était pris en étau entre les empires chinois et perse sassanide. En 748, ce furent les Chinois qui en prirent le contrôle, mais pour peu de temps. Sur la lancée de la seconde grande vague de conquêtes, les troupes musulmanes, composées en majeure partie de guerriers d'origine turque ou turco-mongole, vainquirent les forces chinoises à la bataille du Talas, en 751. Si cette bataille marqua le point ultime de l'avance musulmane, elle mit définitivement le Ferghana hors de portée des ambitions territoriales chinoises. Il sera désormais administré par les Samanides de Boukhara puis, à partir de la fin du Xe siècle, par les Turcs Karakanides et, enfin, par les Karakitaï.

De Gengis Khan à l'URSS
En 1219, rien ne put résister au déferlement des hordes mongoles de Genghis Khan qui détruisirent Kokand, la capitale du Ferghana. Un siècle plus tard, la dislocation de l'empire mongol permit à la région de reprendre une certaine indépendance avant d'être à nouveau conquise par Tamerlan en 1370. Légué à l'un des fils de Tamerlan, le Ferghana se mua à nouveau en un petit royaume indépendant autour de sa capitale Andijan. Ce fut dans cette cité qu'Omar Sheikh Mirza, lointain descendant de Tamerlan, eut un fils à l'éclatante destinée : Babur, roi du Ferghana, qui tenta de s'emparer de Samarcande, mais qui, vaincu par les Ouzbeks, reporta ses ambitions sur l'Inde, s'empara d’Agra en 1526 et fonda la dynastie des Moghols ! Tombé sous la coupe des Ouzbeks, le Ferghana s'érigea, en 1710, en khanat indépendant, parallèlement à ceux de Boukhara et de Khiva. Le centre du pouvoir se situait à nouveau à Kokand. Riche et prospère grâce à ses richesses naturelles et le produit du commerce transasiatique, le khanat de Kokand ne pouvait échapper à la convoitise de l'empire russe qui, depuis le règne d'Ivan le Terrible, avait entrepris sa grande expansion vers l'est. Profitant d'un soulèvement populaire, le général Skobeliev s'empara du Ferghana en 1876. Russe puis soviétique, le Ferghana, région pluriethnique et pluriculturelle, est maintenant, depuis l'effondrement de l'URSS, divisée entre le Tadjikistan, le Kirghizistan et l'Ouzbékistan qui en administre la majeure partie. Malgré les difficultés politiques qui résultent de ce partage, le Ferghana reste toujours plus que jamais, l'accueillante « vallée d'Or »...
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AC 52 - 15 jours

Excroissance orientale de l'Ouzbékistan, la vallée de Ferghana, la "Vallée d'Or", se déploie dans un environnement montagneux de toute beauté. Tronçon essentiel de la Route de la Soie, lieu d'échanges ... Découvrir ce voyage
 

 
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