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La place du Régistan de Samarcande
La place de sable
Cœur monumental de Samarcande, le Régistan offre un des spectacles les plus saisissants de toute l'Asie centrale : sur trois de ses côtés s'élèvent les chatoyantes façades colorées de madrasa imposantes, précédées de portails colossaux et couronnées de dômes étincelants. L'ensemble en impose, par l'harmonie des proportions et le raffinement du décor en briques vernissées sur lesquelles la chaude lumière d'Ouzbékistan joue du soir au matin, transformant l'espace en une apothéose de formes et de couleurs.

Le Régistan

Littéralement « la place de sable », le Régistan était en quelque sorte le forum de la Samarcande d'après l'invasion mongole. Il semble que l'endroit ne reçut ce nom qu'au XIVe siècle, sans doute après que l'aryk qui le traversait eut charrié beaucoup de sable. Sous Tamerlan, le Régistan servait de place du marché, puis il devint, sous son petit-fils Ouloug Beg, la grande place officielle ou alternaient revues militaires, proclamations et exécutions publiques, si bien que d'importants travaux le transformèrent peu à peu en un magnifique ensemble architectural. Modifié au XVIIe siècle, avec la construction de deux nouvelles madrasa, le Régistan, aujourd'hui parfaitement rénové et entretenu, où le sable a fait place depuis longtemps à un chatoyant pavement, est redevenu le forum de la ville, où chaque habitant se doit de passer à un moment ou l'autre de la journée.

La Madrasa

Souvent monumentale, la madrasa est une des composantes essentielles de l'architecture timouride, reprise ensuite par les Ouzbèques et les Safavides persans. C'est le lieu où les érudits musulmans étudiaient le Coran et les sciences – certains pour se destiner au sacerdoce ou à l'enseignement, d'autres à la magistrature ou à l'administration. La madrasa, en tant qu'institution séparée de la mosquée, apparut d'abord en Asie centrale. Elle fut instituée au XIe siècle par les Seldjoukides afin de propager l'orthodoxie sunnite et de lutter contre les sectes hétérodoxes et le chi'isme. Le plan-type de la madrasa, avec ses quatre profondes salles voûtées (iwans) disposées autour d'une cour à arcades, tire son origine des demeures seigneuriales de la région. Maîtres et élèves vivaient dans des cellules et étudiaient dans des salles réparties autour de la cour, comme dans les monastères zoroastriens. La tradition du portail monumental qui précède la madrasa s'inspire des façades des palais parthes et sassanides, dont l'entrée majestueuse, richement ornée et symbolisant le pouvoir royal, devait inspirer au visiteur un effroi presque sacré. Le portail a cependant une autre vocation. Cette structure architecturale est un réceptacle replié sur lui-même, dissimulant sa vie intérieure tout en signalant sa présence par une façade imposante. Le portail est ainsi dépourvu de lien organique avec la masse de l'édifice : on entre d'ailleurs par une petite porte ménagée dans l'arc central, profondément creusé, contraste frappant avec le gigantisme de l’ensemble.

Ouloug Beg

La madrasa d'Ouloug Beg (1417-1420) était, au XVe siècle, la plus grande université d'Asie centrale. Par la pureté de la composition, la justesse des proportions, la noblesse de la décoration, l'harmonie des couleurs, c'est le modèle parfait de ce genre de constructions. Le décor est exceptionnel : panneaux de marbre à la base, mosaïques de briques animant les murs de ses diagonales, compositions végétales en majoliques blanches, jaunes et vertes ornant les iwans et le portail. Le tympan représente un ciel stylisé constellé d'étoiles à cinq et dix branches. Les minarets, élégants malgré leur poids (400 tonnes) et initialement plus élevés, n'étaient pas destinés à appeler les fidèles à la prière mais répondaient à des considérations techniques et esthétiques, leur verticale inscrivant avec encore plus de force l'édifice dans l'espace.

Lions ou tigres ?

La madrasa Chir-Dor (« aux lions », bien que les animaux représentés dans les écoinçons du portail soient plus proches de tigres) apparaît comme un double de celle d'Ouloug Beg, tout juste deux siècles plus tard (1619-1636). Elle n'en est pourtant pas la copie servile. Les motifs ornementaux diffèrent, le dessin devient plus grand, la ligne plus agitée, les compositions florales plus luxuriantes. Le tympan du portail est particulièrement original : on y voit deux tigres – derrière lesquels se lève un soleil à face humaine – poursuivre sans pitié, mais sans résultat, deux biches candides.

Or

La madrasa Tilla-Kari (« couverte d'or ») mit le point final à l'ensemble quelques années plus tard (1646-1660). L'architecte a adroitement résolu le délicat problème que posait la préservation de l' unité de la place en subordonnant l'architecture du nouvel édifice aux deux madrasa existantes et en allongeant sa façade afin de mieux les réunir. Une mosquée intègre ici l'école coranique. Si les premiers signes de décadence se remarquent dans la décoration, le charme de l'ensemble reste puissant, en particulier à l'intérieur de la mosquée où peintures précieuses et dorures couvrent les murs du sol au sommet, donnant ainsi son nom à l'édifice.

Mille et Une Nuits

Dans les années vingt du siècle dernier, un visiteur compara le Régistan à « un spectacle merveilleux tiré des Mille et Une Nuits […], un véritable kaléidoscope de couleurs ». Aujourd'hui, quand on croise sur l'immense dalle du Régistan une femme ouzbèque vêtue d'élégantes étoffes multicolores, noble silhouette se détachant sur la glaçure des portails, on se dit que l'on pourrait bien ajouter quelques nuits de plus pour contempler à satiété un tel tableau...
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