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La mosquée Magok-i-Attari
L'art des Karakhanides à son sommet
Boukhara. Un nom qui brille comme un phare dans l'histoire de l'Asie centrale. Elle peut toujours à bon droit être nommée « ville-musée », même si elle ne compte plus, comme jadis, 360 mosquées. Ses monuments illustrent dix siècles d'histoire, en faisant une sorte de condensé de l'architecture de toute la région. Parmi eux, la mosquée Magok i-Attari, la plus ancienne de la ville encore debout, est particulièrement remarquable par la délicatesse de son ornementation.

Boukhara, des origines aux Karakhanides

Même si les fouilles ont établi que le territoire de la ville était habité dès la seconde moitié du IIe siècle av. J.-C., le nom actuel n'est attesté qu'au VIIe siècle de notre ère. Il dériverait du sanskrit vikhara : « monastère ». Boukhara est déjà un foyer religieux célèbre, qui bascule dans l'escarcelle des conquérants arabes en 709. En 892, alors que la ville est devenue un centre important du califat, l'émir Ismaël Samani crée un Etat pratiquement indépendant et en fait sa capitale : ville de palais et de parcs en même temps qu'asile pour des milliers de pauvres. Un poète du Xe siècle s'exclame : « C'est une immonde décharge où le meilleur cheval doit bientôt se transformer en âne ! ». Pourtant, c'est aussi l'époque où la langue persane y renaît, et où la poésie connaît un véritable âge d'or. C'est à Boukhara que commence ses études le savant encyclopédiste Abou Ali ibn Sina, connu en Occident sous le nom d'Avicenne (980-1037). Sur la route des grandes invasions, Boukhara tombe, au tournant du millénaire, aux mains des Turcs Karakhanides qui transfèrent leur capitale à Samarcande. Pourtant, de nouveaux monuments viennent embellir la ville qui continue de jouer son rôle de centre religieux et culturel. Il faudra la furie des troupes mongoles de Gengis Khan pour lui porter un coup dont elle mettra longtemps à se relever. La mosquée Magok i-Attari témoigne de la splendeur de la période Karakhanide,

Les fondations antéislamiques

Quand on déambule dans le labyrinthe des rues du vieux Boukhara, l'attention est attirée par une construction à coupoles qui s'élève à peine au milieu d'une place intime, dépassant tout juste le niveau de la rue. C'est en 1930 seulement que des restaurations de grande ampleur ont dégagé la façade du XIIe siècle, enfoncée dans le sol de près de cinq mètres. D'où son nom actuel : Magok i-Attari, où la « mosquée profonde ». A l'origine de l'édifice, on trouve la mosquée Mokh, érigée au Xe siècle sur le site encore bien antérieur du Mokh Bazaar. En ces temps d'avant l'islam s'organise un marché où l'on vend des idoles, des médicaments et des herbes (attars), à proximité d'un temple païen consacré à la lune (Mokh). Les archéologues ont également révélé sous le sol de l'actuelle mosquée les restes d'un temple bouddhique puis d'un ensemble zoroastrien, preuve éclatante dans ses contrées d'Asie centrale de la présence des adorateurs du feu. Fascinante permanence des cultes !

Un décor virtuose et raffiné

La première structure est rebâtie aux XIIe et XIIIe siècles, puis, trois siècles plus tard, sous la forme d'une salle rectangulaire posée sur six piliers supportant douze coupoles, d'un plan antérieur. C'est cependant la façade sud qui retient le plus l'attention. Malgré ses colonnes, ou plus exactement ses quarts de colonnes couplées, écho lointain de l'architecture préislamique locale, le portail appartient à l'élégant style karakhanide, âge d'or de la brique polie et taillée qui anime les surfaces en jouant de petites figures géométriques simples, ou en s'amusant des fantaisies de savantes dentelles. La terre-cuite n'apparaît qu'à l'archivolte, en une fantasmagorie d'entrelacs formant autant de nids d'abeilles (muqarnas), si chers à l'architecture islamique.

Des panneaux rectangulaires, étroits et tout en hauteur, ciselés comme de précieuses escarboucles, font une escorte festonnées au galbe élégant de l'arc principal. Celui-ci, en retrait du plan du portail, joue avec le soleil, faisant jaillir ici une fleur éclatante, là une arabesque ombragée. Le ciel limpide de Boukhara n'en finit pas de déverser sa lumière, jusqu'à ce que le crépuscule donne à tout le quartier des airs de ville en feu. Pour quelques heures, les projecteurs prennent le relais des rayons célestes, avant que le point du jour ne vienne ranimer la flamme qui anime Magok i-Attari depuis près de huit siècles.

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