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Khiva
Un décor des mille et une nuits
La Chorasmie
Chorasmie, tel était le nom que les Anciens donnaient à cette région qui est aujourd'hui le Kharezm, vaste zone d'oasis sur le cours inférieur de l'Amou Daria, l'Oxus des Grecs, à quelque distance de son débouché dans la mer d'Aral. Les Indo-Européens s'y installèrent dès la fin du ~IIe millénaire et elle fut, dès le ~VIe siècle, partie intégrante de l'Empire achéménide. Il semble que la cité de Khiva ait existé dès cette époque et certains prétendent que Zoroastre y naquit. La région fit ensuite partie des empires parthe puis sassanide, à l’époque où le Kharezm était une étape majeure sur la route de la soie. Si l'Empire sassanide s'effondra sous les coups des envahisseurs arabes en 712, ce ne fut qu'au IXe siècle qu'il est fait mention d'un Shah du Kharezm – Abdallah – qui se soit converti à l'islam, avant que la région ne passât sous le contrôle des Samanides de Boukhara puis des Ghaznévides. La première mention scripturaire de Khiva se trouve sous la plume d'un voyageur arabe du Xe siècle.

Le khanat de Khiva
La ville fut enveloppée dans les tourments des grandes invasions mongoles. Inféodée à l'empire de Gengis Khan en 1221, elle fut, à la fin du XIVe siècle, prise par Tamerlan, mais en 1512, les conquérants ouzbeks érigèrent Khiva en un khanat indépendant qui prospéra jusqu'au XIXesiècle, avec une parenthèse de quelques années lorsque la région tomba sous les coups du conquérant afghan Nadir Shah en 1740. Sous la férule inflexible de ses khans, c'est à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle que Khiva s'enrichit d'une parure monumentale d'exception. Laissons la parole à Armin Vambery, cet orientaliste slovaque qui, sous le déguisement d'un derviche, se rendit à Khiva en 1863 : « La capitale du pays elle-même, s'élevant avec ses dômes et ses minarets au milieu de ces jardins, impressionne favorablement le spectateur qui la contemple dans le lointain... » Forteresse, remparts impressionnants enserrant la vieille ville d'Itchan Kala, mosquée, minarets, palais et salles de réception somptueuses : comment les khans de Khiva pouvaient-ils montrer une telle magnificence ?

Le marché aux esclaves
La réponse est simple. Durant plus d'un siècle, Khiva fut le plus grand marché aux esclaves d'Asie Centrale. Les historiens russes estiment à près d'un million le nombre de Persans, Russes, Turkmènes qui furent réduits en esclavage et vendus par les khans de Khiva : « Je trouvais, dans la dernière cour, environ trois cents prisonniers tchaoudor absolument déguenillés [...] qui devaient être vendus comme esclaves ou gratuitement distribués par le khan à ses créatures, [...] réunis l'un à l'autre au moyen de colliers de fer, par files de dix à quinze… » (Armin Vambery)

Un décor des mille et une nuits
La ville intérieure de Khiva est toujours aujourd'hui ceinte de ses remparts. Lorsque l'on pénètre dans son enceinte, le décor paraît être sorti intact du siècle dernier, mille fois plus réel que ne pourraient le rêver le plus ambitieux metteur en scène d'Hollywood ! A côté de la vieille forteresse du XVIIe siècle, Kounia Ark, le bâtiment des réceptions officielles, Kournych Khana, est toujours décoré de stuc sculpté et de faïences polychromes. Composé de plusieurs cours, le khan y recevait, tradition nomade oblige, dans une yourte dressée dans la quatrième cour ! Le Kalta Minar, le minaret tronqué, devait être le plus grand d'Asie Centrale, mais resté inachevé, sa silhouette est devenue emblématique de Khiva, à côté du minaret Imam Khodja qui culmine à 45 mètres. La grande mosquée, édifiée en 1789, avec ses deux cents colonnes de bois sculpté, le palais d'Alla-Kouli, achevé en 1838, le caravansérail Alla-Kouli Khan, qui sert encore de marché aujourd'hui, ne sont que quelques éléments d'un décor parfaitement préservé. La mosquée d'été et le mausolée revêtu de briques turquoise, dédié à Pakhlavan Makhmoud, poète et lutteur professionnel qui vécut au XIIIe siècle, méritent une mention particulière. Ils furent décorés de faïences par le plus grand des artistes d'Asie Centrale, Abdoullah Djin – « le démon » – surnommé ainsi à cause de sa diabolique habileté : une inscription presque blasphématoire ne dit-elle pas que « ces fleurs servent de modèle au printemps : elles sont le souvenir d'Abdoullah sur la terre » ?
En 1873, le khan de Khiva dut se soumettre à l'ours russe et, en février 1920, sous la pression des soviets locaux, le dernier khan abdiqua. Après soixante-dix ans de régime soviétique, Khiva est aujourd'hui partie intégrante de la république indépendante d'Ouzbékistan.
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