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Le cap Nord
Ultime citadelle européenne aux portes de l'Arctique
Aux confins de la Norvège, sur l'île de Mageroya, s'élève, à 307 mètres d'altitude, le cap Nord, impressionnante falaise nue et austère surplombant l'océan Arctique. Situé à 71° 10' 21 de latitude nord, ce majestueux rocher s'est imposé dans notre imaginaire géographique comme la pointe la plus septentrionale de l'Europe. Vers lui convergent les rêves des poètes et des voyageurs en quête de l’Hyperborée, même si un autre cap, à l'ouest de l'île, le Knivskjelodden, est plus avancé de 1 500 mètres vers le nord.

Géographie et climat

Entre la mer de Norvège et la mer de Barents, le cap Nord délimite les côtes occidentale et orientale du Finnmark et détermine de l’une à l’autre un sensible changement climatique. A l’ouest, les eaux tièdes du gulf-stream longent encore le littoral, mais finissent par se perdre dans l’océan Arctique. A partir du cap Nord, les températures baissent ainsi considérablement et atteignent parfois -35° au cœur de l'hiver. Plus douces en été, elles laissent alors libre cours à une surprenante floraison de renoncules, angéliques et petites orchidées, autant de délicates couleurs sur ce rocher d'ordinaire sombre et désolé. Lorsqu’en 1838, le Français Xavier Marmier, homme de lettres et voyageur, découvrit cette végétation inattendue, il y vit « comme un dernier sourire de la nature dans l'aridité du désert ». Le reste du temps, ce paysage sans arbre n'est parsemé que « de mousse de renne et de morceaux de quartz d'une blancheur éclatante ».
Dans cette région voisine du pôle boréal du globe, le soleil ne se couche pas en dessous de la ligne d'horizon entre le 13 mai et le 29 juillet. Une lumière minérale qui semble n'avoir plus ni commencement ni fin resplendit alors sur le relief du cap, investi d'un insondable mystère. En hiver vient en revanche le temps de la nuit ininterrompue, parfois traversée par les voiles magnétiques et colorés des aurores boréales, associées dans les légendes samies aux âmes des ancêtres.

Les Samis

Plus connus sous le nom de « Lapons » qu'ils jugent péjoratif, les Samis forment un peuple autochtone installé dans la partie la plus septentrionale de l'Europe, au nord de la Norvège, de la Suède, de la Finlande et dans la péninsule russe de Kola. Leur origine ethnique demeure une énigme, mais sur le plan linguistique, on les classe dans le groupe des finno-ougriens. Sur le littoral norvégien, ces nomades vivaient à l'origine de la chasse et de la pêche et migraient par la terre ou par la mer en fonction des saisons. Leur religion imprégnée d'animisme et de chamanisme fut peu à peu remplacée par le christianisme, mais si les pasteurs détruisirent la plupart des tambours rituels, les chants sacrés, appelés joik, n'ont pas disparu du répertoire des jeunes générations, soucieuses de renouer avec les traditions ancestrales de la communauté. Malgré une sédentarisation quasi généralisée et l'adoption d'un mode de vie modernisé, les Samis jouissent en Norvège d'une reconnaissance officielle et peuvent défendre leurs droits depuis 1989 au sein d'un parlement spécifique. Au cap Nord, le « Hornet », formation géologique située en contrebas vers la mer, témoigne du plus lointain passé des Samis, qui considéraient ce promontoire rocheux en forme de corne comme un haut-lieu sacré.

Explorateurs et hôtes de marque

En 1553, alors qu'il cherchait un passage vers la Chine par le nord-est, l'aventurier britannique Richard Chancellor donna son nom actuel au cap Nord. Il poursuivit finalement son chemin jusqu'à la mer Blanche, inaugurant ainsi le début d'un commerce florissant avec la Russie via la Norvège. Dès la fin du XVIe siècle, les Hollandais naviguèrent à leur tour dans les eaux du Finnmark afin d'y pêcher la baleine : en 1594, le marin Jan Huygen van Linschoten réalisa ainsi une gravure représentant le cap Nord. Son compatriote Willem Barents contempla lui aussi la singulière falaise avant de continuer par le nord-est et de trouver finalement la mort en 1597 dans l'archipel de la Nouvelle-Zemble. En 1665, Francesco Negri, un prêtre italien parti à la rencontre des Samis, décida de rentrer chez lui après avoir atteint le cap Nord, car « là où finit le monde finit aussi sa curiosité ». En 1795, c'est au tour du futur Louis-Philippe d'accoster au « bout du monde ». Bien des années plus tard, il offrit aux habitants de l'île un buste en bronze à son effigie et commanda au peintre norvégien Peter Balke une Vue du cap Nord, conservée au Louvre depuis 1847. Le roi du Siam enfin accomplit en 1907 cet ultime périple vers le nord. Mais les grands de ce monde n'étaient déjà plus les seuls à vouloir fouler le sol rocailleux de l'emblématique cap : en 1893, la mise en place de l'express côtier suscita immédiatement l'engouement des premiers touristes, dès lors toujours plus nombreux, d'autant qu'une route fut ouverte en 1956 pour accéder au nord du Finnmark par les terres, et qu'on inaugurait en 1999 le tunnel du cap Nord.
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