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Tulum
Les dernières lueurs du monde maya
Ce matin du 15 mai 1518, les quatre bateaux de la petite flotte commandée par Juan de Grijalva et partie en reconnaissance au plus près du Yucatan approchent de la côte est. Juan Diaz, le chroniqueur de l'expédition, raconte le spectacle « de trois grands villages où l'on voyait de nombreuses maisons de pierre ou de roseau, de grandes tours […], et avant le coucher du soleil […], au loin une ville […] si grande que Séville elle-même n'aurait pu s'y comparer ». Grijalva venait de découvrir Zamà, « la cité de l'aube », qui, à l'abri de ses murs, regarde se lever le soleil sur la mer des Caraïbes.

En marge de la grande Histoire

La Tulum actuelle date du XIIe siècle. A cette époque, la cité de Mayapan a supplanté Chichen Itza. Devenue première puissance politique de la région, elle prend aussi le contrôle du commerce maritime, entraînant dans son sillage ses alliés maritimes, El Meco, Ichpaatun, Xelha et Tulum, dont c'est alors l'apogée. Ces cités deviennent de véritables plaques tournantes commerciales où les élites peuvent s'approvisionner en produits somptuaires : turquoises originaires du Nord du Mexique, obsidienne noire du Guatemala, qui, avec l'or, entreront dans l'élaboration de bijoux. Provenant des profondeurs des forêts du Peten, on y trouve les plumes vertes et bleues de l'oiseau quetzal nécessaires aux parures des hommes de pouvoir. Mais aussi les fèves de cacao, l'argent, le cuivre et, plus simplement, le silex corné qui provient du tout proche gisement de Colha, le plus important de l'aire maya.

La Tulum monumentale

Un mur (d'où le nom de Tulum) protège la cité sur trois côtés. Le quatrième domine la mer par des falaises hautes de douze mètres. Ainsi Tulum abrite une large crique qui servait de port et la reliait aux autres centres mayas par voie de mer, comme elle l'était par voie de terre grâce à deux sacbè, routes qui menaient respectivement à Coba et à Nabalam, témoignant d'échanges également importants entre la côte et l'intérieur.
Les terrasses que l'on trouve au centre de la cité sont autant de centres cérémoniels, de lieux de pèlerinages ou d'espaces neutres où pouvaient se faire les échanges commerciaux à l'abri des conflits interethniques, mais aussi les échanges culturels où se mêlaient les traditions et les savoir-faire artistiques. Ils allaient donner naissance à un art éclectique et international fondé sur de nouvelles techniques de construction plus standardisées et que l'on retrouve sur toute l'aire dominée par Mayapan.

Le temple des Fresques doit son nom à un délicat décor de turquoise sur fond noir où se répandent des motifs de fleurs, de fruits et de dieux entremêlés, le tout traité dans le style linéaire et puissant des codex mixtèques du haut plateau mexicain. Plus tard, les Mayas de Tulum enveloppèrent cette construction d'une autre plus vaste, mais sans en oublier la présence sacrée. C'est ainsi que les colonnes du portique qui donnent sur la chaussée cérémonielle rappellent les piliers de la cité guerrière de Chichen Itza, mais elles n'en ont pas l'élégance. Ici, le langage est autre. C'est dans les niches de la façade que nous admirerons le travail des stucateurs mayas. Aux angles, regardant vers les quatre points cardinaux, on trouve Itzamnà, divinité des origines, sous le masque d'un vieillard, à moins qu'on ne soit en présence de Chac, la bienfaisante divinité yucatèque de la pluie.
Plus loin, on rejoint le Castillo, édifice que Grijalva a pris pour une tour. Un escalier mène à un temple dont les colonnes serpentiformes sont un héritage immédiat de Chichen Itza.
Au nord, le temple du Dieu descendant nous laisse voir la planète Vénus anthropomorphisée plongeant derrière l'horizon et rappelant ainsi le nom originel de la ville : Zama.

L'oubli

La fin de Mayapan en 1441 annonce la lente décadence des grandes villes maritimes. Xelha et Tulum sont progressivement abandonnées par leurs marchands et ne sont plus entretenues. Les Espagnols, au XVIe siècle, finissent de désorganiser l'économie régionale, et le travail qu'ils instaurent vide la ville de sa population.
En 1776, elle n'est plus qu'un lieu-dit sur la carte établie par Juan de Dios Gonzalez. Pourtant, des voyageurs rapportent comment les habitants des environs continuent d'apporter des offrandes à Tulum. Ainsi, en 1839, le site est-il visité et décrit par John Lloyd Stephens et dessiné par son ami Frederick Catherwood, avant qu'au XXe siècle, il ne devienne la troisième destination culturelle la plus visitée du Mexique...
 

 
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