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Monte Alban
La « capitale » des Zapotèques
Au cœur de la vallée d'Oaxaca

Métropole religieuse du peuple zapotèque, Monte Alban, la « Montagne blanche », se dresse à 350 kilomètres au sud-est de Mexico, dans une région au relief tourmenté, entrecoupé de profondes vallées. Bâtie sur une colline dominant de 400 mètres les plaines fertiles de la Meseta centrale s'élevant elles-mêmes à 1 600 mètres d'altitude, la citadelle religieuse nous a laissé des ruines d'allure grandiose qui ne sont pas sans rappeler celles de Teotihuacan, même si les sites retenus apparaissent bien différents : une éminence aux versants abrupts dans un cas, une vaste plaine dans l'autre. Teotihuacan pouvait s'agrandir sans cesse et finit par occuper une superficie de plusieurs dizaines de kilomètres carrés alors que l'esplanade de Monte Alban était limitée par des versants très pentus et n'offrait pas la place nécessaire à une éventuelle extension urbaine. L'aménagement de l'acropole a nécessité l'arasement du sommet de la colline, la construction de murs de soutènement et la mise en place de terrasses sur lesquelles devaient se dresser pyramides et palais.

La découverte d'un site majeur

Dès le XVIe siècle, l'existence des ruines de Monte Alban est mentionnée sur les cartes des Relaciones de Nueva Espana ou dans le Dictionnaire du frère Juan de Cordoba, mais il s'agit là d'informations indirectes à caractère très général. Au siècle suivant, le frère Francisco de Burgoa (1600-1681) est plus précis dans sa Geografica descripcion de 1674. Le nom originel du site – que les descendants actuels des Zapotèques appellent parfois Danibaan (montagne sacrée) – demeure ignoré. D'après Alfonso Caso – l'archéologue qui, de 1931 à 1958, a consacré dix-huit campagnes de fouilles à ce centre cultuel –, le nom de Monte Alban, apparu au XVIIe siècle, serait celui d'un riche propriétaire espagnol (Montalbàn). La première description des lieux, réalisée au XVIIIe siècle, se trouve dans la Estadistica de Oaxaca. Elle est complétée par les soins de Guillaume Dupaix, que le roi d'Espagne Charles IV a chargé d'étudier la région entre 1805 et 1807. En 1895, William Holmes réalise une première étude scientifique du site, illustrée de magnifiques dessins. Au début du XXe siècle, d'autres chercheurs poursuivent l'exploration archéologique de la vallée d'Oaxaca, mais ce sont les fouilles conduites par Alfonso Caso qui permettent de reconstituer les traits originaux de la culture zapotèque et de la distinguer de ses voisines. Les édifices entourant la place centrale sont alors dégagés et cent soixante-dix sépultures sont fouillées, notamment la tombe 104, qui abritait un squelette auprès duquel était déposé un riche mobilier. Des fresques couvraient les murs latéraux, figurant des divinités ou des processions rituelles. Le premier visiteur de cette tombe fut le président Lazaro Cardenas. Quand il questionna Alfonso Caso sur la signification d'une urne de terre cuite figurant le dieu de la pluie Cocijo (le Tlaloc aztèque) tendant la main, l'archéologue lui répondit que la divinité demandait des fonds destinés à la poursuite des fouilles... Les subventions alors accordées permirent la mise en œuvre de nouvelles recherches et, dès la fin des années soixante, il fut possible d'établir un plan complet de l'ensemble de la zone archéologique.

Les reliefs des Danseurs

Le site a été occupé très tôt par les ancêtres des Zapotèques de l'époque classique. Les constructions remontant à ces périodes anciennes sont peu nombreuses, mais on a découvert dans l'angle sud-ouest de l'ensemble, le temple dit « des Danseurs » dont il ne reste plus qu'un soubassement constitué de cent quarante dalles, gravées de figures anthropomorphes. Vus de profil, les personnages ont le corps trapu, les jambes fléchies et la bouche ouverte. Décrits pour la première fois en 1806 par Guillaume Dupaix, ces curieux personnages ont été identifiés comme des prêtres en transe ou des eunuques, et Alfonso Caso a attribué ces reliefs à l'ancienne civilisation olmèque. Les textes gravés sur ces dernières stèles ont permis d'établir que le calendrier solaire comprenait 365 jours et le calendrier rituel 260 jours, le cycle complet se déroulant sur cinquante-deux ans. Cette période de Monte Alban I s'étend de 700 à 200 avant J.-C., et elle est suivie d'une phase de transition, Monte Alban II, qui dure jusqu'à la fin du Ier siècle de notre ère et fait déjà partie de la période zapotèque. La phase baptisée Monte Alban III s'étend pour sa part du IIIe au VIe siècle après J.-C.

Des monuments colorés

Les vestiges aujourd'hui visibles reflètent l'aspect que revêtait la ville à son apogée, aux environs du VIIIe siècle de notre ère, c'est-à-dire durant la phase Monte Alban III B. De nombreuses analogies ont pu être établies avec la phase contemporaine de Teotihuacan III. L'ensemble s'étend sur une chaîne de collines longue de plusieurs kilomètres, mais le centre cultuel occupe un espace bien délimité, une esplanade de 700 mètres de long sur 250 de large au milieu de laquelle s'ouvre une vaste plate-forme carrée ceinte d'une vingtaine de bâtiments, temples, pyramides ou palais. La disposition générale des monuments et l'existence d'un curieux « édifice J » souvent baptisé « Observatoire » laissent penser que ce centre cérémoniel avait une vocation astronomique, une caractéristique fréquente dans les édifices précolombiens. Sanctuaires, cours, palais et arc de triomphe monumental témoignent de la diversité des savoir-faire dont ont su faire preuve les architectes et les artisans zapotèques. En matière de décor, il convient de rappeler que les monuments de Monte Alban, tout comme ceux de Teotihuacan, étaient entièrement recouverts d'une couche de stuc polychromé et que la cité devait donc revêtir un éclat tout particulier.
Le site de Monte Alban abrite aussi une aire destinée au jeu de pelote qui, longue de 41 mètres et large de 26, présente des caractéristiques comparables à celles relevées sur une structure analogue à Copan, en pays maya. Aménagée entre deux talus, selon la formule originelle apparue en terre olmèque, l'aire de pelote est fermée ici à ses deux extrémités par des murs, ce qui ouvrira la voie aux modèles retenus plus tard à Tula et sur les sites aztèques, la culture zapotèque confirmant ainsi sa fonction médiatrice dans la genèse des diverses civilisations qui se sont succédé sur le haut plateau mexicain.
 

 
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