Logo Clio
Service voyages
Service voyages
Baalbeck
Le sanctuaire du seigneur de la Bekaa
Le syncrétisme religieux, une volonté politique

La région du Levant, après la mort d'Alexandre le Grand, fit partie de l'Empire séleucide, mais, au IIe siècle av. J.-C., Antiochos III s'attira les foudres de Rome en intervenant en Thrace et en accueillant en la personne d’Hannibal, le farouche et lointain héritier des Tyriens, fondateurs de Carthage. Vaincu, il fut contraint de signer la paix d'Apamée, et Rome s'arrogea ainsi les riches contrées qui frangent la Méditerranée orientale. Les Romains y trouvèrent un décor familier dans les villes « grecques » du Proche-Orient, qu'ils s'empressèrent de doter de grands aménagements urbains destinés, avant tout, à montrer aux populations locales la grandeur et la puissance de Rome. Mais ils découvrirent aussi des coutumes, des modes de vie et des pratiques religieuses qui différaient quelque peu des leurs. Les dieux romains n'étaient pas jaloux et les gouverneurs des nouvelles provinces ne cherchaient pas à heurter les croyances locales, mais plutôt à les romaniser en douceur. Et c'est ainsi qu'ils fondirent les cultes ancestraux des Cananéens dans un syncrétisme élaboré, d’autant plus facilement qu’ils n’y retrouvèrent pas les aspects qu’ils avaient stigmatisés chez l’ennemi carthaginois : en effet, les Phéniciens ne pratiquaient plus depuis de nombreuses années la prostitution sacrée ni le sacrifice des fils premiers nés brûlés dans les molch sacrés !
C’est ainsi qu’ils découvrirent la célébration de la renaissance annuelle de la végétation symbolisée par les retrouvailles d’Astarté et du jeune dieu d’Echmoun ou d’Astarté et d’Adonis de Byblos. Ils y retrouvèrent bien des analogies avec le culte phrygien de Cybèle et d’Attis qui avait déjà essaimé à Rome depuis le début du IIe siècle avant J.-C. Astarté, la toute puissante déesse orientale, fut bien vite assimilée à Aphrodite. De la même manière, le dieu de Tyr, Melqart, fut associé à Héraclès, et le dieu solaire, maître du tonnerre et des montagnes, Haddad, trouva son homologue dans Jupiter tonnant.

Le Jupiter solaire de Baalbek

La Bekaa, plaine fertile située à 900 mètres d'altitude sur la ligne de partage des eaux entre l'Oronte et le Litani, recelait, depuis la plus haute Antiquité – à Baalbek ou Héliopolis pour les Grecs – un lieu de culte dédié à une triade divine : un dieu associé au tonnerre, puis, plus tard, assimilé au soleil, sa parèdre, déesse de la fertilité, et, selon la tradition orientale, un « dieu jeune » consacré à l'idée de la résurrection printanière de la végétation. Négligeant les différences, il n'était pas difficile de trouver des équivalents dans les divers panthéons antiques. La triade phénicienne Baal Shamash/Anatr/Aliyan devint Haddad/Atargatis/Adonis puis, pour les Hellènes, Zeus/Aphrodite/Hermès-Dionysos et, donc, pour les Romains, Jupiter/Venus/Mercure-Bacchus. Et comme le côté solaire de Jupiter connaissait déjà à Rome un succès grandissant, dès l'époque d'Auguste, les conquérants s'attelèrent à édifier à Baalbek un complexe de temples dédié à Jupiter héliopolitain. La ville devint alors Colonia Iulia Augusta Felix Heliopolitana et vit, en marge du culte, se développer un véritable centre commercial... Auguste, Néron, Trajan, Antonin le Pieux, Septime Sévère, Elagabal, petit-fils du grand prêtre du temple solaire d'Emèse, puis Philippe l’Arabe, qui était d’origine syrienne, en firent le plus grandiose édifice cultuel de l’Empire. Cet ensemble complexe, de plus de trois cents mètres de long, qui mêle dans son plan les techniques architecturales romaines et les traditions cultuelles locales, s'articule en une enfilade de propylées et portiques à colonnades, de cours ornées de niches sculptées, de tours carrées de tradition orientale, de bassins décorés de néréides et d'une étonnante tour-autel où l'on effectuait des offrandes d'encens, à moins que ce fût l'holocauste d'agneaux ou de chevreaux. Ce long parcours débouche enfin sur le colossal sanctuaire de Jupiter. Tout y était à l’échelle de la puissance romaine : les blocs du soubassement dépassent 1000 tonnes, les colonnes s’élèvent à plus de 20 mètres de haut pour un diamètre de 2,20 mètres... A tel point que ni les séismes ni le zèle des destructeurs ne purent en venir à bout et qu’il nous est encore aujourd’hui loisible de contempler, à Baalbek, les vestiges antiques les plus impressionnants qui soient.
Partir en voyage avec Clio
LB 31 - 7 jours

Partir pour le Liban, c’est plonger dans l'Orient compliqué, riche de toute l'histoire des cultures du Proche-Orient et lieu de tous leurs affrontements. Ce petit pays a vu en effet se superposer au fil ... Découvrir ce voyage
 

 
Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter