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Les châteaux du désert
Ni châteaux ni désert...
Le désert...
Les paysages des pays du Levant, une fois franchies les chaînes côtières arrosées par les masses d'air méditerranéennes, se résolvent en une steppe puis un désert ponctué de quelques oasis, la « Syrie creuse » des Romains. C'est dans ce décor quasi minéral que le voyageur s'étonne aujourd'hui de retrouver, aux confins orientaux de la Jordanie et de la Syrie, les vestiges d'une dizaine de palais datant de l'époque où la dynastie des Omeyyades régnait de Damas sur le monde musulman, de la proclamation de Moawiya comme calife en 661 à la défaite et au massacre par les Abbassides en 750. Une interprétation quelque peu romantique expliquait que les compagnons du Prophète, qui avaient découvert la richesse de la civilisation urbaine en s'emparant des cités héritières de la colonisation romaine et byzantine, gardaient la nostalgie du désert et cherchaient à y renouer avec leurs racines. Il est vrai que l'on retrouve fréquemment, dans les établissements que les Omeyyades implantèrent ou développèrent dans le désert, la structure de palais éclatés en plusieurs pavillons ou kiosques, à l'image des campements nomades, plan que l'on retrouvera, bien plus tard, à Topkapi, le palais du sultan ottoman à Istanbul.

... ou le paradis ?
Cependant, un examen plus attentif par les archéologues nous a appris que la majorité de ces « châteaux du désert » étaient de fait au cœur d'un décor verdoyant, au centre de grandes exploitations agricoles développées grâce à un système d'irrigation sophistiqué utilisant les ressources des nappes phréatiques alluvionnaires des oueds. Il semble que la majorité de ces établissements étaient déjà présents avant la conquête musulmane et même peut-être héritiers de villae d'époque romaine. Cet ensemble était complété par un réseau de relais caravaniers, de lieux d'échange commerciaux et de petites garnisons fortifiées. Le bruissement de l'eau au sein du désert, l'ombre fraîche des arbres, les figues ou le raisin à portée de main... telle était l'image donnée par la tradition bédouine au paradis : les califes omeyyades n'y restèrent pas insensibles et firent aménager avec magnificence certains de ces agréables séjours.

Qasr Amra
Dans une zone aujourd'hui aride du désert jordanien, Qasr Amra était sis dans un luxuriant domaine agricole où le calife Walid Ier, celui là même qui édifia la mosquée des Omeyyades à Damas, fit construire un pavillon de chasse qui est la parfaite illustration du mode de vie fastueux des premiers princes musulmans. Le corps du bâtiment principal – peut-être une salle de réception – avec ses trois voûtes longitudinales, est l'un des meilleurs exemples conservés de l'architecture omeyyade, mais c'est son décor de fresques qui en fait un témoignage exceptionnel de ces premiers temps de l'islam. Grand amateur de chasse, Walid er appréciait aussi beaucoup le vin, bien qu'il ne bût, dit-on, qu'un jour sur deux, et les femmes... Les fresques de Qasr Amra où, autour d'une représentation du calife en personne recevant des dignitaires, un abondant décor où sont multipliées les représentations humaines – musiciennes, femmes dansant les seins découverts, scènes de la vie quotidienne, scènes de chasse à l'onagre, femme au bain, amoureux presque enlacés – illustre bien la liberté de ton laissée aux artistes de cette période. Les décors de fleurs et fruits rappellent aussi la trame décorative des tapis qui ornaient les tentes nomades tandis que la représentation de colombes ceintes d'une écharpe témoigne certainement d'une influence sassanide. Le bâtiment comportait aussi un hammam, alimenté par une noria, dont la coupole, représentant la voûte céleste, est décorée d'un zodiaque.

Fortins, prétoires, palais
Si Mshatta ressemble à Qasr Amra par son architecture et par la présence d'une salle d'audience où le sultan venait rendre la justice, Qasr Karaneh, également en Jordanie, présente plutôt l'aspect d'un fort gardant les routes du désert, tandis que les imposants Qasr el Hayr el Sharqi et el Gharbi, en Syrie, étaient de véritables centres agricoles et militaires, dotés de palais aux portails somptueux, tel celui reconstitué au musée de Damas. Et n'oublions pas non plus le grand complexe palatial qui a été retrouvé, non loin de Jéricho, en Palestine, à Khirbat al-Mafjar, avec sa cour à colonnade pavée de mosaïque, sa salle du trône, ses bains, ses appartements privés...
Pour visiter les châteaux du désert avec Clio
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