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La seigneurie d’Outre-Jourdain
A l’issue de la première croisade, Godefroy de Bouillon, avoué du Saint Sépulcre, avait distribué fiefs et territoires. Ce fut à son successeur, Baudoin Ier, roi de Jérusalem, qu'il revint de poursuivre les conquêtes. En 1115, il s'empara des terres au-delà du Jourdain qu'il confia à Romain du Puy. En 1126, la seigneurie d'Outre-Jourdain fut donnée par le roi Foulques à son échanson, Payen le Bouteiller. Pour défendre leurs fiefs de Terre sainte, les croisés s'appuyèrent très tôt sur un maillage de forteresses qui jouaient à la fois le rôle de point d'ancrage de leurs seigneuries, de base d'attaque et de replis et de symbole de leur puissance féodale. Sur les hautes terres de Jordanie, dominant la vallée et l'ancienne « route des Rois », un plateau triangulaire aux pentes escarpées fut élu par Payen pour édifier, en 1142, le crac de Moab.

Une formidable forteresse
La période des croisades vit une profonde révolution dans l'architecture militaire du Moyen Age. Jamais en Occident on n'avait encore construit de si puissantes forteresses, jamais les murailles n'avaient été aussi épaisses, jamais on n'avait encore multiplié les enceintes, muni les accès de chicanes, développé les tours permettant les tirs de flanquement et creusé ces immenses réservoirs d'eau que sont les berquils. Avec le crac des Chevaliers, Kerak est certainement l'exemple le plus achevé de cet art et ce ne fut que par la famine, après un an et demi de siège, que Kerak tomba finalement aux mains de Saladin en 1189. Forteresse imprenable par la force, Kerak était, pour les musulmans, « l'angoisse qui étreint la gorge, la poussière qui obscurcit la vue, l'obstacle qui étrangle les espérances, le loup que la fortune a porté dans cette vallée, l'excuse de ceux qui abandonnent le pèlerinage sacré  ».

Une histoire tumultueuse
Après être revenu à la couronne à la mort de Payen, le fief fut confié à Philippe de Milly puis revint à sa fille Etiennette de Milly « la Dame du Crac ». Son premier mari, Onfroy de Toron, mourut en 1173, son second époux, Miles de Placy, fut assassiné en 1174... On lui donna enfin pour époux, en 1177, ce personnage haut en couleur qu'était Renaud de Châtillon. Ancien prince d'Antioche, ce guerrier impavide et entreprenant venait de passer seize ans dans les geôles de Nour ed Din à Alep et n'avait de cesse que de rattraper le temps perdu ! En 1181, malgré une trêve signée entre le roi de Jérusalem et Saladin, il pillait les caravanes passant sur son territoire et, l'année suivante, se lançant sur la mer Rouge, il tenta de razzier Médine et la Mecque.

Kerak assiégé par Saladin
En représailles, Saladin tenta une première fois d'assiéger le château en 1183, le bombardant à l'aide de huit puissants mangonneaux et mettant le feu à la tour de la plus haute tour. Anecdote hautement symbolique : au moment du siège, Etiennette mariait son fils à la princesse Isabelle de Jérusalem. Elle fit apporter une part du festin à Saladin et ce dernier promit de ne pas bombarder la chapelle nuptiale ! L'intervention de Baudouin IV mit fin au siège. Saladin tenta encore vainement de prendre Kerak en 1184, à l'aide d'une artillerie impressionnante et échoua une seconde fois. En 1186, Renaud de Châtillon reprit ses opérations de pillage et, lorsqu'en 1187, à la bataille de Hattin, il fut fait prisonnier, Saladin lui fit l'honneur de lui trancher la tête de sa propre main... A l'issu du siège final de 1189, admirant le courage des défenseurs de Kerak, Saladin leur permit, dit-on, de gagner sains et saufs les terres chrétiennes.

Kerak aujourd'hui
Restauré par le sultan mamelouk Baibars en 1263, le château de Kerak fut malheureusement démantelé en 1840 par le fils de Mehmet Ali, khedive d'Egypte et du Soudan, mais il a conservé ses imposantes murailles, ses glacis, ses portes, sa chapelle, son donjon et l’ensemble reste l'un des plus impressionnants témoignages du génie architectural médiéval.
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