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Une bourgade champêtre : VIe siècle
Une plaine verdoyante, ponctuée des tapis vert tendre des rizières où se détachent les silhouettes courbées des paysans, les cerisiers qui éclatent de la nuée rose de leur floraison printanière, d'humbles chaumières sur les flancs de douces collines où viennent de disparaître les dernières traces de neige. Sur les hauteurs, se profile le sombre contour d'un château fort, entouré de ses hautes palissades de bois. Dans la plaine, à côté d'un petit bourg aux maisons de bois ancrées sur un soubassement de pierre, l'immense tumulus – le kofun – où repose l'un des seigneurs de guerre de cet « âge de fer » mais que la tradition nomme déjà « de l’empereur Kaika »... Le bourg s'appelle Nara, mais ce n'est pas là que convergent les files de paysans réquisitionnés, d'ouvriers, d'artisans et d'esclaves. Ils se dirigent plus au sud, à Ikaruga, où le jeune prince Shotoku a entrepris de se faire construire un palais et, surtout, le temple de Wakakusa pour abriter la statue du Bouddha guérisseur que son père, l'empereur Yomei, qu'il avait converti au bouddhisme, avait fait réaliser en 586. Le site d'Ikaruga est devenu, au fil des siècles, un immense complexe de 48 temples, le Horyu Ji.

L'ère de Nara
Ikaruga resta capitale sous le règne de l’impératrice Suiko (554-628), tante de Shotoku, mais, à cette époque, coutume et superstition conduisaient, après la mort d'un empereur, à changer de capitale, le lieu restant entaché par l'esprit du défunt. L'avènement de la dynastie des Fujiwara, en 645, la régence de Shotoku-taishi et, surtout, le règne de l'empereur Temmu furent marqués par le renforcement du pouvoir impérial, du contrôle des groupes sociaux et par la mise en place d'un corpus législatif, le code de l’ère Taiho. En 710, l'impératrice Gemmei décida d'implanter sa capitale à Heijokyo, la « citadelle de la Paix », dans la plaine de Nara, inaugurant la période de Nara – Nara jidai – l'une des subdivisions traditionnelles de l'histoire japonaise. Nara resta résidence de la cour impériale de 710 à 784.

La première vraie cité impériale
A cette époque, le Japon avait déjà beaucoup appris de la Chine qui lui servait de modèle à bien des égards et la nouvelle cité fut construite sur le modèle de la Chang’an des Tang (aujourd'hui Xi'an). Une cité de 4,5 sur 5 kilomètres, au plan orthogonal, organisée autour d'une immense avenue qui menait au palais impérial, dont il ne reste aujourd'hui que des vestiges. La période de Nara est considérée comme celle de l'éclosion de la civilisation japonaise, celle des premières annales – le Nihonshoki et le Kojiki –, celle de l'instauration de la filiation solaire de la famille impériale. Ce fut aussi et avant tout, le moment où se constituèrent les quatre premières grandes écoles bouddhiques : Sanron, Hosso, Kegon, Ritsu. Bouddhistes fervents, les empereurs de la période de Nara accordèrent terres et exemptions d'impôts aux grands monastères.

Le parc de Nara
C'est ainsi que l'on désigne le vaste ensemble boisé où se trouvent les grands monastères qui sont la gloire du patrimoine de Nara. Le Kofuku-ji – temple de la Félicité prospère – fut à la fois le siège de la secte Hossô et le temple dynastique des Fujiwara. En partie détruit, il en reste cependant une magnifique pagode à cinq étages et plusieurs pavillons reconstruits au XVe siècle. C'est par une porte monumentale que l'on accède au complexe du Todai-ji, siège de la secte Kegon. Son principal édifice, le Daibutsu-den, est la plus grande construction en bois jamais réalisée. Sa structure autour d'un pilier unique lui permit de résister aux séismes jusqu'à nos jours. Il abrite, entre autres chefs-d’œuvre, une statue colossale du Bouddha Vairocana qui fut, dit-on, consacrée en présence de dix mille moines. Sur les flancs du Kasuga Yama, demeure des dieux, le sanctuaire Kasuga Taisha, précédé d'une allée flanquée de lanternes de pierre, est l'un des trois grands sanctuaires shinto du Japon. Richement doté par la famille Fujiwara, il fut reconstruit cinquante-sept fois, pratiquement tous les vingt ans, mais est resté strictement semblable à l'original du VIIIe siècle. Ces monastères devinrent si puissants qu'en 765, le moine-chancelier Dokyo réussit à usurper le pouvoir avant d’être vaincu par les Fujiwara. L'empereur Kônin comprit alors que le pouvoir réel était entre les mains des grandes sectes bouddhiques, et son successeur, l'énergique empereur Kammu, décida, pour échapper à leur emprise, de transférer la cour à Heiankyo (Kyoto) qui devint résidence impériale en 794 et le resta jusqu'en 1868.
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