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Le Tôshôgû de Nikko
Le sanctuaire magnifique
Un proverbe japonais dit : « Tu ne connais pas le Beau si tu ne connais pas Nikko. » Et c’est vrai. Les temples de Nikko montrent un aspect architectural du Japon très différent de ce qu’on peut percevoir à Nara ou à Kyoto. L’art atteint ici une expression baroque où tout semble poussé à l’extrême, surtout dans le Tôshôgû, la merveille de Nikko, qui figure à ce titre sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité.

Le shogun Tokugawa Ieyasu (1542-1616)

L’histoire de Nikko est longue et mouvementée. Choyée par les empereurs et les grands personnages du Japon médiéval, la cité connut une prospérité considérable avant un déclin brutal à la fin du XVIe siècle. Ce déclin ne fut pas long. Nikko retrouva sa splendeur quand, en 1617, les cendres de Tokugawa Ieyasu y furent transportées. Dans les deux décennies précédentes, Tokugawa avait imposé son autorité sur le Japon central. Il redressa au profit de sa famille le titre de shogun, que les Tokugawa conservèrent jusqu’au XIXe siècle. C’est lui qui enferma le Japon dans le type de société très hiérarchisé qui devait être le sien durant près de deux siècles. La construction du Tôshôgû ne fut commencée qu’en 1634, à l’initiative de son petit-fils Iemitsu, qui repose à ses côtés. Lors de la restauration Meiji en 1868, à la chute du shogunat, le sanctuaire, considéré comme trésor national, manqua de peu d’être détruit. Des partisans des Tokugawa s’y étaient réfugiés pour protester contre l’ouverture du Japon. L’assaut allait être donné quand une ultime négociation aboutit à leur départ. Le Tôshôgû était sauvé !

Le complexe du Tôshôgû

C’est aujourd’hui encore le principal sanctuaire de Nikko. On y accède en empruntant « l’escalier en pierre des Mille Hommes », sur les marches duquel les classes inférieures, interdites d’entrée dans le temple, s’assemblaient les jours de fête. Un haut torii, ces portiques familiers des paysages japonais, marque l’entrée du complexe du temple. Car il s’agit bien d’un complexe, formé de divers bâtiments. Rien n’a été épargné pour que les monuments soient les plus nombreux et les plus somptueux. Les meilleurs ouvriers venus de Kyoto et de Nara rivalisèrent de talent, dans un style dit « de Momoyama », mâtiné d’influences chinoises Ming. A gauche du torii, une haute pagode de cinq étages est décorée des signes du zodiaque et pourvue de portes laquées noires. Une autre porte sculptée de chrysanthèmes, de pivoines et de têtes de lion fait pénétrer dans la première cour. Elle est entourée de magasins en pierre décorés de reliefs, de l’écurie sacrée, la seule construction qui ne soit pas laquée, et, proche du bassin destiné aux eaux lustrales, du Rinzo, bibliothèque elle aussi sacrée aux sept mille volumes de sutras bouddhistes.

Le porche du Crépuscule

Une nouvelle série de marches donne accès au monument le plus célèbre du Tôshôgû : le Yomei mon, le « portail de la lumière du soleil ». C’est là que s’arrêtaient les samouraïs d’un rang inférieur, les grands samouraïs pouvant aller plus avant, non sans avoir abandonné leur épée à la porte. D’une beauté sans pareille, le portail est censé retenir l’attention du spectateur jusqu’au soir, d’où son surnom de porche du Crépuscule. Il convient donc de prendre son temps pour détailler la profusion de sculptures fantastiques, blanches ou dorées. Un encorbellement compliqué soutient le balcon du niveau supérieur. Dans les médaillons, fleurs, animaux, oiseaux sont sculptés en bas-relief. Sur une colonne, on remarque deux tigres : le grain du bois a été habilement utilisé pour rendre le velouté de la fourrure des animaux, appelés « tigres à l’essence de bois ». Certains motifs sont sculptés à l’envers, pour conjurer le mauvais sort.

Fées, dragons et poètes

La porte franchie, une autre cour s’ouvre en direction du cœur du sanctuaire. Deux édifices la cernent. Le premier sert à recevoir les palanquins utilisés lors des processions des fêtes annuelles, le second de scène pour les danses sacrées. Sur une paroi, une corbeille sculptée au XIXe siècle dénote une influence occidentale, seul exemple à Nikko. Une nouvelle porte est ornée de dragons et de fleurs sculptés dans le bois. Au plafond, une fée joue de la harpe.

C’est l’heure d’ôter ses chaussures pour pénétrer dans l’édifice le plus important. Le Hai den, ou oratoire, est divisé en trois salles dont la décoration fait preuve de la fantaisie la plus totale. Oiseaux et plantes, portraits des trente-six poètes immortels, plafond à caissons orné de dragons flanquent le miroir sacré qui figure l’esprit saint de la divinité. Le prolongement de l’oratoire est le Hon den, composé, lui aussi, de trois parties. La plus importante, sorte de saint des saints du Tôshôgû, est un sanctuaire laqué d’or où sont adorées trois divinités dont Ieyasu.

L'essence du chat

En revenant vers la sortie, il reste encore à découvrir une porte sur laquelle figure le fameux Nemuri neko, « le chat qui dort », œuvre peinte sur bois sculpté d’Hidari Jingoro (1594-1634). L’artiste était fasciné par les chats et s'isola du monde pendant huit mois afin de capter l'essence de ce qu'est un chat et en proposer la représentation la plus parfaite possible.

Avant de quitter le Tôshôgû, on peut saluer au passage, en haut d’un escalier, le petit mausolée qui conserve les cendres de Tokugawa Ieyasu, hommage bien mérité à celui en l’honneur de qui furent érigées tant de merveilles.
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