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Le temple Hase Dera à Kamakura
L'honorable temple des fleurs
Une Déesse à la mer
La légende raconte qu'en 721, le moine Tokudo Shonin découvrit, dans le village de Hase, près de Nara, un camphrier d'une taille exceptionnelle, si grand qu'il était possible d'y tailler deux statues ! Tokudo sculpta donc deux images, en haut relief rehaussé d'or, de Kannon aux onze têtes représentant les onze stades de l'Illumination. Déesse de la miséricorde, Kannon est parfois représentée avec d'innombrables bras, toujours avec plusieurs petites têtes en guise de coiffe, symbolisant son attention à toutes les supplications du monde. L'une des sculptures fut installée dans un temple de Sakurai, près de Nara, et l'autre jetée à la mer pour apporter la protection au peuple japonais. Quinze ans plus tard, elle vint s'échouer, dit-on, sur le rivage près de Kamakura et fut à l'origine de l'implantation des sanctuaires de Hase Dera

Kamakura, berceau du shogunat
À la fin du VIIIe siècle, quittant Nara, les empereurs du Japon s'installèrent à Heian (Kyoto), mais bientôt les princes turbulents qui avaient reçu une charge en province, se taillèrent de puissants fiefs et imposèrent leur volonté à la cour impériale. En 858, le clan des Fujiwara obtint le pouvoir quasi absolu, mais sa suprématie fut rapidement contestée par les familles Taïra et Minamoto. Au cours de ces luttes intestines, Heian fut pillée à plusieurs reprises et les rébellions se multipliaient dans le nord de l'île principale de Honshu. La lutte contre ces Ebisu, les "barbares", s'accompagna de la montée en puissance des chefs militaires qui fit naître une nouvelle classe de guerriers, les bushis, prototype des samouraïs, marquant la naissance du système féodal qui perdura au Japon jusqu'au XVIIe siècle. Au XIIe siècle, pour contrer les ambitions des Taïra, l'empereur fit appel à Minamoto Yoritomo qui prit, depuis son camp militaire de Kamakura, le contrôle de tout le nord du Japon. En 1185, à la bataille de Dannoura, il vainquit les Taira, en 1192 il prit le titre héréditaire de Seii Taishogun "généralissime pour la soumission des barbares". Jusqu'en 1868, ce furent les shoguns qui dirigèrent le Japon, l'empereur se contentant d'un rôle honorifique. Capitale choisie par Yoritomo, Kamakura le resta jusqu'en 1333, siège d'une administration parallèle à l'administration impériale où les militaires et délégués de province détenaient le pouvoir effectif.

Civilisation virile contre suavité bouddhiste
La période de Kamakura fut marquée par l'accroissement du prestige des guerriers qui, en 1274 et 1281, réussirent à repousser les tentatives d'invasions mongoles. Les rapports féodaux furent fixés et l'on vit naître le code de l'honneur qui allait s'imposer aux samouraïs, le bushido, qui privilégiait l'habileté au maniement du sabre, la loyauté, la bravoure et un sens de l'honneur tel que toute transgression de ces règles ne pouvait se racheter que par le suicide rituel du seppuku. En parallèle, le pouvoir des shoguns s'émancipa de la tutelle des grandes écoles bouddhistes de Heian et l'on vit fleurir à Kamakura deux nouvelles écoles bouddhistes. La "civilisation virile" des samouraïs ne pouvait s'accommoder d'un bouddhisme marqué par "les suavités de la cour" : le moine Myōan Eisai fonda en 1191 l'école du Zen rinzai dans laquelle l'accès à l'Éveil s'allie parfaitement au respect de la discipline martiale des samouraïs. Cette école très exigeante séduisit nobles et samouraïs mais ne pouvait s'imposer à la masse du peuple. C'est ainsi que, sous l'égide du moine Shinran, se développa parallèlement l'école amidiste de "La Vraie Terre Pure", fondée sur la foi au salut par la simple invocation (nenbutsu) du bouddha Amida. Le nenbutsu, effectué une seule fois, réalise la fusion de la Terre pure et de ce monde dans la pensée du fidèle et même le pire des criminels peut alors être sauvé dès cette existence.

Le temple des fleurs : cerisiers, hortensias, érables et pivoines
La ville de Kamakura compte 65 temples bouddhistes, essentiellement Zen ou Jodo, hérités de sa période de gloire. C'est à cette dernière école qu'appartient le temple d'Hase Dera, situé sur le flanc d'une colline boisée qui domine la baie de Sagami. On y accède par le sentier qui chemine à travers un splendide jardin japonais orné toute l'année d'une profusion de fleurs : cerisiers au printemps, hortensias en été, érables en automne et pivoines au printemps et en hiver. Hase Dera est souvent surnommé "l'honorable temple des fleurs".

Sur les pentes de la colline on remarque l'étonnant Jizo-Do : un sanctuaire entouré de petites plates-formes en escalier couvertes de centaines de petites statuettes, presque toutes identiques, parfois revêtues d'une cape ou d'un bonnet rouge, parfois tenant à la main un jouet ou un petit moulin à vent. Elles représentent Jizo le bodhisattva protecteur des enfants décédés en bas âge qui n'ont pas vécu assez longtemps pour avoir un karma. Seul Jizo peut leur venir en aide, c'est pourquoi leurs parents viennent ici déposer une statuette de Jizo qui y restera pendant un an. On estime que depuis 1945, ce furent 50 000 jizos qui furent déposés au temple d'Hase Dera !

Le temple central, le Daihikaku, au cœur de l'ensemble sacré Hase Dera fut construit au XIIe siècle, lorsque la cité de Kamakura devint le centre du pouvoir, pour abriter la statue de la déesse Kannon qui s'échoua selon la légende sur le rivage. Cette sculpture de 9 m de hauteur est la plus grande statue de bois du Japon. Cette élégante structure à deux étages fut restaurée et modifiée au début du XVIIe siècle, sous le shogunat de Iemitsu Tokugawa.

On trouve tout à côté un temple abritant une statue dorée du bouddha Amida, réalisée à la demande de Yoritomo Minamoto en 1194 et d'un pavillon protégeant une cloche qui sonne chaque nouvelle année 108 coups pour dissiper les 108 souffrances de l’homme. Sous le temple, la crypte Benten-kutsu à laquelle on accède en passant sous un torii contient enfin une statue de Benzaiten, la protectrice des marins qui est aussi déesse de la richesse, du bonheur, de la sagesse et de la musique.
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Le pays du Soleil-Levant est un monde étrange, mélange subtil d’un passé toujours vivant et d’une fuite éperdue vers l’avenir. Les Japonais, sous l’égide de leurs empereurs, descendants de la déesse solaire ... Découvrir ce voyage
 

 
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