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Le sanctuaire de Futarasan-Jinja à Nikko (Unesco)
Le cœur mystique de Nikko
Nikko

Le site de Nikko, petite cité nichée sur les rives de la rivière Daiya Gawa, est célèbre pour son immense ensemble de temples, qui s'étend sur plus de cinquante hectares et compte parmi les plus fréquentés du Japon, par les touristes, naturellement, mais aussi par les Japonais. L'ensemble sacré, consacré à l'origine à trois divinités du mont Nantai, est attesté dès 766, lorsque le prêtre Shôdo Shônin fonda le Shihonryû ji. La légende rapporte que lorsque Shodo voulut franchir la rivière, ce furent deux énormes serpents arc-en-ciel, libérés par le géant Jinja-Daiou, qui lui servirent de pont. C'est certainement de cette époque que fut construit le premier pont, le « pont Divin » – Shin kyô. Reconstruit en 1636 en bois laqué au vermillon, son usage était alors réservé au seul shogun. Du IXe au XVIe siècle, plus de trente temples vinrent s'adjoindre au sanctuaire initial, grâce aux dons des empereurs et des daimyos, les plus puissants gouverneurs féodaux au Japon. Cependant, c'est au XVIIe siècle, en 1617, que Nikko acquit sa grande gloire, lorsqu'y furent transférées les cendres de Tokugawa leyasu, le grand unificateur du Japon et le premier shogun de la lignée Tokugawa qui dirigea le Japon de 1603 à 1867. Aujourd'hui, les deux mausolées d'Ieyasu, le Tosho gu, et de son petit-fils Idemitsu, le Taiyuinbyo, sont certainement les plus magnifiques, mais c'est au Futarasan que réside encore l'âme profonde de Nikko.


Nantai San

Les Japonais d'hier, mais aussi ceux d'aujourd'hui, ont une vénération particulière pour certains lieux naturels, rivière, arbre, île, rocher ou montagne, qui, par leur forme ou leur difficulté d'accès, semblent être des goshintai, lieu de résidence de kamis, divinités ou esprits vénérés dans la religion shintoïste. Dominant de ses 2 486 mètres le site de Nikko, le volcan Nantai et les monts Nyotai et Taro qui l'encadrent, sont, depuis la nuit des temps, associés au dieu Ōkuninushi, à son épouse Takiribime et leur fils Ajisukitakahikone, dieu du tonnerre. Les multiples légendes d'Okuninushi ressortissent des mythes fondateurs du shintoïsme. Le Kojiki, la « Chronique des faits anciens », le plus ancien livre japonais connu, attribue de nombreuses aventures à Okuninushi. Ce fut avec l'aide d'un kami sous la forme d'un lapin blanc qu'il gagna la main de la princesse Yagami, au grand dam de ses frères qui tentèrent de le tuer ; Okuninushi dut se réfugier auprès du dieu Susanoo-no-Mikoto, frère de la déesse solaire Amaterasu, exilé dans l'outre-monde. Là, il tomba amoureux de la princesse Suseri, la fille de Susanoo, qu'il obtint en mariage après avoir subi nombre d'épreuves qu'il surmonta avec l'aide d'un kami-souris. Cependant, au Futarasan, c'est Takiribime qui est considérée comme son épouse, avec laquelle il forme le couple divin protecteur de la terre et des rivières qui alimentent en eau les rizières. C'est peut-être pour cela qu'Okunishushi est aussi vénéré comme dieu des mariages ! Ce fut en 782 que le moine Shodo réussit, à la troisième tentative, à gravir le mont Nantai, en deux jours, après sept jours de prière. Au retour de cette ascension, Shodo fonda le temple de Rinnoji qui abrite aujourd'hui trois bouddhas en bois dorés de huit mètres de haut, incarnant les montagnes sacrées de Nikko, ainsi que le sanctuaire de Shihonryu Ji, devenu ensuite le Futarasan.


Le Futarasan

Le premier sanctuaire élevé par Shodo fut reconstruit en 808 par l'un de ses disciples, Tachibana Toshitô, puis, à nouveau, en 1610, prenant dès lors l'aspect que nous lui connaissons aujourd'hui. Après avoir franchi le pont Shin kyô, emprunté les allées bordées de cryptomères géants et ponctuées de toris (portiques sacrés) monumentaux pour passer devant les complexes du Rinno ji et du Tosho gu, on accède au Futarasan par un tori en bronze, précédé d'un chozuya, fontaine de purification. Comme il est de tradition dans les temples japonais, le sanctuaire principal est précédé d'un hall des offrandes, le haiden, déplacé et reconstruit en 1645. De plan rectangulaire de 16 mètres sur 12, il est coiffé d'une toiture de style Irimoya qui combine une partie supérieure à quatre pentes, reliées sur deux côtés opposés par un gable, et prolongée chacune par un auvent. La sobriété du haiden de Futarasan, simplement couvert de laque vermillon et noir, contraste singulièrement avec l'exubérance baroque qui est de règle dans les sanctuaires plus récents de Nikko. Devant le honden, le sanctuaire central, on voit une lanterne en bronze de 1293, Bake dôrô, la « lanterne du spectre », qui porte les traces des coups de sabre donnés par les gardiens du temple, effrayés par la danse erratique de sa flamme ! Près du honden, le petit sanctuaire du Daikokuden abrite le dieu Ōkuninushi, ainsi qu'un sabre de 2,60 m de long, classé parmi les trésors nationaux du Japon, tandis que le Mitomo-jinja est consacré à Sukunahikona, le dieu nain qui aida Ōkuninushi et au Hie-jinja qui rend hommage à Oyamakui, le gardien du mont Hiei près de Kyoto. Derrière le sanctuaire, coule la fontaine Futara, dont l'eau venue du mont Korei aurait pour vertu de guérir les maladies des yeux.


Le Yayoi matsuri
Même s'il n'est pas le plus prestigieux, le Futarasan est le lieu le plus sacré de Nikko et, chaque mois, des processions se dirigent vers le sanctuaire pour des cérémonies d'hommage à la divinité. Une petite construction simple en bois, construite en 1617 au Futarasan par Masakiyo Nakai, le charpentier officiel des Tokugawa, abrite les trois autels portatifs – mikoshi – utilisés lors des processions. Cependant, la plus connue et la plus spectaculaire de ces fêtes est le Yayoi matsuri. Depuis le VIIIe siècle, chaque année, en avril, au moment du printemps, la procession devient grandiose et spectaculaire quand les douze chars – hana-yatai –, dignes de ceux des grands carnavals, réalisés par les douze quartiers de Nikko, décorés de fleurs, accompagnés de cavaliers, de jeunes gens en costume d'époque, de musiciens jouant flûte et tambour, convergent vers le Futarasan. Les danses rituelles, les échanges de cartes entre les « chefs de quartier » sont strictement codifiés par la tradition et aucun manquement ne doit venir troubler l'ordonnance de la cérémonie, c'est pourquoi le Yayoi matsuri est parfois appelé le « festival des disputes » !
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Le pays du Soleil-Levant est un monde étrange, mélange subtil d’un passé toujours vivant et d’une fuite éperdue vers l’avenir. Les Japonais, sous l’égide de leurs empereurs, descendants de la déesse solaire ... Découvrir ce voyage
 

 
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