Logo Clio
Service voyages
Service voyages
Le château de Nijo-Jo
Une forteresse des shoguns
Kyoto est sans doute la capitale culturelle du Japon. En son centre, elle préserve un château auquel les Japonais sont particulièrement attachés. Ce sont, en effet, les murs du Nijo-jo qui virent la naissance et la mort de l'ère d'Edo (1600-1867), la dernière à avoir consacré le pouvoir des shoguns. Murailles, cours et jardins composent un tableau harmonieux, typique du Japon féodal.

Le fief des Tokugawa et l'ère Edo

Depuis le milieu du XIVe siècle, le Japon est dominé par des seigneurs féodaux qui ont établi leur capitale à Kyoto. Les luttes pour le pouvoir sont féroces. A la mort du dernier représentant du shogunat Azuchi Momoyama, un de ses lieutenants, Tokugawa Ieasu, a déjà 57 ans. Négociateur perspicace autant que guerrier, il s'assure en 1600, à la bataille de Sekigahara, une victoire définitive sur ses rivaux. Il avait établi à Edo, la future Tokyo, le centre de sa domination en y édifiant une immense forteresse, tout en confiant, au fur et à mesure, l'administration des régions soumises aux seigneurs ralliés, les daimyo. Ceux-ci demeurent toutefois étroitement surveillés, leurs alliances et leurs mariages contrôlés, et eux-mêmes tenus de construire à Edo leurs résidences où ils séjournent obligatoirement six mois par an. Dans le cadre de cette politique de contrôle absolu, les chrétiens, jugés comme des éléments de dissociation de l'empire, se voient sévèrement traqués. Partout, un réseau d'espions garde l'ensemble du pays sous l'œil du shogun. Toute relation avec l'étranger est interdite et le Japon se replie sur lui-même. Etayé officiellement sur la doctrine du néo-confucianisme, le système féodal prévoit une division hiérarchique de la société que cimentent des relations d'obligation et de fidélité. Au sommet règne l'empereur, inaccessible et sans pouvoir, entouré de sa noblesse de cour. Ensuite vient la classe militaire subdivisée en daimyo et vassaux de tous rangs, fidèles à la culture de Heian (étiquette, costumes, langages, arts). Paysans, artisans et bourgeois commerçants suivent dans la hiérarchie de la société. C'est pour eux que s'élabore une culture originale : théâtre du Kabuki et du bunraku (poupées), estampes reproduisant des scènes de leur vie quotidienne, art des geisha. C'est l'atmosphère de ce Japon-là que l'on peut humer en visitant le Nijo-jo.

L'histoire du Nijo-jo

Edo est la ville montante, mais, pendant longtemps, Kyoto reste la résidence impériale. A peine arrivé au pouvoir, Tokugawa entend marquer son emprise sur la ville. Ce sera le Nijo-jo, dont il fait sa résidence officielle quand il séjourne à Kyoto. Le château, élevé à partir de 1603, est agrandi de 1624 à 1626 avec l'édification du palais Ninomaru. Les meilleurs artistes de l'époque, sous la direction de Kobori Enshu (1579-1647) ornent les appartements et récupèrent de riches éléments du château détruit de Fushimi. Après l'abdication du dernier shogun, signée en ce lieu en 1867, et la proclamation de l'ère Meiji qui va ouvrir le Japon sur le monde, le château devient le siège du gouvernent impérial puis de la préfecture de Kyoto. Propriété de la ville de Kyoto depuis 1939, celle-ci le fait restaurer et l'ouvre au public.

Les fortifications

L'ensemble du château est limité par des douves et des enceintes concentriques imposantes, à l'intérieur desquelles sont dessinés différents bâtiments, cours et jardins. Très vaste, il couvre une surface totale de 27 hectares, dont près d'un hectare de constructions. La muraille extérieure est percée de trois portes, tandis que l'intérieure n'en a que deux. Les murs intérieurs protègent le palais Honmaru et son jardin, épicentre de l'ensemble. Entre les deux fortifications, on trouve le palais Ninomaru, le plus beau, les cuisines, la salle des gardes et plusieurs jardins.

Le palais Ninomaru

Par la porte de l'est puis la porte Chinoise (Kara mon), on accède à la cour du Ninomaru, construit presque exclusivement en bois de cyprès. On pénètre dans les appartements par un porche au fronton richement sculpté. L'intérieur du palais est décoré de peintures murales de l'école de Kano, représentant notamment des tigres, en vue d'impressionner les visiteurs. De somptueux panneaux sculptés ornent les murs, symboles parlant de la puissance des shoguns. Les pièces de réception, en retrait les unes des autres, sont un parfait exemple de l'importance de l'architecture dans les rapports sociaux. Les visiteurs de rangs inférieurs sont reçus dans les premières pièces, moins décorées, les plus importants dans les pièces intérieures. Des alcôves et des portes coulissantes forment une sorte de dédale secret où l'on peut à tout moment voir sans être vu. Une des caractéristiques amusantes des couloirs du palais est le « plancher rossignol ». Il est construit de manière à ce que le moindre pas fasse crisser les lattes de bois, imitant le pépiement d'un oiseau. Impossible d'entrer dans le château incognito, précaution bien utile en ces temps agités où les shoguns voyaient de potentiels assassins partout !

Le palais Honmaru et les jardins

Plus petit, le palais Honmaru est divisé en quatre parties : appartements, salles de réception, hall d'entrée, cuisines, l'ensemble étant relié par des corridors et des cours. Incendié au XVIIIe siècle, il n'a été reconstruit qu'à la fin de l'ère Edo dont il a adopté le style plus sobre. Au Japon, pas de palais sans jardin. Le château en compte plusieurs, vergers de cerisiers du Japon et de ginkgos. Le plus beau est sans doute celui du Ninomaru, dessiné par un architecte qui était aussi maître de thé. Son bassin est suffisamment vaste pour abriter trois îles et de nombreuses pierres, disposées avec une précision toute symbolique, comme il convient à tout jardin japonais. Ainsi, par l'harmonie qu'il fait naître entre pierre, bois et végétaux, tout autant que par son importance dans l'histoire du pays, le Nijo-jo mérite bien son classement par l'UNESCO au titre de patrimoine de l'humanité.
Partir en voyage avec Clio
JA 31 - 13 jours

Le pays du Soleil-Levant est un monde étrange, mélange subtil d’un passé toujours vivant et d’une fuite éperdue vers l’avenir. Les Japonais, sous l’égide de leurs empereurs, descendants de la déesse solaire ... Découvrir ce voyage
TDM 90 - 28 jours

Ce nouveau tour du Monde exclusif Clio vous mène à la découverte des hauts lieux les plus exceptionnels de civilisations qui se sont épanouies depuis trois mille ans de l'Asie à l'océan Pacifique et à ... Découvrir ce voyage
 

 
Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter