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Kamakura
Sous le regard du Bouddha
A moins d'une heure de route de Tokyo, Kamakura résume l'essentiel du Japon : une ville à la population dense, érigée sur une presqu'île dominant les flots souvent agités du Pacifique. A chaque coin de rue, ou presque, un temple ou un ensemble cultuel qui rappelle l'extrême religiosité des Japonais. Et, quand les conditions météorologiques sont favorables, des échappées sur le cône parfait et immaculé du mont Fuji, image immobile et grandiose de l'éternel nippon.

Une capitale au XIIe siècle

Kamakura doit sa naissance et son essor à un homme : Minamoto Yorimoto (1147-1199). Ayant défait ses propres frères, pour s'approprier tout le pouvoir, puis les maîtres Taira de Kyoto, il se pare du titre de Sei i Taishôgun (général en chef contre les Barbares) et installe sa capitale à Kamakura, qui n'est encore alors qu'un modeste village. Les conséquences sont énormes pour le Japon : c'est ainsi que s'établissent les lignées de shôgun qui vont dominer la politique de l'archipel jusqu'à l'ouverture de l'ère Meiji en 1868. Cette domination se fait aux dépens du pouvoir réel de l'empereur, certes de droit divin, mais, en réalité, confiné à Kyoto puis Tokyo. A Kamakura, loin des préciosités de la cour impériale, c'est un pouvoir militaire viril qui s'installe et perdure.

Hojo et Kanryo

Les siècles suivants voient successivement des changements de pouvoirs dans la ville. Apparentés à Yorimoto, les Hojo lui succèdent pour un siècle, repoussant les invasions mongoles à Kyushu, sans que l'empereur ne récompense leur bravoure à sa juste valeur. Les Kanryo, face à la même situation, n'hésitent pas à s'installer à Kyoto, avant que leurs successeurs, les Tokugawa, n'érigent définitivement Tokyo en capitale du pays, mettant fin au rôle politique de Kamakura.

La ville natale du Zen

Le rayonnement de la ville va alors se faire dans un autre domaine : le religieux. On peut dire que Kamakura est en quelque sorte la patrie du Zen au Japon. D'origine indienne, le Zen a été enseigné à Kamakura par Dogen (1200-1253) et s'est répandu sur l'île au moment où la ville entamait son expansion maximale. Comme l'écrit Louis Frédéric dans son ouvrage Japon : « Le Zen assure que nulle doctrine ne peut enseigner le véritable esprit du Bouddha, et déclare que l'Etre suprême ne peut être connu que par le Principe supérieur et les hommes. […] Par la suite, les activités normales de la vie ne doivent pas être considérées comme une fin en elles-mêmes, mais plutôt comme l'expression normale de l'esprit. Un entraînement sévère, aussi bien physique que spirituel, est indispensable. »
Cet esprit philosophique autant que religieux, les nouveaux maîtres de Kamakura vont le développer et l'entretenir dans cinq des temples principaux de la ville.

Dai Butsu

Nul ne symbolise mieux Kamakura que le Dai Butsu, la statue monumentale du grand Bouddha, cœur du temple de Kotoko-in. Elle apparaît dans l'axe d'une large allée dallée, dont le parcours laisse tout le temps d'admirer ses dimensions exceptionnelles (11,40 m de haut, 124 tonnes). Parvenu à ses pieds, la qualité de l'œuvre éclate, bien supérieure à celle de son modèle de Nara. Amida, Bouddha de la Lumière éternelle, est assis dans la pose traditionnelle de la méditation. De ses yeux mi-clos, dans un visage admirable de sérénité, il contemple, au-delà des toits des temples et des collines, un horizon qui n'appartient qu'à lui. Ses paumes tournées vers le ciel et ses pouces qui se rejoignent, sont le symbole de sa foi profonde. La statue a été érigée en 1252 dans le temple de bois éponyme qui lui servait de refuge. Les typhons et les tempêtes ont eu raison de cette structure protectrice et, depuis 1498, le Bouddha est à l'air libre. Son revêtement doré en a souffert, laissant place à la chaude patine du bronze dont il est fait, sans que cela n'entame en rien son esthétique délicate qui hante longtemps le visiteur.

Hase-Dera

Non loin du Kotoko-in, le complexe de Hase-Dera est dédié à Kannon, la déesse de la miséricorde. La souplesse du bois de camphre dans lequel elle est façonnée a permis au sculpteur de soigner les traits des onze visages dont la déesse est traditionnellement dotée. Créée sans doute dès 721, elle a, depuis, comme nombre de ses congénères japonais, renouvelé son revêtement de feuilles d'or, la dernière fois à l'époque Edo. Sa haute stature domine, en contrebas, un admirable jardin japonais, fait d'étangs superposés, d'allées toutes en déclivités serpentant entre des parcelles couvertes d'arbres torturés, séparées par des palissades et des carrés de sable soigneusement ratissés : tous les ingrédients d'une nature parfaitement zen ! Plus bas, des centaines de statues jizo sont dédiées aux enfants décédés. Renouvelées chaque année, elles auraient été 50 000 depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Rien n'est plus impressionnant que les visages de ses stèles, tous semblables dans leurs robes bouddhiques, et leur gravité irréelle.

Kamakura apparaît bien comme une étape indispensable à qui veut saisir en un même lieu toute la ferveur religieuse et traditionnelle du Japon.
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