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Trani
Ville médiévale des Pouilles
Un port ouvert sur l’Orient

Petite ville littorale de la région des Pouilles située à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Bari, l’ancienne Turenum apparaît pour la première fois sur la Table de Peutinger, une copie datée du XIIIe siècle et conservée à Vienne de divers itinéraires romains. Etablie sur la côte adriatique, la modeste cité antique sera ensuite occupée par les Lombards avant d'être reprise par les Byzantins, mais si la ville connaît un certain essor à la veille de l’an mil, le temps des croisades et l’ouverture sur l’Orient en font du XIe au XIIIe siècles un pôle majeur d’activité et de rayonnement.

L’apogée des XIe-XIIIe siècles

Dès le XIe siècle, la ville remplace Canosa, détruite par un raid sarrasin, comme siège épiscopal. Très bien placé, son port profite pleinement des croisades engagées en Orient, au point de devenir pour un temps le plus important de la mer Adriatique. En 1063, alors que la région est en train de passer sous le contrôle des Normands, c’est à Trani qu’est réalisé le plus ancien code maritime connu de l’Occident latin. Durant cette période, qui voit un essor continu des échanges, de nombreuses grandes familles issues d’Amalfi, de Venise, de Pise ou de Raguse, c’est-à-dire des principales républiques maritimes italiennes, installent des fondés de pouvoir dans la cité qui dispose elle-même, à partir du XIIIe siècle, d’un consul à Venise. D’autres représentations, établies en Angleterre et aux Pays-Bas, confirment l’importance du rôle commercial joué alors par la ville. Passée sous le contrôle de la dynastie souabe, Trani voit Frédéric II de Hohenstaufen édifier une puissante forteresse, parvenue jusqu’à nous.

Le remplacement de la dynastie impériale souabe de Naples et de Sicile par la maison d’Anjou marque la fin de la prospérité et du rayonnement de la cité, une éclipse confirmée sous les Aragonais. L’ancienne Apulie est alors délaissée, au moment où l’irruption ottomane en Méditerranée orientale compromet les relations avec le Levant et où la capitale du royaume et la Sicile bénéficient de toutes les attentions d’un pouvoir que n’intéresse plus guère une côte adriatique où s’imposent désormais les galères vénitiennes. Trani va retrouver au XVIIIe siècle, sous les Bourbons, une partie de son éclat perdu. Elle est alors capitale de province, avant de subir les effets de l’occupation française. Devenu roi de Naples en 1808, Joachim Murat, transfère la capitale provinciale à Bari.

Juifs et Templiers

Le dynamisme de l’activité commerciale qui correspond à l’expansion des XIIe et XIIIe siècles, a favorisé l’installation à Trani d’une importante communauté juive, l’une des plus importantes d’Italie du Sud, placée initialement sous la protection du roi normand. Outre son rôle économique, cette communauté entretient alors une vie culturelle et religieuse très riche. C’est en son sein que naît en 1180 le célèbre rabbin Isaïah ben Mali di Trani, disparu en 1250. C’est également là qu’est né en 1505 le grand talmudiste Rabbi Moses ben Joseph di Trani.

Trani est aussi liée à l’Ordre du Temple qui, à l’époque des croisades, a fait de cette ville portuaire une précieuse base arrière, à partir de laquelle il était possible d’acheminer renforts ou moyens vers la Terre sainte. De leur présence aux XIIe et XIIIe siècles demeure l’Eglise de Tous-les-Saints (Ognissanti), bâtie dans la première moitié du XIIe siècle. Réalisée sur le modèle de la cathédrale Saint-Nicolas, elle a conservé le portique, sous lequel s’ouvraient trois portails, que cette dernière a perdu. Formée de trois nefs séparées par une colonnade, mais dépourvue de transept, elle présente au-dessus de la fenêtre de son abside médiane, un décor figurant un griffon analogue à celui de Saint-Léonard de Siponte.

Un autre Saint-Nicolas

En 1096, un berger venu du monastère de Saint-Luc, près de Delphes, et entouré de la vénération des habitants de Trani, vint mourir de faim sur les marches de l’église Santa Maria, avant d’être canonisé par Urbain II. Dans l’intention de promouvoir un saint dont le prestige ne le cède en rien à celui du saint Nicolas Thaumaturge de Bari, on entreprit la construction d’une cathédrale dédiée à saint Nicolas le Pèlerin.

L’église Santa Maria, édifiée au VIIe siècle, devint alors, sous les trois nefs du nouveau sanctuaire, une sombre crypte longitudinale séparée par quelques marches d’une crypte transversale lumineuse. Entre les deux, un escalier conduit à l’église supérieure dont les proportions rivalisent de majesté avec celles de Saint-Nicolas de Bari. Du fait du réemploi de l’édifice antérieur, le niveau de la nouvelle église se trouve plus haut que celui du sol environnant et on a construit un escalier à double rampe, aussi large que la façade et recouvert d’un portique dont il reste huit arcs décorés de feuilles d’acanthe. Ce portique devait donner plus d’ampleur à la zone du portail, afin de rompre l’impression de monotonie que pouvait dégager la haute façade.

A droite de la façade s’élève, haut de 58 mètres, l’élégant campanile qui, menaçant de s’écrouler, fut démoli en 1954 pour être recomposé avec les mêmes pierres de tuf calcaire rosé extrait à proximité de la ville. Les deux premiers étages sont l’œuvre de Nicolaus sacerdos et protomagister, celui qui a réalisé la chaire de Bitonto, alors que les deux niveaux supérieurs sont contemporains du XIVe siècle. Le décor du portail rappelle ceux de Bitonto et de Ruvo mais aussi la belle fenêtre de l’abside de la cathédrale de Bari.

On accédait à l’intérieur du sanctuaire en franchissant une porte de bronze sculptée en 1180 par Barisano da Trani. Elle est composée de trente-deux panneaux réalisés sur le modèle d’ivoires byzantins, exposés aujourd’hui à l’intérieur de la cathédrale. On retrouve ainsi le Christ, la Vierge à l’Enfant, les Douze Apôtres, Saint Jean-Baptiste et le prophète Elie, Saint Georges et Saint Eustache, la Descente de Croix et saint Nicolas le Pèlerin avec, à ses pieds, un petit personnage qui n’est autre que Barisano. Selon Georges Vallet, qui fut directeur de l’Institut français de Naples, « la finesse du dessin gracieusement étiré, le souci d’expression des visages et, surtout, la naissance d’une vraie corporéité forment un prélude à la sculpture toscane et soutiennent la comparaison avec les portes du Baptistère de Florence »…
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