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Santa Maria Novella
Le langage de l'ineffable
L’harmonieuse façade de Santa Maria Novella est souvent la première image que perçoivent les visiteurs qui arrivent à Florence. Elle est aussi une invitation à découvrir une des plus somptueuses églises de la ville, exemplaire aussi bien de la sobre architecture gothique que des innovations de la Renaissance qui ont bouleversé le visage de Florence.

Les dominicains, ordre mendiant et prêcheur

Santa Maria Novella, fondée par les dominicains en 1279, est la première en date des grandes églises florentines. Elle est dite « nouvelle », car elle remplace un édifice ancien bien plus modeste. Son clocher romano-gothique est aussi l’affirmation, dans le ciel de Florence, de la puissance qu’atteignit l’ordre fondé par saint Dominique. Né en Espagne en 1170, Dominique est frappé par la société de son temps. En effet, depuis le milieu du XIe siècle, l’Europe connaît une transformation rapide et spectaculaire. Les villes se développent, singulièrement en Italie, à une vitesse jamais observée jusque-là. Les ordres religieux contemplatifs – cisterciens, bénédictins – retirés dans leur solitude, ne peuvent répondre à la soif d’enseignement religieux des nouveaux habitants des villes. Dominique, prédicateur charismatique, fonde une communauté de frères prêcheurs, puis se rend à Rome où il rencontre François d’Assise. Bientôt, il obtient du pape la reconnaissance de son ordre. Le reste de sa vie, il le passera à parcourir l’Europe, créant un peu partout des couvents de prêcheurs qui deviendront très vite les gardiens de l'orthodoxie. Il meurt en 1221. Parallèlement, le futur saint François a fondé l’ordre des Franciscains, matérialisé à Florence par l’église Santa Croce. Les ordres prêcheurs mendiants sont nés : leur influence sera considérable.

L'architecture : tout procède de la raison

Commencée en 1350 en style ogival, la façade de Santa Maria Novella reste inachevée pendant plus d’un siècle. En 1456, Léon Alberti, le grand théoricien de la Renaissance florentine, est chargé de l’achever par la famille Rucellai. Il ne se préoccupe nullement du style de la première construction, mais il greffe un écran Renaissance sur la structure gothique. L’intégration est parfaite, car elle reste fidèle au jeu de marbre blanc et noir de tradition dans l’architecture toscane depuis l’époque romane. Les deux volutes renversées qui cachent la retombée du toit sont une innovation. Les architectes du baroque italien sauront s’en souvenir. Alberti met ici en application les principes esthétiques, très intellectuels, qu’il a développés dans ses traités théoriques : l’harmonie doit se fonder sur la musique des nombres, l’édifice étant comme un tout dont chaque élément est solidaire.
De style ogival toscan très pur, l’espace intérieur de l’église témoigne des simplifications que les ordres mendiants d’Italie apportent à l’architecture cistercienne venue de France. Les architectes, deux moines dominicains, ont donné à la nef, destinée à la prédication, une profondeur inédite. A partir du transept, ils réduisent la largeur de la voûte, doublent le nombre de piliers, surélèvent le sol de deux marches : la fausse perspective ainsi créée est saisissante.

Le décor : repenser l'homme, changer l'art

Comme toutes les églises florentines, Santa Maria Novella abrite de multiples chefs-d'œuvre, mais celui qui saute aux yeux dès l’entrée, c’est la fresque du chœur de Domenico Ghirlandaio. Il y déploie un cycle admirable destiné tout autant à embellir l’édifice qu’à glorifier Giovanni Tornabuoni, oncle de Laurent le Magnifique. On y retrouve le style si plaisant de l’artiste : beauté des proportions, mouvement des scènes de groupes, élégance des personnages. La vie du peuple florentin à la Renaissance se déroule sous nos yeux, avec son côté profane et frivole : pas étonnant que ces fresques aient attiré les foudres de Savonarole.
Bien différente apparaît la fameuse Trinité de Masaccio, le grand initiateur de la peinture de la Renaissance. Sa Trinité constitue le premier témoignage grandiose d’une peinture dans laquelle les règles de la perspective mathématique, telles qu’elles avaient été établies pour l’architecture par Brunelleschi, sont appliquées de façon logique. Dans un trompe-l’œil architectural très païen, les personnages sont placés à de justes distances. Par l’utilisation de la perspective, Masaccio rappelle que l’humanisme a mis l’homme au centre du monde. Désormais, les œuvres sont conçues en tenant compte de la position de celui qui les regarde : au-delà d’une prouesse technique, la perspective devient révélatrice d’une révolution philosophique.
L’église offre encore bien des joyaux qui permettent d'apprécier la distance qui sépare le gothique finissant des nouveaux canons de la Renaissance, comme Le crucifix de Giotto, archaïque et resplendissant, contre celui de Ghiberti, sobre et pathétique.
Les fresques de Paolo Uccello du fameux Cloître vert qui illustraient l'histoire de Noé et du Déluge font actuellement l'objet d'une délicate restauration mais témoignent aussi de l'ivresse de la maîtrise de l'espace qui animait les artistes florentins.
Tout à côté, dans la chapelle des Espagnols destinée par Eléonore de Tolède aux gentilshommes de sa suite, elle se manifeste d'une autre manière. Andrea Bonaiuti déploie, du sol au plafond, une allégorie foisonnante qui met en scène le triomphe de l'Eglise grâce à l'action de saint Thomas d'Aquin pour établir le dogme et des dominicains pour lutter contre l'hérésie. Dans une composition narrative pleine de couleur et de mouvement, entre les anges et les gigantesques démons, s'ébrouent les fidèles innocents ou coupables, les savants et philosophes de l'Antiquité, l'empereur, le pape, le cardinal Albornoz, auteur des constitutions du Vatican, sans oublier Guillaume d'Occam, Laure et Pétrarque, Dante et Béatrice, Boccace et Fiametta…

Santa Maria Novella apparaît bien comme la parfaite illustration de cette réflexion du grand critique d’art René Huyghes : « Du jour où l’art n’aura plus l’unique fonction religieuse et tendra à s’isoler comme la philosophie, à "se penser", on sera prêt à rechercher les règles du Beau. »
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