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Saint Louis des Français
De saint Louis à saint Matthieu et à la campagne d'Italie
La France s'est fastueusement installée à Rome : son ambassade occupe le grandiose palais Farnèse et son académie l'illustre villa Médicis. Située dans la grande boucle du Tibre, en pleine Rome baroque, entre le Panthéon et la place Navone, l' église Saint Louis des Français célèbre quant à elle, au coeur de la capitale de la Chrétienté, la «fille aînée de l’Église».

La naissance d'une église nationale

L'histoire du sanctuaire commence en 1478, quand le pape Sixte IV institue une confrérie pour les résidents français de Rome, premier noyau de la Fondation des Pieux Établissements de la France qui gère encore aujourd'hui les bâtiments français de Rome. A cette occasion, il fait don à la France d'une église désormais placée sous le vocable de la conception de la Vierge Marie, de saint Denis et de saint Louis roi de France. Des projets de reconstruction voient rapidement le jour pour donner plus d'éclat à cette nouvelle église nationale. C'est le cardinal Jules de Médicis, futur pape Clément VII, qui pose en 1518 la première pierre du bâtiment actuel, sur laquelle sont gravées les armes du pape Léon X et de François Ier. En 1527, l'invasion des lansquenets et le sac de Rome entraînent la suspension des travaux. Mais grâce au soutien financier de Catherine de Médicis et des rois Henri II et Henri III la construction du nouvel édifice, dessiné par Giacomo della Porta et réalisé par Domenico Fontana, s'achève enfin en 1589 sous la direction du cardinal français Matthieu Cointerel. Accolé à un palais baroque du même nom, l'ensemble de Saint Louis est tout à la fois pour les Français un lieu de dévotion, d'accueil des pèlerins, de soins pour les malades et de sépulture pour les défunts.

A la gloire du royaume Très-chrétien

De l'extérieur son ample façade Renaissance pourrait passer inaperçue parmi les innombrables églises et autres splendeurs de la Ville Éternelle. A un détail près pourtant : son caractère français la rend unique. Sous son fronton orné du blason à fleur de lys se dressent les figures de Charlemagne et de saint Louis, de sainte Clotilde, épouse de Clovis, et de sainte Jeanne de Valois, épouse de Louis XII. Et sur les parties basses de la façade, on voit courir la salamandre, emblème de François Ier.
Une autre surprise attend le visiteur qui franchit la porte de l'église : la richesse et la profusion baroque y sont spectaculaires. Réaménagées au XVIIIe siècle, ses trois nefs sont revêtues de marbre polychrome de Sicile. Sa voûte rococo en caissons à stucs blancs et ors enchâsse une grande fresque de Natoire, L'apothéose de Saint Louis, représentant le roi porté jusqu'au ciel par les anges depuis le camp croisé de Tunis. Les références à la nationalité de l'église ne manquent pas non plus dans les chapelles latérales : l'une est consacrée à saint Louis, une autre à Clovis, premier roi baptisé. Plus qu'une simple église française, Saint Louis des Français est une exaltation de la France à travers la représentation de ses saints et de ses rois.

Quand saint Matthieu détrône saint Louis

Saint Louis est certes mis à l'honneur dans son église, mais c'est pourtant saint Matthieu qui attire le plus. En effet, lorsque le cardinal Cointerel acheta une chapelle latérale en 1565 – la chapelle Contarelli – il décida de la décorer avec des œuvres d'art se référant au saint dont il portait le nom : l'apôtre et évangéliste saint Matthieu. La tâche fut d'abord confiée au Cavalier d'Arpin qui réalisa la fresque du plafond. Mais celui-ci tardant à compléter la décoration de la chapelle, on s'adressa au Caravage qui, pour sa première grande commande, créa trois chefs d’œuvre. Il est difficile de rêver un plus violent contraste que celui qui oppose les envolées tourbillonnantes du plafond de Natoire au trois toiles farouches du cycle de Saint Matthieu. D'un réalisme poignant, la Conversion de saint Matthieu représente l'instant précis ou le Christ invite saint Matthieu à tout quitter pour devenir son disciple. Vêtus à la mode de la Renaissance, Matthieu, percepteur d’impôt, et ses quatre compagnons, sont surpris dans leurs comptes par l'irruption du Christ accompagné de l'apôtre saint Pierre. D'un geste majestueux similaire à celui de la Création du Monde de la chapelle Sixtine, le Christ désigne son apôtre qui lui même se désigne du doigt avec étonnement. Le jeu de lumière souligne la tension de l'instant. Alors que la fenêtre du fond ne laisse passer aucune clarté, un puissant faisceau lumineux provenant de derrière le Christ souligne son geste et plonge directement sur le visage du futur apôtre. Ces jeux d'ombre et de lumière caractéristiques du Caravage, mais aussi la place des personnages, leur attitude, les regards, tout est réfléchi et préparé pour traduire, au-delà des faits, leur résonance et leur sens. Dans Le Martyre de saint Matthieu, les inventions sont également très percutantes. La mise en scène tient là aussi une grande place, tout comme l’utilisation de la lumière et sa valeur symbolique. La cruauté du bourreau, la résignation du martyr, la détresse et l’affolement des témoins de la scène sont autant d’éléments qui touchent le spectateur de manière nouvelle et profonde. Quant aux troisième tableau, Saint Matthieu et l'Ange, placé au dessus de l'autel, il s'y affirmait une telle nouveauté qu'on obligea le Caravage à en peindre une deuxième version. Le premier tableau, refusé pour irrespect, a brûlé à Berlin en 1945.
Le magnétisme du Caravage est tel qu'on ne voit plus, dans d'autres chapelles, ni les fresques du Dominiquin, ni la Sainte Cécile de Raphaël réinterprétée par Guido Reni ‒ dit le Guide ‒ qui feraient pourtant le gloire de bien d'autres églises.

Mémorial de la campagne d'Italie 1943-1944

Sanctuaire français en terre italienne, Saint Louis conserve aussi des dizaines d'émouvantes plaques commémoratives de la campagne d'Italie que mena de novembre 1943 à juillet 1944 le corps expéditionnaire français, issu de l'armée d'Afrique, commandé par le général Alphonse Juin. Qui se souvient aujourd'hui, ailleurs que dans cette église-mémorial de ces 100 000 combattants - dont 54 % de musulmans d'Afrique du Nord - parmi lesquels nous trouvons Alain Mimoun, Vincent Serralda, Ahmed Ben Bella, André Berthier , Mohamed Oufkir et tant d'autres - et de ses 32 000 tués, disparus et blessés, de ces troupes aux noms si prestigieux que furent Tabors, Spahis et Goumiers, ou de ces officiers remarquables que furent les généraux Joseph de Monsabert, Diego Brosset ou François Sevez, qui tous participèrent à la victoire du Garigliano et terminèrent cette campagne par la libération de Sienne où ils défilèrent en libérateurs le 14 juillet 1944 ?

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