Logo Clio
Service voyages
Service voyages
Ravenne
Un arc-en-ciel byzantin
Capitale de l'Empire romain d'Occident au Ve siècle, Ravenne s'est parée d'églises rivalisant de beauté avec celles de Constantinople, son illustre aînée. Ses célèbres mosaïques miroitent toujours de mille feux et continuent d'éblouir le visiteur.

Une ville entre Occident et Orient
Ravenne est « occidentale » dans la mesure où elle est intégrée à la partie occidentale de l'Empire romain après le partage de 395 par Théodose entre ses deux fils. Sa position militaire, près des envahissant Lombards, lui permet de défendre l'Empire grâce à son port quasi imprenable : Classe (Portus Classis). Pour cette raison, en 402, Honorius y transfère la capitale de l'Empire, depuis Milan. Il inaugure avec sa sœur Galla Placidia une série d’édifices prestigieux. Les constructions chrétiennes se multiplient, mais empreintes d'arianisme – déviance religieuse venue d'Orient, pourtant condamnée dès le concile d'Ephèse en 325.
Ravenne est aussi « orientale », dans la mesure où Bélisaire, général de l'empereur Justinien, s'en empare en 540 et la réintègre dans l'empire réunifié autour de sa nouvelle capitale Constantinople. Justinien y rétablit le christianisme orthodoxe et « confisque » les édifices des Ariens. Ravenne bénéficie alors de plus en plus de l'apport des artistes byzantins.

La ville des mosaïques
Les édifices religieux de Ravenne offrent à notre admiration le plus bel ensemble de mosaïques d'Europe. Leur création s'étend du Ve au VIIe siècle dans un contexte complexe de mélange des cultures, mais toutes, pourtant, poursuivent un même but : glorifier le Christ ... et l'Empereur, son apôtre de l'extérieur. Certains témoignent de la permanence de la tradition naturaliste de l'Antiquité, à travers la richesse du décor végétal, les motifs animaliers et le rendu du mouvement des corps. D'autres, comme San Vitale, marquent une évolution vers le hiératisme grandiose des panneaux emblématiques de Justinien et Théodora en majesté.
Les quatre principaux monuments de Ravenne sont, pour le visiteur, les quatre étapes d'un voyage au paradis, sur fond d'or et d'étoiles.

Le mausolée de Galla Placidia
C'est à la sœur de l'empereur Honorius que nous devons les plus anciennes mosaïques de Ravenne (milieu du Ve siècle). Très fines et élégantes, elles se caractérisent par l'étendue de leurs coloris, entre autres les bleus profonds, par l'alternance d'une décoration géométrique, animale et végétale. La coupole sur pendentifs est animée par le scintillement de plus de 800 étoiles d'or qui se détachent sur l'indigo du ciel. Au centre, la croix latine est adorée par la procession des apôtres et les symboles des évangélistes.

Saint-Apollinaire-le-Neuf
Elevée sous le roi ostrogoth Théodoric au Ve siècle, son intérieur est un livre d'images à couper le souffle, couvert de mosaïques sur trois niveaux. En haut, les scènes de la vie du Christ. Entre les fenêtres, 32 saints et prophètes, chacun avec un manuscrit roulé à la main, symbole du prêche traditionnel reçu par le Christ. En bas, deux somptueux cortèges de martyrs et de vierges qui partent chacun du palais de Théodoric ou du port de Classe, dont la représentation minutieuse est aussi une mine documentaire pour les historiens. En tête des vierges, les trois Rois mages, coiffés d'un bonnet phrygien rouge, dans un décor de palmiers très exotique. La composition des deux cortèges, où l'on retrouve la répétition des mêmes motifs, est sans doute une figuration des litanies et, selon l'usage byzantin, chaque personnage porte son nom tracé au-dessus de sa tête.

Saint-Apollinaire-in-Classe
Hors les murs, non loin de l'ancien port fortifié de Classe, sa sobre architecture de briques rouges tranche sur le bleu du ciel et le vert sombre des cyprès. A l'intérieur, c'est l'éblouissement : de part et d'autre de l'ample nef centrale, deux rangées de colonnes de marbre entraînent irrésistiblement le regard vers la coupole de l'abside. Sous le regard d'un Christ au front ridé, entouré des symboles des évangélistes, le cul-de-four s'organise autour de la croix incrustée dans un médaillon semé d'étoiles. Cette croix matérialise la présence effective du Christ car, dans l'art paléochrétien, le signe s'identifie à celui qu'il représente. Au-dessous, saint Apollinaire, en orant, lève les mains vers le ciel, au milieu d'un agreste paysage fleuri, entouré de ses fidèles brebis.

San Vitale
A San Vitale, c'est l'apothéose. Consacrée sous Justinien en 547, elle offre un saisissant contraste entre la robuste sobriété extérieure et les merveilles dorées de sa décoration intérieure qui ressort de deux écoles. Au presbytère, se développe la tradition hellénistico-romaine, avec ses personnages représentés dans les positions les plus diverses. A l'abside, se déploie la facture byzantine, tout en position frontale et hiératisme figé. Les sujets sont trop nombreux pour être détaillés ici, mais quelles que soient leurs qualités, tous sont éclipsés par les panneaux latéraux de l'abside, où la cour s'offre à nous avec un éclat typiquement byzantin.
A gauche, voici Justinien, suivi de l'archevêque de Ravenne Maximien, puis, un peu plus loin, Bélisaire, le fidèle général. L'empereur porte un diadème nimbé, une chlamyde, le manteau impérial : il représente le Basileus dans toute la puissance de son pouvoir religieux et politique.
A droite, l'impératrice Théodora s'avance. Parée elle aussi d'un riche diadème, elle a revêtu un ample manteau pourpre, couleur impériale. Son regard presque extatique nous hantera longtemps.
Sur fond d'or, les tesselles sont posées selon des angles différents pour jouer avec les flots de la lumière qui pénètrent le sanctuaire et font de cet ensemble un enchantement chatoyant.

Ravenne n'est peut-être pas le Paradis, mais elle en est assurément le fascinant reflet.
Pour découvrir Ravenne avec Clio
IT 52 - 5 jours

Bologne, la ville des Carrache, a été marquée par tous les styles, du roman au baroque, etfut la première ville d'Europe à se doter d'une université dès le XIe siècle. Quatre siècles plus tard, la Renaissance ... Découvrir ce voyage
A lire dans la bibliothèque de Clio
L’exarchat de Ravenne et l'Italie byzantine
par Jean-Claude Cheynet

Aujourd’hui paisible ville d’Émilie-Romagne, Ravenne se souvient des époques fastueuses où elle fut capitale de l’Empire romain d’Occident, puis siège d’un exarchat byzantin, exerçant ainsi une ... Lire l'article

 

 
Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter