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Piero della Francesca
Un monde d'ordre et de lumière
Né à Borgo Sansepolcro, qui aurait été fondé par deux moines rapportant de Terre sainte les reliques du Saint Sépulcre, Piero della Francesca (1415/20-1492) grandit dans les paysages toscans de la haute vallée du Tibre. A quelques lieues s'étendent les terres du Casentino, oasis de silence et de lumière. Enfant de la province, Piero préféra toujours la paix des collines plantées de cyprès à l'agitation intellectuelle de Florence. Et ses grands cycles de fresques, dans sa ville natale et à Arezzo, reflètent cette étrange sérénité, comme lunaire et intemporelle.

Florence

C'est pourtant dans la capitale toscane que Piero della Francesca va découvrir sa voie, au contact de l'œuvre de Masaccio et de Fra Angelico. Le premier a imaginé, à Santa Maria del Carmine, une nouvelle conception spatiale et plastique, lui sacrifiant un élément : la couleur. Le second, au couvent de San Marco, a réutilisé les coloris suaves du gothique tardif, mis au service d'une peinture lumineuse. Subjugué, Piero fond les deux traditions et crée un univers unique, harmonieux et impassible. Très tôt, il s'oriente vers une recherche passionnée des lois de la perspective – il leur consacrera d'ailleurs deux traités – et en fait un usage grandiose, sitôt la « leçon » florentine assimilée.

Arezzo

En 1452, Piero se pose pour de longues années à Arezzo, qui devient sa ville d'élection. Dans la patrie de Mécène et de Pétrarque, dans ce petit centre humaniste comme la Toscane d'alors en compte tant, la fresque va, avec lui, atteindre un absolu. Sur les murs de la basilique Saint-François, Piero illustre des épisodes de la légende de la Sainte Croix. Chez lui, l'histoire médiévale, souvent mouvementée et sanglante, se transforme en une spectaculaire action liturgique. Le ton religieux de la représentation ne touche pas seulement la gravité solennelle des gestes des personnages, mais l'espace même dans lequel ils évoluent. L'Homme, seigneur de la Création, semble pouvoir maîtriser un monde réconcilié et idéalement proportionné. Couleur et lumière donnent forme aux êtres, d'abord définis selon les lois éternelles de la géométrie. De la prophétie de la reine de Saba à la victoire de Constantin sur Maxence ou à la fuite de Chosroes avec la Croix, les épisodes sont plein de rebondissements. Mais, surprise ! Au lieu de l'agitation que l'on serait en droit d'attendre, une monumentalité calme s'élève des onze panneaux : sous la lumière du Midi, des visages impassibles, « des masques animés par quelques ombres de passion... dans une paix surnaturelle, grave, ordonnée et lente, lente jusque dans les batailles » (Henri Focillon).

Borgo et Urbino

Dans sa terre natale et les villages des alentours, Piero va, en une longue vie active, produire quelques-unes des plus importantes œuvres de l'art italien du XVe siècle. A Borgo même, il peint la surprenante Résurrection (v. 1463 – Musée national des Marches, Urbino), encore proche des fresques d'Arezzo, dans laquelle l'image triomphale du Christ ressuscité semble évoquée par le réveil vigoureux de la nature. A l'approche de la maturité, les rapports de l'artiste avec la cour d'Urbino s'intensifient. Ce centre de l'art « intellectuel » de la Renaissance, dans son aspiration mathématique et rationnelle, est bien fait pour le séduire. Il peint pour les Montefeltre la sublime Conversation sacrée, aujourd'hui à la Brera à Milan. Au centre de la composition, la Vierge est figée, l'Enfant Jésus, raide, sur ses genoux. De part et d'autre, les différents saints paraissent converser davantage avec eux-mêmes qu'entre eux. Derrière le groupe s'étend un décor Renaissance à l'équilibre parfait, autour d'une coquille de marbre, point focal d'où tout s'ordonne. L'ordre des idées et celui des choses coïncident dans la mathématique de la forme, où la perspective est une pensée philosophique, une dimension du monde.
Mais le Piero théoricien sait aussi se montrer touchant. A Monterchi, petit bourg à quelques encablures de Borgo, sur les murs de la chapelle du cimetière, il faut découvrir sa Madonna del Parto, la « Vierge enceinte ». Dans un geste tout empreint de douceur, elle écarte les pans de son long manteau pour dévoiler au monde son ventre arrondi, porteur de toutes les espérances. L'émotion jaillit, fruit de l'extraordinaire accord entre la fixité de la cérémonie et la vérité humaine.

Ainsi, des premiers ravissements florentins aux ultimes enchantements de la maturité, Piero della Francesca produit une œuvre intemporelle, silencieuse comme les terres qui l'ont vu naître, transparente, mais où les hommes pèsent d'un poids énorme, suspendue dans une immobilité lumineuse.
Pour découvrir l’œuvre de Piero della Francesca avec Clio
IT 47 - 5 jours

Piero della Francesca, peintre et mathématicien, maître de la perspective, dont toute l'œuvre fut inspirée par la « musique des proportions », naquit à San Sepolcro, réalisa le cycle extraordinaire des ... Découvrir ce voyage
 

 
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