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Oplontis
Une villégiature en Campanie
Au cœur de l’été de l’année 79, une violente éruption du Vésuve anéantit sous une pluie de scories incandescentes puis de lave brûlante les villes de Pompéi, Herculanum et Stabies. Ces cités ne sont pas les seules à subir la colère du volcan qui clôt si magnifiquement la courbe alanguie du golfe de Naples. Les riches Romains se sont fait élever, dans cette région au climat paradisiaque et à l’abondance légendaire, quantité de villégiatures qui seront, elles aussi, englouties sous la cendre. La villa d’Oplontis est l’une d’elles, une des plus vastes et des plus belles. Depuis que les fouilles l’ont faite resurgir du néant, elle constitue le plus parfait exemple de la douceur de vivre sous la pax romana.

Une villégiature impériale ?
La villa, chez les Romains de l’Antiquité, ne désigne pas, comme de nos jours, une demeure cossue, mais un domaine agricole où le propriétaire pouvait ou non posséder une habitation de plaisance. Sur la célèbre Table de Peutinger, carte établie au XIIIe siècle d’après un « itinéraire » romain du IVe, la cité d’Oplontis – l’actuelle Torre Annunziata – est représentée, non loin de Pompéi et d’Herculanum. Le nom du propriétaire de cet ensemble plus qu’imposant – la villa comporte près de cent pièces, avec thermes privés, et a été dégagée sur plus de 3 500 mètres carrés – est toujours sujet à discussion. Sur une des nombreuses amphores exhumées, une inscription mentionne « Secundo Poppea », c’est-à-dire « envoyée à Secundo, affranchi de Poppée ». Cela laisse à penser que la villa a pu servir de résidence secondaire à Poppée, seconde femme de Néron. D’autres historiens penchent pour un propriétaire appartenant à la gens des Pison, alliés de Pompée. Quoi qu’il en soit, la villa n’a pu être construite et habitée que par de très riches Romains.

Une construction en deux temps
Cette région de Campanie était devenue, à l'époque républicaine, une sorte de complexe semi-urbain, de faubourg de Pompéi, occupé par les villas de l'aristocratie romaine après la colonisation du site par Lucius Cornelius Sylla et la confiscation des biens samnites qu'elle avait entraînée.
La demeure a connu deux phases de réalisation architecturale. Dans la première phase, datée du milieu du Ier siècle av. J.-C., la villa était organisée autour de l'atrium, comme dans la domus traditionnelle, et se répartissaient autour de cet espace des pièces destinées essentiellement à la résidence du propriétaire, dont le triclinium ou salle à manger, avec ses triples banquettes. S'est ajouté plus tard à ce corps de logis un complexe thermal construit autour d'un petit portique tétrastyle et disposant d'une cuisine, d'un caldarium, d'un tepidarium. Lors de la deuxième phase, à l'époque impériale julio-claudienne (Ier siècle de notre ère), la villa fut rénovée dans son décor pictural et enrichie d'un nouveau quartier ouvert sur une grande piscine à l'est. En pénétrant dans la villa d’Oplontis, nous entrons dans un univers magnifique de richesse et de mémoire.

Luxe, calme et volupté...
En 79, la villa était en travaux, si bien qu’aucune victime ni objets de la vie quotidienne n’y ont été découverts. Avec ses agrandissements, elle ne présente pas le plan type de la domus romaine mais plusieurs zones aux fonctions bien définies, communiquant par des couloirs. Des péristyles entourent les bâtiments, et des jardins ajoutent à l’élégance de l’ensemble. Oplontis comporte un sous-sol et un étage, réservé au logement des domestiques. En déambulant à l’intérieur des pièces préservées, on longe un corridor, avec ses bancs le long du mur, pour rejoindre l’atrium, centre de la maison, où les habitants passaient l’essentiel de leur temps. Le toit est ouvert par un compluvium d’où l’eau de pluie tombe dans un bassin (impluvium). Les murs peints en trompe l’œil sont une pure merveille. La décoration joue avec l’illusion de paysages entrevus entre des colonnades, des portiques, des portes. Typique du deuxième style, ce décor à trois dimensions est traité dans une conception résolument architectonique. On entre ensuite dans l’élégante salle de réception, avec son sol en mosaïque, ses murs peints et sa vue sur la mer. Qui dit réception, pense cuisine : elle semble prête à servir, avec ses niches pour le bois de chauffage et sa vasque circulaire pour l’évacuation des eaux sales. On peut voir encore les nombreuses chambres, aux murs peints, avec les alcôves où étaient placés les lits. Partout, les perspectives ménagées portent à son apogée l'art du trompe-l’œil. Le décor pictural des pièces ouvrant sur de petits jardins extérieurs, en représentant des paysages luxuriants peuplés de fleurs et d'oiseaux étonnants, décorés de somptueuses fontaines, se fait le prolongement de la nature environnante, devenue elle-même œuvre d'art grâce au talent des jardiniers paysagistes. Des motifs décoratifs, tel le paon, les masques d’acteurs, les paniers de fruits, se retrouvent dans plusieurs pièces, laissant supposer une composition globale de la décoration. Rien n’a été oublié pour l’agrément des propriétaires : une très vaste piscine (natatio), de taille plus qu’olympique, est creusée dans un coin du complexe. Elle devait être entourée d’une végétation luxuriante de bananiers, oliviers, citronniers. Un grand portique la longe, où joue la lumière du Midi, encore accentuée par les murs peints en clair et, à l’époque, le miroitement de l’eau… Oplontis est bien la quintessence d’une civilisation qui a porté au plus haut une magnificence raffinée.
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IT 42 - 8 jours

La Campanie était, pour les Anciens, un paradis béni des dieux et Tacite regrettait que ses côtes si fécondes eussent été dévastées par la terrible éruption du Vésuve de 79, fatale à la douceur de vivre ... Découvrir ce voyage
 

 
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