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L'hypogée des Volumnii
L'éternité des Etrusques
Tout près de Pérouse, dans les doux paysages ombriens qui furent un temps le cœur des terres étrusques, l'hypogée de la famille des Volumnii est sans doute la plus belle des tombes de ce type. Par le truchement de leur riche demeure reconstituée dans le tuf tendre de la région, plusieurs générations de Volumnii nous parlent, par-delà les millénaires, de l'art de vivre et de mourir de ces peuples si fascinants.

Les Etrusques et Pérouse

Bien avant que Rome n'affiche ses ambitions hégémoniques sur la péninsule italienne, les Etrusques ont été les premiers à affirmer un pouvoir solide au cœur d'une vaste zone géographique, allant des anciennes cités villanoviennes proches de Bologne, jusqu'à l'Etrurie proprement dite, entre Toscane, Ombrie et Latium. Leur puissance les mènera même à dominer Rome : on se souvient que les derniers rois de la cité du Tibre étaient étrusques, jusqu'à la déposition de Tarquin le Superbe en 509 avant J.-C. et le basculement dans la République. L'irrésistible ascension de Rome ne se fera pas facilement, et les trois siècles suivants seront ponctués de conflits récurrents avec les cités étrusques, bien décidées à vendre chèrement leur peau face à la cité de la Louve. Après la prise de Véies par Camille en 396, Pérouse devient un des principaux centres étrusques et le restera longtemps. La ville connaît un apogée aux IVe et IIIe siècles, avant de décliner par la suite, quand l'essentiel de l'Etrurie aura été soumise. Elle a préservé jusqu'à nos jours d'imposants tronçons de son enceinte fortifiée, longue à l'origine de trois kilomètres, splendide ouvrage de blocs carrés taillés dans le travertin local. Nombre de ses portes, toujours en usage à l'époque romaine, ont subsisté, comme le célèbre Arc étrusque. Son architecture est typique du savoir-faire des bâtisseurs locaux. De gros blocs assemblés sans mortier, une ouverture placée entre deux tours en pyramides tronquées surmontée d'un arc en plein cintre sur lequel court l'inscription romaine Augusta Perusia, une frise de boucliers qui alternent avec de petits pilastres ioniques. L'ensemble affirme la solidité du pouvoir des Etrusques, récupéré et prolongé par leurs vainqueurs romains. La visite des vestiges étrusques de Pérouse vient heureusement compléter la découverte de la nécropole des Volumnii.

L'hypogée des Volumnii

Le voile de mystère qui a longtemps entouré les Etrusques est de plus en plus levé par les archéologues et les historiens. On connaît bien leur art de vivre, grâce aux objets trouvés dans les nécropoles, et grâce aux fresques, souvent très gaies, qui nous les présentent dans leur vie quotidienne. Les Volumnii, bien représentatifs de cette « classe moyenne supérieure » étrusque qui a toujours joué un rôle politique majeur aux temps de l'indépendance, mais aussi après le triomphe de Rome, ont tenu à soigner leur demeure d'éternité autant que leur demeure terrestre. L'hypogée a été découvert par hasard par un paysan en 1840 et il n'a cessé depuis d'être étudié et admiré. Il date de la moitié du IIe siècle avant J.-C., mais est resté en service quasiment jusqu'à l'Empire. Un banal pavillon d'entrée posé au bord de la route sert de petit musée où sont exposées quelques-unes des urnes funéraires mises au jour dans la nécropole. Un escalier constitue le dromos ou couloir qui mène à l'hypogée, et fait communiquer le monde des vivants et celui des morts. L'hypogée, assez vaste, est constitué de dix chambres aux belles dimensions, creusées dans le tuf tendre. Pour quitter avec moins de regrets leur belle demeure campagnarde, les Volumnii ont donné à leur tombeau la disposition exacte d'une riche maison romaine. Dès l'entrée, on pénètre dans une grande pièce rectangulaire, censée représenter l'atrium. Comme lui, elle distribue les autres chambres, notamment le tablinium, doté d'une couverture à double pente. Il est décoré de deux serpents d'argile, tandis qu'au dessus de l'arc qui communique avec la chambre funéraire principale, un médaillon s'orne d'une tête de Gorgone, astucieuse façon d'éloigner esprits malfaisants et voleurs éventuels. La fonction apotropaïque de Méduse a sans doute fonctionné puisque la chambre funéraire a été découverte intacte. Toute la famille des Volumnii est représentée, éplorée autour du lit de mort, où le patriarche est allongé comme pour un banquet funéraire. Tout le monde est là : Arruns Volumnius est flanqué de son épouse, Veilia Volumnia, tous deux entourés de leurs enfants et petits-enfants, dont le dernier, Publius Volumnius. Si ses grands-parents portent des prénoms étrusques, lui a reçu un prénom bien romain, révélant clairement l'évolution d'une famille qui s'est progressivement romanisée. Publius Volumnius, qui a vécu au Ier siècle avant J.-C., était citoyen romain...
Digne pendant en pierre des splendides sarcophages de terre cuite qui ont immortalisé l'image des Etrusques, l'hypogée des Volumnii nous renvoie de l'au-delà la splendeur d'une civilisation qui n'a pas fini de nous fasciner.
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IT 57 - 8 jours

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