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Les Chapelles médicéennes à Florence
Michel-Ange, la solennité et le tragique
La maison de Médicis est sans doute la plus prestigieuse d'Italie, ne serait-ce que parce que son nom est indissolublement lié à Florence, ville symbole de l'époque artistique la plus brillante qu'ait connue la péninsule. Mécènes sans égaux, les Médicis voulurent, pour leurs palais comme pour leurs dernières demeures, s'attacher les meilleurs artistes de leur temps. Michel-Ange était assurément le premier d'entre eux. Leur rencontre était inévitable : nous lui devons la splendeur des chapelles médicéennes.

La chapelle des Princes

Si l'on veut garder le meilleur pour la fin, il faut d'abord s'attarder dans la chapelle des Princes. Derrière le chœur de l'église San Lorenzo, au centre du quartier le plus commerçant de Florence, Cosme Ier, grand-duc de Toscane, prend, dès 1568, des dispositions en vue de faire construire une chapelle qui servirait de lieu de sépulture aux Médicis, revenus récemment aux affaires après une douloureuse éclipse. Le premier projet de Vasari ne sera pas exécuté, et c'est finalement Buontalenti qui se charge de l'érection, sur un dessin de don Jean, le propre frère du grand-duc. Cette chapelle, commencée en 1605, apparaît comme un espace octogonal à coupole, à la décoration somptueuse de marbres rares et de pierres précieuses avec un autel réalisé en pietra dura (pierres dures), ce travail typique des ateliers florentins, qui allie précision des dessins et chatoiement des couleurs. Six énormes sarcophages de granit égyptien, de jaspe vert de Corse et de granit gris oriental occupent les murailles de la chapelle. Ils sont dédiés à la mémoire des grands-ducs qui reposent dans une crypte en dessous, en compagnie de plus de quarante de leurs neveux et nièces, cousins et cousines. L'ensemble, d'un effet somptueux, n'arrive tout de même pas à chasser l'impression d'un faste funèbre et d'une richesse morte...

La rencontre d'une famille et d'un génie
Trois générations plus tôt, on a assisté à un de ces moments rares dans l'Histoire : l'osmose parfaite entre des gens de goût et un génie universel. Le cardinal Jules de Médicis, fils naturel de Julien, qui sera plus tard le pape Clément VII, tient à honorer ses aïeux. En 1521, il commande à Michel-Ange une chapelle funéraire que l'on appellera plus tard Nouvelle Sacristie, car elle est le pendant symétrique de la sacristie de San Lorenzo, chef-d’œuvre, elle, de Brunelleschi. L'artiste y travaille quinze ans, sans jamais parvenir à l'achever. En effet, en 1534, Michel-Ange quitte Florence pour Rome. Les statues des ducs sont montées, mais le mur d'entrée n'est pas terminé et plus personne ne se souciera de son achèvement. Mais, même ainsi, l'ensemble est un des plus saisissants témoignages de la force d'expression de Michel-Ange.
Elle se manifeste d'abord dans l'architecture. L'artiste reste fidèle à la conception de Brunelleschi, mais il va l'exacerber. Le blanc du marbre contraste davantage avec les membrures des pierres, les saillies font ressortir les ombres, dotant l'ensemble d'une beauté austère et mélancolique. Cette sévérité harmonieuse met superbement en valeur la force de suggestion des tombeaux. Car si l'artiste est un remarquable architecte, il est peut-être plus encore un sculpteur hors du commun. Ici, la statue n'est plus seulement un élément décoratif, mais elle devient l'essentiel. Elle s'impose à l'architecture, devenant le triomphe de l'expression personnelle de l'artiste.

L'exaltation héroïque d'un type humain

Deux personnages assez falots sont immortalisés ici. A gauche, Laurent II, duc d'Urbino, mort en 1519. A droite, Julien, duc de Nemours, mort en 1515. Ils sont respectivement petit-fils et fils de Laurent le Magnifique. La statue de Laurent II symbolise la réflexion. Sa tête, légèrement inclinée vers l'avant, son index posé sur sa bouche, l'ont fait surnommer « Le Penseur ». Quatre siècles plus tard, Rodin saura s'en souvenir. A ses pieds, couchées sur le sarcophage, deux allégories antinomiques : le Crépuscule, sous les traits d'un homme, que l'inachèvement rend un peu irréel. Et puis l'Aurore, jeune femme encore ensommeillée.
Julien est représenté en militaire, avec cuirasse et bâton de commandement. Il est flanqué du Jour, lui aussi inachevé, et surtout de la célèbre Nuit. Une jeune femme endormie a pris une pose alanguie, d'une sensualité certaine, malgré la chair un peu flasque qui annonce le début du déclin. L'allégorie est évidente : le temps entraîne l'Homme vers la mort inévitable, d'autant plus tragique ici quand on pense que les deux Médicis sont morts très jeunes. Les statues des princes donnent seules un sentiment d'équilibre, les quatre allégories semblant, elles, glisser des consoles trop étroites sur lesquelles elles s'allongent. Pour Michel-Ange et les néo-platoniciens qui triomphent à cette époque, la beauté visible n'est qu'une image imparfaite de la beauté divine. Aussi l'artiste ne doit-il pas copier la beauté matérielle qui s'offre à lui, mais, comme Zeuxis dans l'Athènes antique, trier les éléments que lui offre la nature. Les sculptures de Julien et de Laurent ne sont donc pas des portraits, mais l'exaltation héroïque d'un type humain, marqué par la contrainte tragique du destin. Un nouveau monde est en train de naître, qui annonce déjà le Baroque.

L'œuvre de Michel-Ange est empreinte de la puissance déçue et de la passion malheureuse qui accable l'artiste. Il travaille aux sculptures de 1526 à 1531, à une époque tragique qui voit la prise et le sac de Rome par les impériaux (1527) et, sous la pression de Charles-Quint, la fin de la République florentine et le retour à la Florence de Médicis médiocres.
Dans une stance, Michel-Ange, qui fut aussi un grand poète, fait dire à la Nuit une phrase qui pourrait tout aussi bien s'adresser à nous, visiteurs : « Ne pas voir, ne pas entendre est un bonheur en ces temps d'opprobre et de honte. Ne m'éveille pas, je t'en conjure... parle bas... »
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