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L'église du Gesù
Modèle universel de l'architecture baroque
Non loin de la Piazza Venezia, s’élève à Rome l’emblématique Chiesa del Gesù, la principale et la plus ancienne église jésuite de la ville. Dès 1550, saint Ignace de Loyola, père fondateur de l’ordre, souhaitait édifier dans la Cité éternelle une église digne de représenter la Compagnie. Si le chantier ne débuta véritablement qu’en 1568, soit douze ans après sa mort, l’édifice fut cependant destiné à abriter son tombeau, ainsi qu’une somptueuse chapelle dédiée à sa mémoire. Mais c’est surtout comme modèle de l’architecture jésuite et baroque que le Gesù devint universellement célèbre.

Solennelle et harmonieuse, sa façade à deux niveaux surmontée d’un fronton est rythmée de pilastres et de colonnes, mais aussi encadrée par deux puissantes volutes renversées. A l’extérieur, sobriété de la pierre, symétrie des courbes, rectitude des lignes verticales s’imposent ainsi au regard, tout en instaurant de subtils jeux d’ombres et de lumière. A l’intérieur, l’emportent en revanche la profusion décorative et l’exubérance colorée à travers ors, stucs, marbres, bronze, tableaux et statues tandis que les trompe-l’œil figurés sur la voûte laissent s’animer élus et damnés du Jugement dernier et suggèrent à la fois le vertige et la pesanteur, l’ascension et la chute. Réalisé dans la seconde moitié du XVIIe siècle, ce décor foisonnant répond bien aux exigences esthétiques de la Contre-Réforme qui visait à la fois à toucher le fidèle par le biais de l’émotion, tout en le rendant acteur de la vision théâtralisée qui s’offrait ainsi à lui. Inspiratrice d’un nouveau style et copiée à de maintes reprises, en Europe et jusqu’au Nouveau Monde, l’église du Gesù contribua, autant par son architecture que par son décor, à renouveler durablement l’art sacré.

Un prestigieux commanditaire : le cardinal Farnèse

A travers la Bulle Regimini militantis du 27 septembre 1540 le pape Paul III avait approuvé la Compagnie de Jésus comme ordre religieux et lui avait accordé, quelques mois plus tard, le bénéfice paroissial de la chapelle Notre-Dame de la Strada. Du vivant de saint Ignace fut lancée dix ans plus tard une première campagne de travaux en vue de la remplacer, au même endroit, par une église plus grande et plus prestigieuse. Mais, en raison de difficultés financières, ce projet, confié alors au sculpteur et architecte Nanni di Baccio Bigio, fut rapidement abandonné. En 1554, on demanda cette fois à Michel Ange d’initier un nouveau chantier, avec un projet mieux adapté aux exigences du lieu. Saint Ignace assista à nouveau à la pose de la première pierre, mais la construction fut là encore interrompue en raison de difficultés de voisinage. Et c’est seulement sous son successeur, le père François de Borgia, nommé à son tour préposé général des jésuites que l’église actuelle put véritablement voir le jour grâce à l’inconditionnel soutien financier du cardinal Farnèse. Celui-ci inaugura en grande pompe le début des travaux le 26 juin 1568. Par la suite et comme un hommage rendu, son nom fut d’ailleurs inscrit au centre de l’édifice sur le bandeau séparant les deux étages de la façade.

Deux architectes successivement à l’œuvre

Alexandre Farnèse confia la réalisation du Gesù à l’architecte Jacopo Barozzi, dit « le Vignola » (1507-1573), qui conçut, sur un plan en croix latine, une unique et large nef, surmontée d’un haut plafond en forme de voûte. Vaste et majestueux, cet espace était particulièrement adapté, par sa lumière et son acoustique, aux exigences pratiques de la prédication et concourait aussi à la solennité de la liturgie catholique. Lorsque Vignola se retira – avant de mourir deux ans plus tard –, la croisée du transept n’était pas encore tout à fait terminée. L’architecte Giacomo della Porta (1533-1602) se chargea de l’achever et mena aussi à bien la construction de la coupole et de l’abside. Mais on lui doit surtout le dessin emblématique de la façade, dont l’inspiration, en partie renaissante, inaugurait déjà un nouveau souffle esthétique. Ouverte aux fidèles dès 1575, l’église ne fut cependant achevée qu’en 1584 et consacrée le 25 novembre de la même année sous le pontificat de Grégoire XIII.

L’apothéose baroque

Lorsque le cardinal Farnèse vint à mourir en 1587, les murs restaient presque entièrement nus et la plupart des tableaux inachevés, notamment La Circoncision commandée à Girolamo Muziano (1532-1592) pour le maître-autel. Il fallut en effet attendre la seconde moitié du XVIIe siècle pour que le Gesù reçoive sa foisonnante décoration d’ors et de stucs, de marbre et de fresques. La fresque centrale de la voûte, dénommée Triomphe du Nom de Jésus, ne fut ainsi réalisée par Giovanni Battista Gaulli, dit « le Baciccia » (1639-1709), qu’entre 1672 et 1685. Considérée comme un chef-d’œuvre de décor baroque, elle laisse sortir du cadre nuées, rayons et personnages, qui s’animent à la manière de trompe-l’œil en même temps que prennent vie les figures de stuc d’Antonio Raggi (1624-1686). Au centre, apparaît dans un halo de lumière le monogramme IHS, signifiant Jésus sauveur des hommes.

A la même époque furent complétées les deux chapelles du transept : d’un côté celle de Saint-François-Xavier et de l’autre celle particulièrement somptueuse de Saint-Ignace, abritant l’urne funéraire en lapis-lazuli du fondateur des jésuites. Dessinée par le frère Andrea Pozzo (1642-1709), rendu maître dans l’agencement de l’espace intérieur et dans les effets de perspective cette chapelle affirme le triomphe de l’église catholique, tout en glorifiant la Compagnie de Jésus. Placé au-dessus du tombeau d’Ignace de Loyola, l’autel monumental, revêtu d’or, de marbre vert, de bronze doré, est orné en son centre d’une statue du saint, en marbre et en argent, sculptée à l’origine par le Français Pierre Le Gros le Jeune (1666-1719). Si les aléas de l’histoire obligèrent le pape Pie VI à la fondre, pour s’acquitter des sommes exigées par Bonaparte, à la signature du traité de Tolentino en 1797, elle fut, cependant, reconstituée dès le début du XIXe siècle dans l’atelier de Canova. Celui qui avait tant désiré la construction de l’église du Saint Nom de Jésus, sans jamais la voir de son vivant, retrouvait ainsi pour la postérité la place que lui avait réservée ici l’ordre qu’il avait lui-même fondé.
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