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Le Grand Canal de Venise
La plus belle avenue au monde
Principale artère de Venise, le Grand Canal dessine au cœur de l'ancienne cité des Doges un large S inversé, serpentant sur près de quatre kilomètres depuis le bassin de Saint-Marc jusqu'à la gare de Santa Lucia. Bordé de somptueux édifices – en majorité des palais, mais aussi des églises et des fondaci –, il suit son cours à travers une profusion de couleurs, de matériaux et de styles architecturaux, qui suscite, associée aux reflets changeants du ciel et de l'eau, un sentiment diffus d'émerveillement. Encore aujourd'hui, le visiteur traversant en gondole ou en vaporetto, le Canalezzo – selon le dialecte vénitien – semble s'affranchir de l'espace-temps ordinaire. S'embarquant pour un véritable voyage dans l'histoire de l'art depuis le Moyen Age jusqu'au Settecento, il voit aussi s'instaurer au fil de l'eau une troublante adéquation entre l'art et le monde. Comme Marcel Proust, il croit admirer alors, dans ce féerique théâtre à ciel ouvert, des demeures ressemblant à « des sites de la nature, mais d'une nature qui aurait créé des œuvres avec une imagination humaine ».

A l'origine
Venise prit véritablement naissance au début du IXe siècle, au moment de la guerre menée par Pépin le Bref contre les Vénètes. Pour des raisons défensives, les habitants de la lagune se réfugièrent sur les minuscules îlots de Rivo Alto, qui correspondraient par la suite au quartier marchand du Rialto. Reliées les unes aux autres par une multitude de ponts, ces îles formèrent rapidement un ensemble cohérent traversé en son centre par un large bras de la Brenta, le futur Grand Canal. Quelques décennies plus tard, en 828, la translation, depuis Alexandrie jusqu'à Venise, des reliques du corps de saint Marc et la construction d'une première basilique dédiée à l'évangéliste au lion ailé, consacrèrent définitivement la suprématie de la nouvelle cité, appelée à devenir, à la croisée de l'Orient et de l'Occident, l'une des plus grandes puissances maritimes et commerciales. Un trafic incessant d'embarcations vit ainsi le jour sur sa principale voie d'eau, suffisamment large – de 30 à 70 mètres – pour permettre le passage des plus grands navires.
Ouvert sur le bassin de Saint-Marc, ce canal grande symbolisait aussi l'étroite relation entre Venise et l'eau, sanctifiée depuis le XIIe siècle par la cérémonie de mariage du doge et de la mer. Chaque année, le jour de l'Ascension, le premier magistrat de la ville s'embarquait à bord du Bucentaure, magnifique galère de parade, et prenait alors la tête d'un extraordinaire cortège de gondoles avant de jeter symboliquement dans l'Adriatique son anneau d'or. Chère aux Vénitiens, cette coutume fut souvent raillée par les visiteurs étrangers, notamment par Joachim du Bellay, évoquant dans ses Regrets « ces vieux cocus » qui « vont épouser la mer, dont ils sont les maris et le Turc l'adultère ».

Une succession unique au monde de palais à fleur d'eau
L'afflux toujours plus important de richesses et la montée en puissance de la classe patricienne contribuèrent à embellir le paysage architectural de la ville. Au XIIIe siècle déjà, de nombreux palais, devant lesquels on pouvait accoster, s'ouvraient sur le Grand Canal. Edifiés dans le style dit vénéto-byzantin, ils assumaient – au titre de fondaci – la double fonction de demeure et d'entrepôt. A fleur d'eau, un vaste portique, surmonté d'arcs en plein cintre, facilitait le déchargement des marchandises. La partie supérieure, décorée de marbre sculpté, de frises ornementée ou historiée témoignait de l'influence byzantine, particulièrement prégnante à Venise depuis le sac de Constantinople. Près du Rialto, la Ca' da Mosto constitue l'un des plus anciens témoignages de ce style architectural au même titre que le Fondaco dei Turchi, dont les deux séries d'arcatures surhaussées témoignent encore de la même esthétique.
Originaire d'Europe du Nord, le gothique fleurit partout à Venise entre le XIIIe et le XVe siècle. Teinté de réminiscences mauresques, il donne naissance, le long du Grand Canal, à un nouveau décor d'architecture, marquant dans la pierre le règne de l'arc brisé et de la dentelle ouvragée. Ambassadeur de Charles VIII à Venise en 1495, Philippe de Commynes découvre avec émerveillement cette large rue appelée le Grand Canal, « la plus belle et la mieux maisonnée au monde ». Parmi ces magnifiques demeures se distingue déjà la Ca d'Oro, édifiée au début du XVe siècle par les architectes Giovanni et Bartolomeo Bon et offrant au regard l'une des plus somptueuses expressions du gothique vénitien. Subjugué par la splendeur de sa façade asymétrique, l'écrivain André Suarès l'associera des années plus tard à « un sourire de femme » dont « le visage respire la sérénité du bonheur » tandis que « le Grand Canal mire cette douceur sereine ».
L'esthétique de la Renaissance ne pénètre que tardivement dans la lagune, mais selon l'expression de Fernand Braudel, elle laisse s'y épanouir des « fruits éblouissants d'arrière-saison », ainsi, le long du Grand Canal, le grandiose palais Corner de la Ca' Grande, inspiré en partie de l'Antiquité romaine, et construit en 1532 par Jacopo Sansovino. Le temps poursuit sa course sur les eaux mouvantes du Canalezzo et, à partir de 1632, s'élève au-dessus d'elles l'imposante basilique de la Salute, édifiée à la suite d'une épidémie de peste. Son architecte, Baldassare Longhena, est aussi à l'origine de deux des plus beaux palais baroques bordant le Grand Canal, à savoir la Ca Pessaro et la Ca Rezzonico, abritant aujourd'hui le musée du Settecento.

Le temps des vedute et le rayonnement culturel du Grand Canal
A partir du XVIIIe siècle, la Sérénissime amorce lentement son irrémédiable déclin. Le Palazzo Grassi – dont les travaux commencés en 1705 durent quarante ans – est ainsi le dernier palais construit sur le Grand Canal. Œuvre de Gorgio Masari, son élégante et sobre façade, teintée d'un jaune légèrement rosé, s'apparente au style néoclassique. Si le dessin architectural de la ville, et par conséquent du Grand Canal, semble désormais se figer, il s'anime pourtant d'une vie nouvelle sous les pinceaux des grands védutistes, comme Canaletto et Guardi, dont l'Europe entière raffole. Venise s'impose dès lors dans l'imaginaire comme la capitale de la beauté et devient une étape obligée du « Grand Tour ». Malgré l'invasion des troupes napoléoniennes en 1797 et la perte définitive de son indépendance, l'ancienne cité des Doges exerce toujours la même fascination sur les artistes, et le Grand Canal demeure pour Turner, Renoir, Manet, Monet ou encore Félix Ziem, un lieu privilégié d'inspiration.
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