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Le couvent San Marco
Eternelle demeure de Fra Angelico
Véritable havre de paix, au cœur du centre de Florence, le couvent San Marco abrite derrière la façade néoclassique de son église l’un des plus beaux trésors artistiques et spirituels de la cité des Médicis. Aménagé au XVe siècle par Michelozzo, architecte favori de Cosme l’Ancien, le monastère fut en effet décoré à fresque par Fra Angelico, moine dominicain, célébré par Vasari comme « père véritablement angélique », et dont la piété exemplaire n’avait d’égal que son génie créateur. Entre 1438 et 1443, cinquante fresques, dont vingt directement de sa main, vinrent ainsi orner cellules des moines et parties communes.

Animées d’une douceur surnaturelle, les scènes de la vie du Christ et de la Vierge Marie sont restituées sous le signe d’un extrême dépouillement, conforme à l’idéal de pauvreté prôné par saint Dominique. Baignées dans la lumière, elles témoignent aussi ici-bas de la grandeur céleste et, aujourd’hui autant qu’hier, incitent le spectateur à la méditation.

Transformé en musée au moment de l’unité italienne, le couvent San Marco n’accueille dorénavant des religieux que dans ses parties plus récentes, mais reste à jamais sur la terre la demeure de Fra Angelico. Dans la salle capitulaire furent en effet rassemblées, en 1870, toutes ses œuvres disséminées dans les églises de Florence et des alentours. Depuis lors, l’ensemble des collections réunit ainsi une centaine de fresques et de tableaux, qui apparaissent comme autant de « ponts vers le ciel. »

Des sylvestrins aux dominicains : la renaissance du couvent florentin

Erigé en 1299, le monastère fut administré pendant plus d’un siècle par les membres de l’ordre de saint Sylvestre. Mais, au fil du temps, ces derniers n’accordèrent pas plus d’importance à son entretien qu’au respect de la règle. Parce qu’ils vivaient « sans chasteté ni pauvreté », ils furent finalement évincés, le 21 janvier 1436, sur ordre du pape Eugène IV, au profit des dominicains de Fiesole. Cosme de Médicis, ainsi que Laurent, son frère cadet, avaient largement intercédé en leur faveur et, soucieux l'un et l'autre autant de leur prestige personnel que du salut de leur âme, ils n’hésitèrent pas à financer la rénovation du couvent. Elle fut menée de 1437 à 1452 par Michelozzo, avec, pour dernière phase, l’aménagement de la bibliothèque San Marco, destinée à abriter les manuscrits légués par l’humaniste Niccolo Niccoli aux Médicis.

Un art conçu pour l’émerveillement de l’âme

Dans le même temps, le prieur de la communauté, le futur saint Antonin et bientôt archevêque de Florence, confiait à Fra Angelico, appelé alors frère Giovanni da Fiesole, la réalisation des fresques du cloître, de la salle capitulaire, des corridors du dortoir et des quarante-trois cellules. Parmi celles-ci, onze furent entièrement décorées par le maître, qui s’appuya pour les autres sur ses élèves, notamment Giovanni, son propre neveu, mais aussi Zanobi Strozzi et Benozzo Gozzoli. Volontairement épurées, réduites à l’essentiel, elles semblent traduire avant tout l’absolu de la quête spirituelle. Cachées pendant plusieurs siècles au regard du public, elles n’avaient d’ailleurs d'autre fonction que de fortifier l’âme des religieux. Seuls quelques visiteurs de marque et prélats de la plus haute importance eurent le privilège de séjourner dans celle réservée à l’origine à Cosme de Médicis, plus spacieuse et dédiée à l’Adoration des mages. Dans les autres cellules, c’est à l’intimité de la prière que s’offraient la Déploration sur le corps du Christ, la Transfiguration ou encore le Christ aux outrages, tandis que, sur le mur nord du corridor, se déployait l’Annonciation dite « du haut de l’escalier », célèbre aujourd’hui partout dans le monde, et qu’au rez-de-chaussée, au fond du cloître, on pouvait contempler Saint Dominique au pied de la croix.

Dans l’une et l’autre de ces œuvres, la simplicité de la narration, la pureté des lignes, le refus de l’ornementation et la sourde délicatesse s’imposent comme une évidence, mais ne s’opposent jamais au dynamisme de la composition, au rendu réaliste des corps et des drapés, au naturalisme des visages et des éléments du paysage. Car c’est déjà en véritable artiste de la Renaissance, au fait des innovations initiées par Masaccio, que Fra Angelico parvient à manifester en peinture une véritable poétique de la douceur et de l’intériorité.

D’incomparables trésors

Parmi les peintures sur bois conservées au musée San Marco, prend d’ailleurs place une œuvre considérée comme la première Sacra Conversazione de l’histoire de l’art : le retable dit « d’Annalena », du nom du couvent qui l’abritait autrefois. Fra Angelico renonce ici à disposer les différents saints sur les volets latéraux d’un triptyque, mais inaugure un genre nouveau, en les réunissant dans un unique espace autour de la Sainte Vierge.

Ailleurs, dans la Déposition du Christ, destinée à l’origine l’église de la Sainte-Trinité, l’équilibre de la composition est fondé sur de savantes diagonales, tandis que la délicatesse des carnations, la variété des expressions et des attitudes témoignent là encore d’une attention nouvelle, portée cette fois au réalisme des figures. Au centre du tableau, la critique n’a-t-elle pas reconnu, dans le visage de l’homme à la coiffe noire, les traits de Michelozzo, contemporain du peintre et architecte du couvent San Marco ?

Mais des collections du musée se détache un autre portrait, réalisé cette fois par Fra Bartolomeo, quarante après la mort de Fra Angelico : celui de Jérôme Savonarole, prédicateur dominicain, demeuré symbole de fanatisme, et dont le souvenir ainsi ravivé ne parvient pas à occulter la douce et immuable sérénité léguée à ces lieux par l’un des plus grands peintres du Quattrocento.
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