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Le Castel Nuovo
Les Aragons et l'art de la Renaissance à Naples
Le Castel Nuovo de Naples domine depuis le XIIIe siècle une baie dont les beautés naturelles étaient déjà chantées par les poètes de l'Antiquité. Tourné vers l'ouest, il semble orienter avec lui toute la ville vers la mer. Son architecture composite impressionne le spectateur. Elle lui révèle d'emblée l'âme d'une cité riche de contrastes, souvent désignée comme « un paradis habité par des diables ». En même temps forteresse et palais d'agrément, le Castel Nuovo associe la pierre noire volcanique au marbre blanc de Carrare, les lignes rudes et austères de ses tours défensives à l'élégance subtile d'un arc triomphal. Inscrit au patrimoine mondial de l'humanité depuis 1995, il incarna au Moyen Age comme à la Renaissance le centre du pouvoir.

La construction par les souverains angevins
L'avènement à Naples de la dynastie angevine entraîna l'édification d'un « château neuf ». Charles Ier, le frère de saint Louis, désigna Pierre de Chaules comme architecte en 1279. Nous connaissons mal l'aspect originel du bâtiment. Seule demeure à l'intérieur une chapelle dont la réalisation fut commanditée par Charles II. Reprenant les canons de l'architecture gothique française, elle fut achevée sous le roi Robert qui fit venir Giotto pour la décorer. D'après Vasari, l'illustre peintre « se voyant appelé par un roi d'une telle renommée, se rendit volontiers à sa demande » et exécuta des fresques inspirées de l'Ancien et du Nouveau Testament, dont, malheureusement, il ne reste plus que quelques fragments.
Le visiteur se plaît pourtant à imaginer le faste de cette cour angevine, accueillant de si grands artistes et se souvient qu'à la même période, le Castel Nuovo fut le théâtre, le 13 décembre 1294, d'un des événements les plus remarquables de l'histoire médiévale : le « grand refus » de Célestin V, l'un des rares papes à avoir renoncé à sa charge !

La cour aragonaise et la seconde naissance du Castel Nuovo
Mais c'est surtout le souvenir de la cour aragonaise que l'on aime partout retrouver en ces lieux. Au terme d'une longue guerre de succession, le roi Alphonse V d'Aragon l'emporta sur René d'Anjou et se rendit maître de Naples le 2 juin 1442. Son cortège triomphal fut immortalisé à l'entrée du Castel Nuovo par un arc de marbre étagé, décoré d'une frise narrative qui commémorait l'événement. Colonnes jumelées, personnages historiques, figures allégoriques, tritons et musiciens s'offrent tour à tour au regard du visiteur, sans oublier saint Michel, posté au sommet telle une bienveillante sentinelle.
Inspiré de l'art romain impérial, le monument fut l'œuvre de nombreux artistes prestigieux, dont Piero Martino de Milan et Francesco Laurana. En ce début de la Renaissance, il témoigne avec force du rayonnement culturel de Naples, sous l'égide du roi Alphonse.
Surnommé le Magnanime, il fut en effet un mécène généreux et éclairé, féru de culture humaniste. On rapporte qu'il fit reconstruire le Castel Nuovo en s'inspirant sans cesse de Vitruve, dont il pouvait consulter à loisir les écrits dans sa célèbre bibliothèque.
C'est donc en connaisseur averti et exigeant qu'il confia le chantier du Castel Nuovo à Guillermo Sagrera en 1449. Celui-ci donna à l'édifice son plan trapézoïdal et le dota de ses cinq tours caractéristiques. Il conçut aussi la magnifique voûte gothique, formant une gigantesque étoile d'inspiration catalane dans la salle dite « des barons ».
Ce nom rappelle un sinistre événement : l'assassinat des nobles hostiles à Ferdinand, fils illégitime d'Alphonse et héritier de la couronne de Naples. Après avoir accordé son pardon aux barons rebelles, il les convia traîtreusement dans cette salle du Castel Nuovo pour les faire tous arrêter et exécuter.

L'histoire mouvementée des portes de bronze
Cruel avec ses ennemis, Ferdinand n'en était pas moins un esthète délicat, et soutint comme son père les arts et les sciences. Il commanda ainsi à Guglielmo Monaco les magnifiques portes de bronze aujourd'hui exposées au Musée civique, mais qui fermaient autrefois l'entrée du Castel Nuovo. Leurs reliefs rappelaient les hauts faits d'armes des Aragonais contre les Angevins et symbolisaient une Naples puissante et invincible.
La large déchirure laissée par un boulet de canon atteste pourtant qu'il n'en fut pas toujours ainsi. Prélevées par Charles VIII au moment des guerres d'Italie, les précieuses portes furent, dit-on, emportées vers la France. Mais le navire qui les transportait fut bombardé par les Génois, et les portes endommagées retrouvèrent finalement leur place au Castel Nuovo.
Au gré des triomphes et des revers de l'Histoire, elles incarnent ainsi l'esprit même des lieux, sous le signe de la beauté, de la force et de la fragilité.
Pour visiter Naples avec Clio
IT 42 - 8 jours

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