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La Villa d'Este
Jeux d'eaux en perspective
A Tivoli, sur les pentes abruptes d'un éperon rocheux, véritable balcon ouvert sur la lumière dorée de la campagne romaine, la villa d'Este perpétue les merveilles de l'antique Tibur, proverbiale cité du bien-être, fréquentée par Mécène et Hadrien, qui y fit aménager un somptueux domaine. Quatorze siècles plus tard, les Este, séduits à leur tour, y construisent une villa et surtout un jardin dont l'équilibre parfait entre l'élément minéral, végétal et aquatique a tôt fait d'établir la renommée. Aussi, un des premiers « giardini delle meraviglie » a-t-il servi très tôt de modèle pour le développement des jardins en Europe.

Les Este

Gouverneur de Tivoli, le cardinal Hyppolite II d'Este (1509-1572) fait l'acquisition, en 1550, d'un ancien couvent bénédictin qui va lui servir de base pour son grand projet : ériger une villa et son parc dans le goût du temps. Ses moyens le lui permettent : fils du duc Alphonse et de Lucrèce Borgia, il est aussi, par sa mère, petit-fils du pape Alexandre VI Borgia. Un lignage étonnant (Alexandre avait eu ses enfants alors qu'il était marié... bien avant d'entrer dans les ordres !) mais prospère ! A partir de 1560, il confie la construction à l'architecte Pirro Ligorio, qui se met aussitôt au travail. Des travaux titanesques sont entrepris : la vallée est remodelée, un aqueduc est construit pour alimenter en eau les jardins, asséchant au passage plusieurs fontaines du bourg, ce qui vaudra au duc l'hostilité des habitants. Mais Hippolyte meurt avant la fin de son rêve. Son héritier, le cardinal Louis, n'a pas les finances nécessaires pour terminer l'entreprise. En 1605, le domaine échoit à Alexandre d'Este (1568-1624) qui restaure ce qui avait été endommagé et poursuit les aménagements. Tant bien que mal, l'ensemble reste intact dans les siècles qui suivent, et reçoit la visite de tout ce que l'Europe compte de personnalités artistiques. C'est ici que Liszt est ordonné prêtre, recevant en même temps l'inspiration de ses Jeux d'eaux à la villa d'Este. La villa reste propriété des Habsbourg-Este, jusqu'à la mort de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo en 1914, avant que l'Etat italien ne prenne le relais.

Un jardin des merveilles

Inséré presque de force dans le tissu urbain du bourg de Tivoli, l'ensemble constitué par le palais et son parc forme un quadrilatère irrégulier, couvrant une aire d'environ 4,5 hectares. Les jardins occupent deux pentes escarpées qui descendent depuis la villa jusqu'à une terrasse plane, au niveau inférieur, à la manière des degrés d'un théâtre. L'articulation du jardin se fait selon un axe longitudinal nord-sud, croisé par une succession d'allées transversales qui ouvrent des perspectives presque aussi importantes que la première, ponctuées, à chaque extrémité, par les fontaines majeures du jardin. En premier, l'envolée des Cent Fontaines oppose Rome, le Tibre, symbolisé par la fontaine de la Petite Rome et leurs beautés artificielles à la beauté sauvage des flots de l'Aniene, rivière de Tivoli, personnifiée par la fontaine de l'Ovale. Un peu plus bas, les viviers relient la fontaine de la Chouette et celle de l'Orgue, la plus grandiose de toutes. Le plan général est volontairement désaxé par rapport aux bâtiments pour cibler au loin, tout au bout de l'axe principal, l'ancien temple de la Sibylle de Tibur qui couronne les cascades de l'Aniene.

Jeux d'eaux à la villa d'Este

Ce parc en escalier, profond comme un bois, est sonore de la rumeur de ses cascades monumentales.
Dans la villa, l'eau est omniprésente, et sous toutes ses formes. Les fontainiers et hydrauliciens, qui ont travaillé à la création du jardin, ont déployé des talents extraordinaires pour varier sans cesse le cours de ce flux aquatique. L'eau glougloute, murmure, gicle, dévale une pente, puis vaporise et irise la lumière, mugit et bruine... Jadis, les jeux d'eaux, délices des voyageurs en Italie, plaisanteries à thèmes classiques mais aussi triviaux, étaient actionnés par des mécanismes hydrauliques sophistiqués. Le promeneur pouvait être surpris par leur déclenchement soudain, et... copieusement arrosé. La fontaine de la Chouette mettait en scène un groupe d'oiseaux dont le chant était produit par la pression de l'eau, mais qui s'interrompait quand la chouette tournait la tête ! Construite par deux fontainiers français, la fontaine de l'Orgue est la plus remarquable. Un édicule ponctué de statues cache le système hydraulique qui déclenchait sur commande des jets semblables à des tuyaux d'orgues, dont l'apparition était précédée par quelques mesures de trompettes. Lorsque le morceau musical était terminé, les jets d'eaux se faisaient plus violents pour mimer le Déluge.

Tirant admirablement parti de la déclivité de la colline, les jardins de la villa d'Este reflètent de façon remarquable les principes de la Renaissance en matière de conception et d’esthétique. Pour le visiteur, rafraîchissant spectacle, ils sont aussi le triomphe de l'eau au milieu des statues, des arbres et des fleurs.
Pour visiter les jardins de la villa d'Este
IT 114 - 5 jours - du 10 au 14 septembre 2013

L'art des jardins en Italie trouve son origine dans les grandes villas romaines où les empereurs recréèrent les fastes orientaux découverts lors de leurs conquêtes. Ce voyage dans le Latium vous permettra, ... Découvrir ce voyage
 

 
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