Logo Clio
Service voyages
Service voyages
La « Porte du Paradis »
Et le baptistère Saint-Jean-Baptiste de Florence
C'est sur la place du Duomo à Florence que s'élève le baptistère Saint-Jean-Baptiste, à côté de la cathédrale Sainte-Marie-de-la-Fleur. Edifice octogonal à coupole, il fut longtemps perçu par les artistes de la première Renaissance comme un chef-d'œuvre de l'Antiquité classique. Pourtant, il ne fut bâti dans sa forme actuelle qu'à partir de 1059, assumant d'abord la fonction de siège épiscopal, avant d'être consacré baptistère de la ville en 1128.

D'Andrea Pisano à Lorenzo Ghiberti, un siècle d'innovations artistiques
Embelli au cours des siècles suivants de marbres et de mosaïques, le monument suscitait déjà l'admiration de Dante qui l'évoque dans sa Divine Comédie, mais ce sont surtout ses trois emblématiques portes de bronze ornées de bas-reliefs qui firent ensuite sa célébrité. La première, au sud, fut réalisée par Andrea Pisano de 1330 à 1336 ; la seconde au nord, puis la troisième, à l'est, par Lorenzo Ghiberti qui y consacra la plus grande partie de sa vie : respectivement vingt et vingt-sept ans entre 1403 et 1452.
La contemplation attentive de ces trois portes révèle, du trecento au quattrocento, l'évolution d'un langage artistique constamment renouvelé par les recherches sur la perspective, mais encore partagé entre l'élégance gothique et l'idéal antique cher à la Renaissance, entre un naturalisme chargé de tendresse et un réalisme teinté parfois de violente expressivité.
Perçues comme un aboutissement artistique, les dernières portes de Ghiberti, entièrement dorées à l'or fin, furent surnommées par Michel-Ange les « Portes du Paradis ». Au terme de vingt-sept ans de restauration, elles sont désormais visibles dans la cour ouverte du musée de l'Œuvre de la cathédrale, tout près de leur emplacement d'origine.

La seconde porte de bronze et le premier concours artistique des Temps modernes
En 1401, Lorenzo Ghiberti, orfèvre de formation, âgé seulement de 23 ans, se vit confier la réalisation de la deuxième porte de bronze après avoir remporté le concours organisé par la guilde florentine des marchands de laine, chargée de l'entretien du baptistère. Cet événement sans précédent dans l'histoire de l'art est traditionnellement perçu comme l'un des actes fondateurs de la Renaissance.
Au terme d'une première sélection, Ghiberti, comme six autres concurrents, avait disposé d'une année pour exécuter un panneau de bronze représentant le sacrifice d'Isaac. Il l'emporta finalement face à Jacopo della Quercia et Filippo Brunelleschi. Sa technique, moins onéreuse, qui consistait à couler en une seule fois le fond et les personnages, joua en sa faveur. Soixante et onze ans avant lui, Andrea Pisano avait réalisé pour la première porte des modèles de cire évoquant la vie de saint Jean-Baptiste, mais avait laissé à des spécialistes venus de Venise le soin de les couler dans le bronze.
Fort de sa maîtrise technique, Ghiberti ne s'écartera pas pour autant du modèle gothique de son prédécesseur avec vingt-huit panneaux quadrilobés, évoquant cette fois les principaux épisodes du Nouveau Testament.
Si elle laisse déjà transparaître un profond intérêt pour le rendu réaliste des modelés et pour la structuration de l'espace en profondeur, la seconde porte de bronze correspond encore au style « gothique international » de la fin du Moyen Age.

La troisième porte, dite « du Paradis », et l'avènement définitif de la Renaissance à Florence
La splendeur du monument émerveilla tant les Florentins, que Ghiberti fut choisi à nouveau en 1425 pour exécuter la troisième porte de bronze, selon un programme défini par l'humaniste Leonardo Bruni, dit l'Arétin.
L'artiste adopta, comme convenu, le thème de l'Ancien Testament, mais s'affranchit cette fois des contraintes formelles imposées par ses commanditaires. Il réduisit ainsi le nombre de panneaux, de vingt-huit à seulement dix.
S'adonnant pendant vingt-sept ans à ce qui deviendra son chef-d'œuvre, Ghiberti renouvela la technique du bas-relief par le traitement des paysages et des édifices selon les règles de la perspective, par l'échelonnement réaliste des personnages, isolés ou regroupés dans une foule, par la maîtrise des effets de lumière et par la sensibilité des expressions et des attitudes. Son autoportrait sculpté sur l'un des pourtours exprime aussi une nouvelle conception de l'artiste, valorisant la création individuelle.
Achevée seulement trois ans avant la mort de Ghiberti, cette ultime porte, jugée digne par Michel-Ange d'ouvrir sur le Paradis, influença considérablement les peintres et sculpteurs des générations suivantes. Raphaël s'inspirera ainsi du panneau de Salomon et la reine de Saba pour la composition de son Ecole d'Athènes. Et Vasari verra dans cet ensemble d'or et de bronze le « plus beau et parfait chef-d'œuvre de l'art sur cette Terre ».
Découvrir Florence avec Clio
IT 100 - 4 jours

Florence la pimpante capitale de la Toscane s'offre à vous pour une escapade de charme. Brunelleschi, Botticelli et Michel Ange en ont fait l'un des plus précieux musées du monde.. Venez la redécouvrir, ... Découvrir ce voyage
IT 33 - 7 jours

Avec l'émergence du pouvoir communal, les fières cités de Toscane rivalisent dès le XIIe siècle sur les champs de bataille, mais aussi par des programmes artistiques ambitieux dans lesquels s'identifient ... Découvrir ce voyage
Un article sur la porte du Paradis de la bibliothèque de Clio
Aux portes du paradis, Florence
par Daniel Elouard

« Elle est si belle qu’elle est digne du paradis ! » se serait exclamé Michel-Ange en découvrant la porte orientale de San Giovani réalisée par Ghiberti, de 1425 à 145... Lire l'article

 

 
Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter