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La place Navone
Ecoutez battre le cœur de Rome...
C'est sur la place Navone que tous les amoureux de Rome viennent écouter battre son cœur. Sur cette esplanade oblongue, dans le chant des fontaines, au pied des obélisques, sous le fronton chahuté d'une église baroque, dans la symphonie ocre des demeures et des palais.

Du cirque à la place
Primitivement, la place Navone est le cirque que Domitien, à la fin du Ier siècle, offre au peuple romain pour ses délassements. Démantelé par les Barbares, il devint une place qui conserve une forme allongée et le doux ovale de ses extrémités. Le Moyen Age romain voit la ville décliner : une chance pour cet espace resté libre qui ne sera comblé par aucun bâti anarchique. Mais les temps changent : la Renaissance imprime sa marque sur toute la péninsule et il semble qu'on se souvienne de sa fonction première, quand, au XVIe siècle, on l'inonde régulièrement pour y donner des jeux nautiques.
Le Tibre, dans ses crues annuelles, ne manque jamais de lui rendre visite, mais le pape Innocent X met fin à tout cela. Les travaux qu'il fait entreprendre assèchent la place et il charge Le Bernin d'agrémenter l'espace de fontaines aussi monumentales que rafraîchissantes. Soigneusement entretenues et restaurées au fil des siècles, elles en sont toujours aujourd'hui la plus belle parure.

Deux génies rivaux
Au centre de l'ovale, le Bernin conçoit lui-même la fontaine des Quatre-Fleuves. On y voit de puissantes figures masculines juchées sur un rocher creusé d'arches, que surplombe un élégant obélisque de granit. Chaque athlète personnifie un fleuve qui, lui-même, évoque un continent. Le Gange figure l'Asie, le Danube l'Europe, le Nil l'Afrique et le Rio de La Plata, l'Amérique. Bras levés, doigts tendus, corps violemment rejetés en arrière ou projetés en avant, en équilibre instable, prêtes à tout moment à basculer dans le vide : les statues du Bernin, comme agitées de spasmes et taillées dans une dentelle de marbre, expriment toute la force des éléments naturels qu'elles incarnent.
Dans le même temps, face à la fontaine, brisant l'alignement régulier des fenêtres, l'église Sainte-Agnès-in-Agone élève sa façade tourmentée, tout en courbes et contre-courbes. Son auteur, Borromini, oriente le baroque romain vers un style nerveux et dynamique, où la recherche de la grâce prime sur l'effet de puissance. Ses rythmes complexes et ses encorbellements en porte à faux ne seront réellement compris qu'après sa mort, quand triomphera le style rococo. Borromini, après avoir été l'élève du Bernin, devient son grand rival, et la compétition fut féroce entre les deux maîtres. Les coups bas ne manquent pas. Les admirateurs du Bernin prétendent que le Nil se cache la figure de peur que l'église de Borromini ne s'effondre... Pure calomnie ! Si le Nil a la face voilée, c'est tout simplement qu'au XVIIe siècle, ses sources étaient encore inconnues...
A la fin de sa vie, Le Bernin n'aimait plus ses fontaines. Quand il devait traverser la place, il tirait les rideaux de sa voiture en disant : « Je suis vraiment honteux d'avoir réalisé quelque chose d'aussi pauvre ». A méditer en s'approchant de près pour admirer chaque détail…

Un théâtre permanent
Fin des compétitions. Borromini a trouvé l'équilibre parfait du concave et du convexe, Le Bernin celui de la pierre et de l'eau. Le décor planté, il reste à l'animer. Pour cela, on peut faire confiance au peuple romain. Il n'a pas son pareil pour métamorphoser un décor de théâtre en un espace où chaque jour la vraie vie bat son plein. Ici, la Ville est en mouvement. On crie, on parle fort. On s'invective ou on s'apostrophe, mais avec la grâce de l'esprit romain…
Tôt le matin, un cadre en costume-cravate traverse la place à grandes enjambées, en prenant soin d'éviter les flaques que les balayeurs de l'aube ont laissées. Un autre, moins pressé peut-être, prend le temps de s'asseoir à la terrasse du premier café qui vient d'ouvrir. Bientôt, il sera remplacé par les touristes, curieux venus de partout, avide de saisir ici l'âme de Rome. A midi, c'est la foule et son va-et-vient continuel, agitation bon enfant. Quelques heures de répit – il faut bien se reposer un peu –, et voici qu'une nouvelle vague arrive, avec le crépuscule. Elle envahit cafés et restaurants, dérobant à la nuit quelques heures de rêve et de plaisir. Mais, déjà, le ciel romain noircit. Le marchand de cartes postales ferme son volet de fer, une étudiante regagne sa chambrette sous les combles, deux ecclésiastiques en soutane pressent le pas vers leur séminaire.
Le grand cirque de la place Navone se referme, jusqu'à demain... Avant que se remette à battre le cœur de Rome.
Pour découvrir la place Navone avec Clio
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