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La pinacothèque de Brera
Un prestigieux musée dans les enfilades d'un palais baroque
Enchâssé au cœur d'un des plus anciens quartiers de Milan, le palais baroque de Brera s'offre au regard du visiteur au détour de ruelles pavées étroitement entrelacées, et abrite, en même temps que la Bibliothèque nationale et l'Académie des Beaux-Arts, l'une des plus belles collections de peinture au monde. Inaugurée en 1806, lors de l'occupation française, la pinacothèque de Brera est, au même titre que la galerie de l'Accademia à Venise, une pure création napoléonienne.
Elle n'est pas héritée en effet des grandes collections princières, mais s'inscrit dès sa naissance dans un processus de démocratisation de la culture, selon laquelle les œuvres d'art appartiennent à l'Etat et doivent être accessibles à tous. Cette nouvelle approche muséale – enfantée par l'Europe des Lumières et la Révolution française – justifie, entre 1799 et 1815, la saisie des plus beaux trésors artistiques des églises et des monastères de la Lombardie et de la Vénétie. Regroupées à Milan, alors capitale du royaume d'Italie, ces œuvres d'art constituent encore aujourd'hui le fonds principal de la galerie.
A la même époque, la pinacothèque bénéficie aussi de dons du musée du Louvre, notamment de chefs-d'œuvre de la peinture flamande. Tout au long du XIXe et du XXe siècle, elle continue à s'enrichir, en favorisant la création picturale de l'Italie du Nord et de la plaine du Pô, dont elle offre un vaste panorama depuis le Moyen Age jusqu'aux avant-gardes modernes. A jamais associé à l'esprit des lieux, l'empereur Napoléon est figuré en Mars pacificateur dans une statue de bronze inspirée de Canova et accueille, imperturbable, dans la cour intérieure, le visiteur.

De l'ordre des Humiliés à celui des Jésuites

Dans sa forme actuelle, le palais de Brera est une création du baroque tardif typiquement milanais, mais il fut édifié sur les vestiges d'un ancien monastère médiéval, affilié à l'ordre des Humiliés. Ces moines-artisans bâtirent dès 1034 un ensemble conventuel où ils développèrent, à partir de 1150, l'activité florissante de la laine. L'église gothique Santa Maria – totalement remaniée à l'époque napoléonienne dans le cadre de l'aménagement de la pinacothèque – fut ainsi édifiée entre 1229 et 1347.
Au fil des années, la congrégation, qui jouait le rôle d'un mont de piété, devint très impopulaire et fut finalement dissoute en 1571, à la demande de saint Charles Borromée. Le cardinal confia alors le monastère de Brera aux jésuites et les chargea d'y aménager un collège. En 1651, l'ancien corps de bâtiment fut remplacé par un vaste palais, ouvert sur l'extérieur. L'ensemble reflète parfaitement le style baroque lombard, en associant la majesté hiératique du classicisme à une expressive alternance décorative. A l'intérieur, un grand patio constitue au cœur du palais Brera, une des plus belles réalisations de l'architecture milanaise : deux galeries superposées déploient leurs arcades aériennes autour d'un jardin à ciel ouvert.

Des empereurs d'Autriche à la domination napoléonienne

En 1773, avec la dissolution de la Compagnie de Jésus, le collège de Brera devient la propriété de l'Etat et Marie-Thérèse d'Autriche en confie le chantier prestigieux à Giuseppe Piermarini, le futur architecte de la Scala. Encore très modestes, les collections artistiques de la future pinacothèque prennent alors naissance à des fins didactiques.
Mais, avec l'invasion napoléonienne de 1796 et la constitution de la République cisalpine, la galerie s'enrichit soudainement de multiples chefs-d'œuvre. La suppression des ordres religieux entraîne l'abandon des églises et des monastères et la confiscation de leurs œuvres d'art. Toutes sont regroupées dans ce qui devient officiellement en 1806 la Pinacothèque d'Etat de Brera, qui choisit de les conserver ou de les redistribuer vers d'autres institutions. Pour pallier le manque de place, on transforme en espace d'exposition le premier étage de l'église attenant au palais, après avoir détruit sa façade gothique. C'est là que sont inaugurées en 1809 les quatre grandes salles à colonnes, dites, encore aujourd'hui, « napoléoniennes », et percées au plafond d'immenses lucarnes. La pinacothèque est véritablement considérée dès lors comme un grand et moderne musée national, où sont représentées les principales écoles italiennes. Comme Stendhal en 1816, on peut y admirer les fresques de Vincenzo Foppa ou de Bernardino Luini, le Mariage de la Vierge, « tableau de la première manière de Raphaël », Agar du Guerchin, « et plusieurs chefs-d’œuvre des Carraches ». S'y ajoutent l'Adoration des Mages du Corrège, Saint Pierre et Saint Paul de Guido Reni, la Vierge à l'Enfant de Piero della Francesca et, surtout, d'innombrables œuvres des plus grands maîtres vénitiens, ainsi Carpaccio, Bellini, Titien, Véronèse et Le Tintoret. En 1813, le musée du Louvre offre à Brera de prestigieuses peintures flamandes, dont la Cène de Rubens, dans laquelle on décèle d'autant plus aisément l'influence vénitienne.

Du XIXe siècle à nos jours

Après la chute de Napoléon, les Autrichiens se contentent de quelques acquisitions en faveur du musée, mais toujours d'une très grande importance au regard de l'histoire de l'art, ainsi le Christ mort de Mantegna, ou la Madone aux buissons de roses de Luini. En 1855, Brera bénéficie pour la première fois d'une donation privée : quatre-vingts tableaux légués par Pietro Oggioni, parmi lesquels le Couronnement de la Vierge de Carlo Crivelli. A partir de 1882, la pinacothèque se sépare de l'école des Beaux-Arts et ses conservateurs s'attachent dès lors à présenter de façon rationnelle les œuvres par périodes, artistes et écoles.
Vidé par précaution de ses collections pendant la seconde guerre mondiale, le palais de Brera est gravement endommagé sous les bombardements. Reconstruit et modernisé, il rouvre ses portes en 1950, et, à la faveur de multiples dons, accueille sans cesse depuis lors de nouvelles œuvres du Trecento et de l'Ottocento – jusque là peu représentés – ainsi que des œuvres d'inspiration futuriste. Véritable gardienne de la mémoire, la pinacothèque de Brera nous invite ainsi à parcourir, à travers l'enfilade de ses salles, six cents ans d'histoire de la peinture.
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IT 103 - 3 jours

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