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La galerie des Offices
L'un des plus anciens musées au monde
C'est dans une délicate harmonie de blanc et de gris que s'élève, au bord de l'Arno, le palais des Offices, bâti à partir de 1560, dans la belle pierre de Florence. Epousant la forme d'une épingle à cheveux, il laisse s'étirer vers le nord, tout près du Palazzo Vecchio, deux longs corps de bâtiments, dressés l'un en face de l'autre. Au sud-ouest, le petit côté de l'édifice est rattaché au « couloir de Vasari », un étrange et immense corridor posé sur des arcades, qui, après avoir traversé le fleuve et une partie de la ville, aboutit au palais Pitti et aux jardins de Boboli.
Ecrin majestueux de l'une des plus anciennes collections d'art, le palais des Offices constitue ainsi l'un des éléments majeurs du cœur historique et muséal de la cité du lys. Pourtant, il n'était destiné au départ qu'à abriter les divers « Offices », c'est-à-dire les administrations de l'Etat. Mais, dès 1581, la grande loggia qui le couronnait à l'est, apparut propice, avec ses grands couloirs inondés de lumière, à l'accueil des œuvres d'art, déjà nombreuses dans les collections des Médicis. Ce fut l'acte de naissance de l'un des plus anciens et des plus beaux musées au monde.

Sous l'égide des Médicis

La destinée culturelle de Florence, souvent appelée « la ville musée », tant elle regorge de trésors artistiques, fut marquée à jamais par la puissante famille des Médicis, prodigue, tout au long de son histoire, de mécènes avertis. D'après Stendhal, ces derniers auront « fait plus que n'importe quel roi, prince ou empereur pour la gloire du monde ». Dès le XVe siècle, Cosme l'Ancien s'entourait ainsi des plus grands artistes, tel Paolo Uccello, dont les Offices conservent l'une des trois batailles de San Romano. Quelques décennies plus tard, Laurent le Magnifique se révéla un collectionneur plus passionné encore, protecteur entre autres du jeune Michel-Ange et de Botticelli, dont l'Allégorie du printemps et la Naissance de Vénus, sont demeurées les tableaux les plus célèbres de la galerie.
L'expulsion des Médicis de Florence en 1494 et en 1527, puis la mort du duc Alexandre en 1536 fut l'occasion de nombreux pillages, mais ne sonna pas le glas des collections d'art. Nommé duc à son tour, Cosme Ier (1519-1574), entreprit de rassembler les œuvres éparses, tout en encourageant la création artistique de l'école maniériste qu'incarnaient alors Pontormo, Bronzino, Cellini et, surtout, Giorgio Vasari, auteur des Vies d'artistes, et architecte du palais des Offices, dont il fit son chef-d'œuvre. Il confia cependant qu'il n'avait « jamais rien entrepris de plus difficile, ni de plus dangereux car cet édifice est construit au bord du fleuve et presque en l'air ». Si le « couloir de Vasari », ce passage couvert et suspendu sur arcades, était achevé dès 1565, la construction du palais des Offices ne prit fin qu'en 1580, six ans après la mort du grand-duc et de son architecte. François Ier, le successeur de Cosme, confia la fin des travaux à Bernardo Buontalenti, et dès 1581, fit installer quatre-vingts statues de marbre et de bronze dans la galerie orientale, ornée simultanément de portraits d'hommes illustres.

Du cabinet de curiosités au musée moderne

L'abondance des trésors artistiques amassés par les Médicis exigea rapidement la création d'autres espaces d'exposition. Dès cette époque, François Ier eut le souci, non pas seulement d'entreposer, mais aussi de conserver et de mettre en valeur les œuvres d'art reçues en héritage ou achetées par ses soins. En 1584, Bernardo Buontalenti fut ainsi chargé d'aménager, à côté de la galerie, une tribune dallée d'une mosaïque de marbre et conçue comme le digne écrin d'un ensemble de peintures, bronzes, miniatures, émaux et camées. Peu après avoir succédé à son frère, Ferdinand Ier, esthète lui aussi passionné, fit rédiger en 1589 un inventaire évoquant La Dame lisant Pétrarque d'Andrea del Sarto, ou encore Persée délivrant Andromède de Piero di Cosimo.
La décoration des murs de la tribune faisait alors référence aux quatre éléments et exaltait la gloire du prince en ce monde. Cette dimension cosmologique la rapprochait des premiers cabinets de curiosités, conçus comme une réplique symbolique de la nature. En même temps, cet espace inédit, éclairé par le haut, et propice à l'exposition quantitative des œuvres, marquait une étape décisive dans l'histoire de la muséologie. En effet, la disposition à la verticale des tableaux et sur plusieurs rangs fut ensuite adoptée partout en Europe jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. A ce titre, la galerie des Offices, ouverte au public dès sa naissance, faisait véritablement figure de l'archétype du musée.

Une collection à jamais « florentine »

A partir de 1658, Ferdinand II fit achever les fresques des voûtes célébrant les gloires de Florence, mais son règne est surtout marqué par le somptueux legs d'Urbin, revenu en 1631 à son épouse. Il comprenait de multiples chefs-d'œuvre, dont la Vénus d'Urbino de Titien et le diptyque de Piero della Francesca, représentant Federico da Montefeltro et sa femme. En 1675, sous le règne de Cosme III, la galerie bénéficia à nouveau, à la mort du cardinal Léopold, d'un somptueux héritage, incluant non seulement des œuvres de Pontormo, de Véronèse et du Tintoret, mais encore la prestigieuse collection d'autoportraits qui, constamment enrichie jusqu'à nos jours, demeure l'un des principaux attraits du musée des Offices.
En 1737, à la mort de Jean-Gaston, dernier duc des Médicis, l'Etat de Toscane passa à la maison de Lorraine en la personne du grand-duc François, futur empereur Habsbourg. Seule survivante de l'illustre maison florentine, Anna-Maria-Ludovica, fille de Cosme III, conclut à Vienne un « pacte de famille », stipulant que toutes les collections artistiques de ses ancêtres demeureraient à Florence, à la disposition du public. De leur côté, les représentants de la maison de Lorraine eurent à cœur de veiller au prestige culturel de la ville, tout au long du XVIIIe siècle. En 1793, on procéda ainsi à des échanges d'œuvres très avantageux avec les musées de Vienne, permettant, entre autres, l'arrivée aux Offices de L’Adoration des mages d'Albrecht Dürer.

Au moment de l'occupation napoléonienne, la galerie est privée de sa Vénus dite « des Médicis », mais la célèbre statue sera rendue dès la Restauration. Tout au long du XIXe siècle, de nouveaux aménagements favorisent l'exposition désormais chronologique des œuvres et, peu à peu, c'est véritablement à la lumière de la science que sont définis les grands principes de conservation des collections. Constamment enrichies jusqu'à nos jours, ces dernières demeurent bien l'âme vivante de Florence, une ville à jamais dédiée aux arts et à la beauté.
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