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La Fenice
Le théatre qui renait de ses cendres
Dotée d'une tradition musicale très ancienne, la ville de Venise incarne depuis quatre siècles l'un des hauts lieux de l'art lyrique en Italie. C'est dans la cité des doges que fut inauguré, en 1637, le premier théâtre d'opéra public et payant. Venise joue alors un rôle crucial dans la diffusion de l'opéra en Italie, répandant rapidement son répertoire à la faveur des troupes ambulantes qui se multiplient et se produisent dans plusieurs grandes villes, à Naples, Gênes, Turin, Bologne ou Modène. En 1792, la nouvelle salle de La Fenice est inaugurée en grande pompe. C'est le début d'une destinée exceptionnelle pour ce théâtre qui représente aujourd'hui avec la Scala de Milan et le San Carlo de Naples l'une des plus éblouissantes salles du monde.

Un nom prédestiné
La Fenice, en italien, « le phénix », est justement né sur les cendres d'un autre théâtre brûlé, situé dans le quartier de San Marco, le théâtre San Benedetto, en 1789. Dès 1790, un petit groupe de nobles vénitiens décide de reconstruire un nouveau théâtre avec l'aide de l'architecte Gian Antonio Selva sur un terrain irrégulier formé de deux rectangles accolés. Le premier, côté façade, abritera le vestibule, le second contenant la salle à proprement parler. Les travaux, achevés en 1792, aboutissent à un élégant monument de style néoclassique, avec une décoration intérieure d'esprit baroque, somptueusement ornée de rouge et d'or.
La Fenice joue pour sa première représentation un opéra seria du célèbre Giovanni Paisiello, Les Jeux d'Agrigente. Son répertoire mêle des œuvres lyriques, de l'opéra seria, le genre musical le plus prestigieux à l'époque (par opposition à l'opéra bouffe), mais aussi des ballets, des concerts ainsi que des pièces de théâtre.

L'âge d'or de l'opéra italien
Commence alors une longue période de gloire pour La Fenice. Le théâtre, ouvert à tous, en plein cœur de la ville, acquiert en effet rapidement une belle renommée. Lieu de sociabilité par excellence, la salle de la Fenice trône au centre de la vie culturelle des Vénitiens, qui la fréquentent tous les soirs pour faire des rencontres, mener des affaires ou simplement dîner, en écoutant le dernier aria à la mode. Le grand opéra voit défiler sur sa scène les plus grandes voix de son époque, la virtuose Angelica Catalani ou l'immense et émouvant castra Gasparo Pacchiarotti. En 1813, la Fenice accueille la création du Tancrède de Rossini, œuvre charnière d'un jeune musicien extrêmement prometteur, bientôt considéré comme le plus grand compositeur de son époque. C'est aussi dans ce temple du chant lyrique que sont créées les œuvres de Vincenzo Bellini, Beatrice di Tenda, en 1833, ou Belisario de Gaetano Donizetti en 1835.
En 1832, le théâtre est détruit par les flammes, mais se relève dans un temps record, l'année d'après, grâce à Giambattista Tommaso Meduna. La Fenice connaît ensuite une succession ininterrompue de brillantes créations et de productions de premier plan, en partage avec la Scala de Milan, contribuant à façonner un véritable âge d'or de l'opéra italien. Les plus fameux chanteurs du XIXe siècle s'y produisent, Isabella Colbran, l'épouse de Rossini, Giuseppina Strepponi, la compagne de Verdi, mais aussi les plus grandes divas de la première moitié du XIXe siècle, Giulia Grisi, Giuditta Pasta, Pauline Viardot et sa sœur Maria Malibran qui interprétera notamment à Venise, dans les années 1834-1835, les rôles de Norma, Rosine, Desdemona ou Cenerentola.
Viennent ensuite, dès la décennie 1840, les grands opéras de Verdi, Ernani, Attila, Rigoletto, Traviata ou Simon Boccanegra, avant que Wagner n'y devienne à la mode à la fin du XIXe siècle.
Après la deuxième guerre mondiale, La Fenice brille de nouveau de tous ses feux, attirant les plus grands artistes, metteurs en scène, et interprètes de son temps, dont l'inoubliable Maria Callas.
C'est encore à la Fenice que sont créées les œuvres modernes d'Igor Stravinsky, The Rake's Progress en 1951 et celle du Turn of the screw de Benjamin Britten en 1954.


Quand le phénix renaît de ses cendres
Le 29 janvier 1996, un incendie criminel ravage encore une fois le théâtre. Si les murs extérieurs tiennent encore, l'intérieur du théâtre est dévasté. Les travaux pour reconstruire la Fenice vont exiger un effort colossal de la ville de Venise, avec l'aide de l'Etat italien, le soutien des fondations internationales et de l'UNESCO. C'est l'architecte milanais Aldo Rossi qui redessine pour la troisième fois le temple de l'art lyrique. En 2003, la salle ayant recouvré sa splendeur d'antan, la Fenice ouvre de nouveau orgueilleusement ses portes après six années et 60 millions d'euros de travaux. Pour l'événement, La Fenice présente la Traviata de Verdi dans une mise en scène de Robert Carsen.
Pendant cette période troublée, le théâtre Malibran, associé aujourd'hui à la Fenice, accueille à sa place de nombreux spectacles et, notamment, les chorégraphies des grands noms de la danse, de Carolyn Carlson ou Pina Baush. Anciennement baptisée théâtre San Giovanni Grisostomo, cette salle historique tient son nom de l'hommage que le directeur Giovanni Gallo a voulu rendre à l'étoile du chant Maria Malibran, en 1835, lorsqu'elle s'est produite gratuitement sur scène.
Fleuron de l'opéra italien, le théâtre de la Fenice demeure un nom qui fait rêver. Il inspirera au grand cinéaste Luchino Visconti son film Senso, réalisé en 1954, dont la séquence d'ouverture se situe sur la scène du théâtre où l'on joue le 3e acte du Trouvère de Giuseppe Verdi.
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