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Isola Bella
Un fragment du paradis perdu
Délicatement posée sur les eaux du lac Majeur, Isola Bella est l'une des quatre îles situées au large de la ville piémontaise de Stresa. Son étrange et fascinante particularité est d'avoir été artificiellement façonnée par l'homme, à l'image d'un paradis raffiné et délicieux. Mesurant à peine 175 mètres sur 400, elle n'était qu'un éperon aride et rocheux, lorsqu'elle fut transformée au XVIIe siècle par ses prestigieux propriétaires, les comtes Borromée, en une succession féerique de jardins attenant à un palais baroque.
L'ensemble, voué au faste et aux fêtes somptueuses, célébrait l'amour mais se voulait aussi propice au repos de l'âme. La nature, par le truchement de l'art, y était devenue un havre de paix mais aussi un spectacle à part entière, mimant le perpétuel mouvement de la vie, au gré de jeux d'eaux et de multiples effets de perspective. Encore aujourd'hui, pour celui qui l'embrasse du regard, Isola Bella semble avoir épousé la forme d'un navire à jamais en partance, dont le palais et sa terrasse formeraient l'avant, et les splendides jardins étagés, la poupe. Autour, le miroitement calme et changeant de l'eau pare de mille reflets impressionnistes cette nef insaisissable tandis qu'à l'horizon, le dessin enneigé des montagnes souligne l'indicible et immuable majesté des lieux.

Un rêve fou transmis de génération en génération

D'origine lombarde, la famille des Borromée possédait déjà au milieu du XVe siècle, la quasi-totalité du lac Majeur. Alors simple bande de terre et de roche peuplée par des pêcheurs, Isola Bella ne portait pas encore le nom qui la rendrait célèbre, mais s'appelait simplement l'île Inférieure, par opposition à l'île Supérieure, dite aujourd'hui « dei Pescatori ». A partir de de 1632, son destin s'infléchit sous le signe de l'amour conjugal : à cette date, Charles III Borromée (1586-1652) décide d'appeler l'île « Isabella », en l'honneur de sa femme, la belle Isabella d'Adda, et y fait construire un palais.
La première campagne de travaux est cependant interrompue en raison d'une épidémie de peste, et laisse le projet inachevé. Ce sont ses fils, Giberto III (1615-1672) et surtout Vitalien VI (1620-1690) qui mettront véritablement en œuvre la transformation de l'île. Dessinés par Angelo Crivelli, puis par Pietro Antonio Barca, les jardins sont inaugurés en 1671, au terme d'un travail titanesque de stabilisation et de terrassements et deviennent dès lors un véritable lieu de représentation pour la lignée des Borromée, qui n'auront de cesse d'y organiser d'éblouissantes fêtes, ponctuées de concerts, pièces de théâtre, feux d'artifice ou encore naumachies à l'antique, simulant sur l'eau aventures et batailles navales.
Le palais, de forme octogonale et surmonté d'une coupole, ne sera achevé qu'au terme de trois siècles de patience, et c'est au prince Vitalien X (1892-1982) qu'il appartiendra d'y poser les dernières pierres avec la construction en 1952 du « Grand Salon », puis, en 1958, de la façade nord et du grand môle s'étirant à l'extrémité de l'île. Restés encore de nos jours les maîtres des lieux, les Borromée ont à cœur de préserver le rêve de leurs ancêtres, un endroit « digne des fées », d'après le président des Brosses qui les soupçonnait d'avoir apporté en personne « ce morceau de l'ancien jardin des Hespérides ».

De l'enchantement des sens à l'apaisement de l'âme

A Isola Bella, aujourd'hui comme hier, la magie opère toujours dans l'esprit du visiteur. Après avoir contemplé à l'intérieur du palais la vertigineuse enfilade de pièces et de galeries, celui-ci découvre au bas d'un escalier une étonnante suite affleurant l'eau, de « grottes » ouvragées, dont les rocailles sont délicatement brodées de galets et de coquillages. La mise en scène baroque, conçue comme un perpétuel trompe-l’œil ne fait que commencer. Elle se poursuit dans les jardins, démultipliée à l'infini.
A peine sorti, on aperçoit depuis la cour basse, appelée le vestibule de Diane, un très grand fronton de pierre, auquel est adossé vers le sud une extraordinaire succession de jardins suspendus, étagée en dix terrasses et dessinée en forme de pyramide. Culminant à trente-deux mètres au-dessus du lac, elle multiplie les points de vue et les effets de perspective et suggère ainsi, entre le ciel et l'eau, l'étirement permanent de l'espace. A son sommet, faisant face au château, trois étages de niches ornées de statues constituent un exubérant théâtre, dont les acteurs pourtant pétrifiés dans la pierre, semblent se mouvoir et saluer, bras levé ou torse cambré, la beauté de la création.
Parmi eux, on découvre des putti, des saisons, des fleuves et des vents personnifiés, dominés par un cavalier chevauchant une licorne. Symbole d'amour et de pureté, l'animal fabuleux est aussi l'emblème des Borromée, et pour l'accompagner, seuls sont admis sur l'île des oiseaux blancs, colombes et paons. Au détour des arbres, des terrasses et des parterres, ils évoluent avec grâce au sein de nombreuses espèces végétales, rares ou exotiques, protégées ici par une Dame nature, particulièrement bienveillante. A Isola Bella, l'esthétique baroque ne se déploie pas dans le tourment et la démesure, mais est mue par une joyeuse fantaisie, une gaieté sereine et apaisée, en harmonie avec un nature conciliante et parfaitement maîtrisée.

Isola bella, sous le regard des artistes et de l'Histoire

L'îlot fabuleux inspira de nombreux artistes, à commencer par le peintre Gaspar van Wittel, l'un des pères, à la fin du XVIIe siècle, du védustisme italien, et le graveur Marc Antonio Dal Re, rendu célèbre au XVIIIe siècle par ses représentations des villas princières. Isola Bella exerça aussi une puissante fascination sur plusieurs générations de poètes, d'écrivains et de musiciens, parmi lesquels Goethe et lord Byron, ou encore Charles Dickens qui admirait son aspect « bizarre et fantastique ». Alors qu'il travaillait à son Parsifal, Wagner confia y avoir « retrouvé le calme et l'apaisement », mais Alexandre Dumas, ne pouvant détacher son regard de tant de beauté, avoua y avoir écrit ses plus mauvaises pages.
Les grands de l'Histoire enfin ne manquèrent pas d'accoster à Isola Bella, ainsi la reine Elisabeth Christine d'Autriche – grand-mère maternelle de Marie-Antoinette –, Napoléon, à deux reprises, ou encore la reine Victoria. Ce lieu de paix accueillit aussi Mussolini, Pierre Laval et Pierre-Etienne Flandin, Ramsay Mac Donald et John Simon, en avril 1935, lors de la conférence de Stresa qui suivait le réarmement allemand, décidé par Hitler. Impassible et énigmatique, à la fois hors du temps et témoin de notre histoire, l'île enchanteresse, gardienne des splendeurs du passé, a traversé le tragique XXe siècle en conservant sa fascinante beauté.
Pour visite Isola Bella avec Clio
IT 45 - 6 jours

Insérés dans l'environnement somptueux des montagnes qui les entourent, les lacs glaciaires formés sur le versant méridional des Alpes italiennes ont de tout temps suscité l'admiration des poètes, des ... Découvrir ce voyage
 

 
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