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Herculanum
Sous les cendres du Vésuve
Moins étendue que Pompéi, grand pôle commercial au cœur de la Campanie, la petite cité d'Herculanum surplombait dans l'Antiquité la baie de Naples. A la fois calme et prospère, elle était considérée comme un lieu de villégiature pour les riches habitants de la région. Aux yeux des Anciens, « Cérès et Bacchus y rivalisaient de prodigalité » semblant garantir une immuable douceur de vivre. Mais, le 24 août 79, Herculanum ne fut pas épargnée par l'éruption du Vésuve. Submergée en quelques heures par de brûlants torrents de boue, elle disparut pendant plus de mille six cents ans sous un épais et singulier linceul de matière volcanique.

Dans l'Antiquité

Selon la légende, Herculanum aurait été fondée par son héros éponyme, le demi-dieu Hercule. Sur le site de l'ancienne cité, on exhuma de nombreuses œuvres d'art évoquant cette figure majeure de la mythologie : ainsi, la peinture murale Hercule reconnaissant Télèphe en présence de l'Arcadie retrouvée dans la basilique, ou encore le panneau de marbre de style néo-attique qui décorait la maison dite « du relief de Télèphe ». Sous domination étrusque, puis samnite, la ville passa finalement dans le giron romain, mais ses habitants se révoltèrent au moment de la « guerre sociale ». Reprise par un lieutenant de Sylla en 89 avant J.-C., Herculanum obtint par la suite le statut de municipe romain. A l'époque augustéenne, elle s'enrichit de monuments publics financés par de puissants bienfaiteurs. Le tribun Marcus Nonius Balbus, immortalisé par une statue équestre, fit édifier en 32 avant J.-C. la basilique. Au même moment, le théâtre comptant 2 500 places était bâti ou restauré par Annius Mammianus. Sous le règne de Claude, une statue en bronze d'un de ses descendants fut ajoutée au décor. Les thermes suburbains enfin, témoignant des dernières avancées techniques du monde romain, furent construits juste avant l'éruption du Vésuve. Titus était alors à la tête de l'Empire.

La redécouverte au XVIIIe siècle

Dans une lettre à Tacite, Pline le Jeune évoqua la catastrophe en décrivant les derniers instants de son oncle, Pline l'Ancien, qui trouva la mort non loin d'Herculanum et de Pompéi, sur les rivages de Stabies. Mais, au fil des siècles, le lieu même des cités ensevelies fut oublié. En 1709, Herculanum, la première, fut redécouverte lors du forage d'un puits dans les jardins du comte d'Elbeuf à Résina : les vestiges mis au jour n'étaient autres que ceux du théâtre antique. Trente ans plus tard, Charles de Bourbon, devenu roi des Deux-Siciles, lança une campagne de fouilles, classée « secret d'Etat » et visant à enrichir sa collection privée de sculptures et de peintures antiques. Dans des conditions extrêmement difficiles, des forçats descendaient profondément sous la terre pour extraire de nouveaux trésors. Mal dirigés, ils creusèrent et remblayèrent au hasard et ne découvrirent de nouvelles œuvres d'art qu'au prix de pertes irréparables.
A partir de 1748, la mise au jour progressive du site de Pompéi concurrença le chantier d'Herculanum, plus difficile à déblayer. Mais à l'étranger, l'ancienne cité suscita l'intérêt grandissant des savants. Les récits du Français Charles de Brosses et les travaux de l'Allemand Winckelmann contribuèrent ainsi à la diffusion du néoclassicisme. En 1758, quatre pages de l'Encyclopédie furent consacrées à Herculanum. La visite libre du site, avec la possibilité de prendre des notes ou de faire des croquis, n'est autorisée qu'en 1787. De nombreux artistes français font le voyage : Fragonard, Hubert Robert, Pierre-Adrien Pâris ou encore Madame Vigée-Lebrun.

L'avènement de l'archéologie comme science

Au XIXe siècle, deux nouvelles campagnes de fouilles sont menées, cette fois à ciel ouvert, mais, à partir de 1875, le site est laissé sans protection pendant plus de cinquante ans. Cet abandon entraîna l'irréparable effacement de la fresque d'Argus. En 1927, les archéologues investirent à nouveau la cité délaissée et adoptèrent pour la première fois une démarche authentiquement scientifique. Chaque parcelle mise au jour fut fouillée de fond en comble et le moindre témoignage de la vie quotidienne sous l'Empire romain sembla avoir désormais autant de valeur que la grande statuaire, les fresques ou les mosaïques. Derrière les somptueuses villas du bord de mer, de nombreuses maisons plus modestes, contenant ne fût-ce que du mobilier ou des restes de nourriture, furent autant de trésors pour les historiens. Depuis les années quatre-vingt-dix, les chercheurs s'affairent à nouveau dans la maison des Papyrus, découverte dès le XVIIIe siècle, mais rapidement abandonnée en raison de l'émanation de dangereux gaz volcaniques. Les avancées technologiques ont déjà permis de déchiffrer une partie des 1785 rouleaux calcinés qu'elle contenait et qui constituaient une des bibliothèques les plus importantes de l'époque.
En 1997, Herculanum fut classée en même temps que Pompéi au patrimoine mondial de l'Unesco. Mais l'ancienne cité n'a pas révélé tous ses secrets, les deux tiers de sa superficie demeurant enfouis dans le sol.
Pour visiter Herculanum avec Clio
IT 42 - 8 jours

La Campanie était, pour les Anciens, un paradis béni des dieux et Tacite regrettait que ses côtes si fécondes eussent été dévastées par la terrible éruption du Vésuve de 79, fatale à la douceur de vivre ... Découvrir ce voyage
 

 
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