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Hans Memling
Peintre de l'idéale douceur
D'origine allemande, Hans Memling naquit vers 1435-1440, non à Bruges – la ville qui le rendit célèbre – mais à Seligenstadt, une petite bourgade sise sur le Main qui dépendait de l'électorat de Mayence. De son enfance, nous savons seulement qu'il perdit ses deux parents lors de l'épidémie de peste qui dévasta la Rhénanie en 1451, et les conditions exactes de sa formation à la peinture nous sont pareillement inconnues. Mais bien qu'aucun document ne l'atteste, les historiens d'art s'accordent à penser qu'il fut sans doute influencé par Stéphan Lochner, établi alors à Cologne, avant de travailler, à partir de 1455, aux côtés de Rogier Van der Weyden, à Bruxelles.

Sa présence à Bruges est attestée en revanche sans conteste le 30 janvier 1465. A cette date en effet, quelques mois après la mort de Rogier, Memling y achète contre « 24 sous de gros » le droit de bourgeoisie qui va lui permettre d'exercer son métier et d'ouvrir son propre atelier. Mais son arrivée dans la ville est aussi teintée de récits légendaires, faisant de lui un soldat au service de Charles le Téméraire, qui, après avoir été blessé au siège de Nancy en 1477, aurait demandé soin et assistance à l'hôpital Saint-Jean, avant de le décorer en signe de reconnaissance. Cette version alimentée par la littérature romantique du XIXe siècle est contredite – au moins dans sa chronologie – par les archives de la ville qui prouvent que Memling – signe de sa réussite précoce – s'installa dès 1466 dans une maison cossue de la Sint-Jorisstraat.

Les débuts du maître

Dans cette ville encore florissante et qui fait figure, dans le Nord de l'Europe, de centre financier et commercial incontournable, Memling sait très vite s'imposer comme le peintre favori des personnalités éminentes du clergé, mais encore des riches marchands et banquiers étrangers, et ce d'autant plus facilement qu'il n'a pas ou peu de concurrence : Van Eyck, dont le souvenir est encore très prégnant à Bruges, n'est plus depuis longtemps et seul Petrus Christus, qui meurt en 1476, jouit alors d'une renommée internationale. A peine installé, Memling réalise ainsi le triptyque de Jan Crabbe du nom de son commanditaire, supérieur de l'abbaye de Dunes, et, en 1467, le triptyque du Jugement dernier pour le banquier florentin, Angelo Tani. A son grand dam, l'œuvre n'arriva en fait jamais en Italie, mais se retrouva à Gdansk – c'est là qu'on l'admire encore aujourd'hui – après que le bateau qui la transportait a été attaqué par des pirates.

A partir de 1470, Memling devient aussi le fournisseur d'un autre banquier toscan, Tommaso Portinari, prestigieux conseiller à la cour de Bourgogne, et dont il immortalise alors les traits au côté de sa jeune épouse, dans deux magnifiques panneaux des collections du Metropolitan Museum of Art de New York. La « première manière » du peintre laisse transparaître l'enseignement de Rogier van der Weyden, notamment dans la minutie du dessin, le traitement réaliste des carnations, ou encore l'expressivité dévolue aux mains, et l'on décèle aussi l'influence de Van Eyck dans le miroitement délicat des glacis ou la complexité de la composition. Pour autant, Memling affirme dès le début de sa production l'un des traits immuables de son style, caractérisé par l'idéalisation des figures, et la douceur qui semble chacune les animer, qu'il s'agisse des saints ou des saintes, des élus ou des damnés et des hommes ou des femmes du temps représentés en prière, généralement les commanditaires. Le monde de Memling, indifférent aux guerres et aux soubresauts historiques, est habité d'êtres sereins et silencieux, réfugiés dans l'immobilité harmonieuse de la peinture, mais dont l'intense présence est rendue possible grâce au rendu réaliste de la chair et des cheveux, des paupières prêtes à battre, des sourires sur le point d'être esquissés.

Le renouvellement de l'art du portrait

Or, c'est à la fois à travers le prisme de l'idéal et du naturalisme que veut se reconnaître la classe patricienne et cosmopolite de Bruges, pour laquelle Memling va peindre une trentaine de portraits – soit le tiers de son œuvre – et plus encore si on compte les portraits en pied intégrés aux scènes religieuses. Le plus souvent, il réitère la même composition, caractérisée par une vue en 7/8e et un cadrage très serré au-dessus de la tête et des épaules, tandis que les mains semblent déborder – en trompe-l'œil – du cadre sur lequel elles sont posées. Le personnage semble ainsi faire partie intégrante de l'espace du spectateur, tandis que le tableau paraît une fenêtre ouverte sur le monde, et cette impression est rendue plus vive encore quand Memling préfère au fond sombre et uni un paysage s'étendant au loin, ou encore un décor intérieur révélant derrière une architecture ouverte une nature calme et rassérénante. C'est le cas dans le Portrait d'un jeune homme en prière du musée Thyssen de Madrid ou encore dans les portraits de Willem Moreel et Barbara van Vlaenderberch des musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles. Dans ce domaine, Memling exerça d'ailleurs une grande influence sur les peintres italiens de la Renaissance, ainsi Ghirlandaio, Verrochio ou encore Antonello da Messina.

Les dernières années

L'ascension fulgurante de Memling fait de lui un des plus riches habitants de la ville, mais va cependant être freinée par la nouvelle situation économique et politique de Bruges, que banquiers et marchands finissent par déserter en raison de l'affaiblissement progressif du duché de Bourgogne. Par ailleurs, certains de ses prestigieux mécènes italiens se détournent de lui, notamment Tommaso Portinari qui lui préfère dorénavant Hugo van der Goes. A partir de la décennie 1480, les clients de Memling sont le plus souvent issus de la bourgeoisie locale d'autant que les commandes des institutions religieuses se font, elles aussi, beaucoup plus rares, à l'exception des six scènes de la châsse de sainte Ursule, chef-d'œuvre de la miniature, réalisé en 1489 à la demande de l'hôpital Saint-Jean. Pour ce lieu emblématique et qui abrite aujourd'hui le musée Memling, le peintre avait déjà réalisé dix ans auparavant le retable des deux saint Jean, le triptyque de Jan Floreins et le triptyque d'Adriaan Reins...

Si Memling ne se départit jamais de cette douceur angélique à laquelle on associe immédiatement son langage pictural, la technique au moyen de laquelle il l'exprime évolue considérablement au fil des années. La touche se fait plus légère et fluide, la matière même du tableau paraît plus fine grâce au traitement nouveau des glacis. Aux minutieuses applications du début qui produisaient un effet presque sculptural succède une nouvelle facilité d'exécution, un rendu proche de la porcelaine. Le Portrait de l'homme à l'œillet de la Morgan Library de New York, réalisé aux alentours de 1485, témoigne particulièrement de cette nouvelle « manière ». Pour autant, l'intérêt pour le portrait, ce genre qui avait tant contribué à asseoir la renommée de Memling, ne cesse alors de décliner. Dans les dernières années de sa vie, Memling réalise surtout des tableaux d'autel pour de nouveaux commanditaires étrangers, espagnols et allemands cette fois. Lorsqu'il s'éteint à Bruges, le 11 août 1494, un contemporain consigne son décès dans son journal, non sans rendre hommage au « maître le plus habile et le plus accompli de toute la Chrétienté ».
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