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Gioachino Rossini
Le « Cygne de Pesaro »
Gioachino Rossini a tout juste 20 ans lorsqu'il embrasse, en 1812, la carrière de compositeur, et ne tarde pas à jouir d'une immense notoriété. A la charnière entre deux époques, ce musicien prolifique incarne l'apogée du bel canto, mais parvient aussi à donner un nouveau souffle à l'opéra italien. Sans rompre totalement avec la tradition de l'opera buffa et de l'opera seria, il en renouvelle considérablement les principaux ressorts, dote ses personnages d'une profondeur psychologique jusque-là inédite, et porte techniquement aux nues l'art lyrique en mettant la voix au service de la vérité dramatique. Tout naturellement s'impose alors aux interprètes une nouvelle souplesse du chant exigeant une très grande virtuosité. Dans le même temps, l'orchestre, plus étroitement perçu comme partie intégrante de l'ensemble, s'enrichit de puissants effets rythmiques – ainsi le fameux crescendo rossinien – associés à la progression de l'action comme à l'expression vibrante de certaines atmosphères. En 1822, Rossini a déjà composé trente opéras, lorsque sa carrière fulgurante le conduit à l'étranger, à Vienne, à Londres, et, enfin, à Paris où il s'installe durablement et donne, en conformité avec la déclamation française, une orientation nouvelle à son œuvre. Là encore, c'est une véritable consécration !

Pourtant, en 1829, Rossini, au faîte de sa gloire, fait subitement le choix du silence. De retour en Italie, il se fixe, triste et désabusé, à Bologne puis à Florence, alors que de multiples tourments physiques et psychologiques semblent l'accabler. Avec le temps, il retrouve la sérénité et l'apaisement et, en 1855, le voici à nouveau à Paris, cette fois pour toujours. Entouré des plus grands artistes et écrivains de l'époque, il compose alors, comme pour se moquer de lui-même, ses délicieux Péchés de vieillesse, petites farces musicales à l'opposé du « sublime » et de la vague romantique dans laquelle il ne se reconnaît pas. En 1868, sa mort donne lieu, de part et d'autre des Alpes, à des funérailles nationales, mais, en dépit de son immense renommée, son œuvre est peu à peu oubliée, la majeure partie des partitions éparpillée, tandis que seuls quelques passages, comme l'ouverture de Guillaume Tell ou la cavatine de Figaro – tirée du Barbier de Séville – persistent dans l'imaginaire collectif. Il faudra attendre la fin du XXe siècle, avec la création de la Fondation Rossini et l'ouverture, en 1980, du festival de Pesaro, pour que ses opéras connaissent une véritable renaissance.

Les années de formation

Gioachino Rossini voit le jour à Pesaro le 29 février 1792 – une année bissextile –, cinq mois après le mariage de ses parents Giuseppe et Anna. Le premier est un musicien, corniste virtuose, doublé d'un aventurier, et la seconde une jeune couturière qui délaisse bientôt son ouvrage pour s'adonner à son tour au chant et rejoindre son époux sur les planches. Favorable à Bonaparte et aux idéaux révolutionnaires, Giuseppe est enfermé en 1799 dans les geôles autrichiennes. Libéré un an plus tard, il s'installe à Lugo avec sa famille. Gioachino s'y révèle rapidement un enfant turbulent, mais remarquablement doué pour la musique. Auprès du chanoine Giuseppe Malerbi, il apprend non seulement le chant et le piano-forte, mais découvre aussi les partitions de Haydn et de Mozart, dont il s'inspire pour composer à son tour, à l'âge de 12 ans, ses premières sonates. En même temps, il suit régulièrement ses parents lors de leurs tournées et se familiarise très tôt avec le monde du théâtre. Lorsqu'en 1804, sa mère, victime d'une maladie du larynx, met fin à sa carrière, le couple se dirige vers Bologne, permettant ainsi à Gioachino de parachever sa formation, de 1806 à 1810, au sein de la célèbre académie philharmonique.

Des débuts fulgurants

Mais il lui faut désormais quitter l'école et gagner sa vie. A la faveur d'un désistement, l'impresario du théâtre San Moise de Venise lui confie alors au pied levé la mise en musique d'une farce en un acte de Gaetano Rossi, La Cambiale di Matrimonio. C'est une véritable aubaine pour le jeune musicien qui relève le défi et est acclamé dès la première représentation. D'après Stendhal, il laisse dès lors « éclater le génie de toutes parts ». L'année 1812, particulièrement fertile, voit naître ainsi sous sa plume six opéras, pour Venise, Ferrare mais aussi pour la Scala de Milan où La Pietra del paragone est accueillie triomphalement. En 1813 est créé à La Fenice de Venise Tancredi, son premier grand opera seria, inspiré de Voltaire.

L'apothéose napolitaine

Domenico Barjaba, célèbre impresario du temps, propose alors au jeune prodige de le rejoindre à la direction des théâtres royaux de Naples, notamment du prestigieux San Carlo. De 1815 à 1822, Rossini, tenu de composer deux opéras par an, s'adonne, pour le public napolitain, au genre de l'opera seria, dont il renouvelle les sujets, en s'inspirant entre autres de la culture britannique. Créé en 1816, son Otello est ainsi le premier grand opéra italien tiré de Shakespeare, et reste, du vivant de Rossini, son œuvre la plus célèbre, le rôle de Desdémone valant consécration pour les chanteuses lyriques du temps.

Pendant la période napolitaine, il continue à composer pour d'autres grandes scènes de la péninsule, privilégiant cette fois drames et comédies. Rome voit ainsi naître – dans des conditions cocasses – Le Barbier de Séville. La première, troublée par l'apparition fortuite d'un chat et la chute d'une basse, est un véritable désastre, à tel point que Rossini n'ose pas diriger la seconde, mais révise la partition pour la troisième représentation, cette fois couronnée de succès. Au terme de huit années, Rossini finit par abandonner sa collaboration avec Barjaba, mais, avant de quitter l'Italie au bras de sa future épouse, la célèbre chanteuse Isabella Colbran, il donne, en 1823, à la Fenice, Sémiramide, son ultime tragédie.

Les deux « époques » parisiennes

Accueilli triomphalement partout où le portent ses pas, ainsi à Vienne et à Londres, il élit domicile dans la capitale française où il prend, en 1824, la direction du théâtre des Italiens. Là, il enflamme le public au point de susciter une véritable frénésie, mais c'est l'opéra de Paris qu'il entend désormais conquérir grâce, notamment, au Comte Ory, en 1828, et à Guillaume Tell, en 1829, œuvre majeure par laquelle il ouvre la voie au grand opéra français. Agé seulement de 37 ans, il choisit, à la surprise générale, de se retirer. Une page entière de son existence se tourne, d'autant qu'il se sépare peu après de sa première épouse. Sans doute n'est-ce pas un hasard si sa future compagne, Olympe Pélissier, une demi-mondaine qui lui restera dévouée jusqu'à la mort, n'est pas musicienne. Epuisé et neurasthénique, Rossini se retire pendant vingt-cinq ans en Italie, avant de retrouver Paris en 1855, d'y tenir salon avec insouciance, de s'adonner à la gourmandise et d'organiser avec ses amis de très peu sérieux « samedis musicaux » : « Manger et aimer, chanter et digérer » ne sont-ils pas « les quatre actes de l'opéra bouffe qui a pour titre la vie ? »
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