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Giacomo Puccini
Nul n'est prophète en son pays
A la charnière des XIXe et XXe siècles, l'œuvre de Puccini incarne l'ultime manifestation du romantisme lyrique en Italie. Inscrite dans le sillage de Verdi, mais aussi de Rossini et de Donizetti, elle privilégie l'intensité expressive du chant, explore, à travers des personnages souvent simples et authentiques, les passions et les mouvements du cœur humain, et accorde une place prépondérante au drame et au théâtre.
Cependant, elle se distingue aussi par sa profonde originalité mélodique et par l'importance nouvelle accordée à l'orchestre. Ce dernier, en effet, est perçu désormais comme un ressort à part entière de l'action dramatique. Parallèlement, l'écriture harmonique se libère et se fait parfois si audacieuse qu'on a pu comparer les innovations de Puccini aux recherches avant-gardistes de Schoenberg. Mais, en dépit de sa très grande modernité, Puccini se définit lui-même avant tout comme un homme de théâtre, soucieux, à travers la musique et la scène, de raconter une histoire, et d'évoquer – de Manon Lescaut à Turandot en passant par La Bohème – la vie, l'amour, la souffrance et la poésie de l'existence. Pour cette raison, il demeure l'un des compositeurs d'opéra les plus populaires au monde.

Une dynastie de musiciens

C'est dans la ville de Lucques, en Toscane, que naît Giacomo, le 22 décembre 1858. Ses ancêtres, descendus des collines environnantes, s'y étaient installés 160 ans auparavant et y avaient fondé une véritable dynastie de musiciens. Dans la famille Puccini, on était compositeur et maître de chapelle depuis quatre générations. Giacomo devait ainsi, dans sa petite enfance, bénéficier des leçons de Michele, son père : « Il avait la sagacité – raconte-t-il – de déposer de petites pièces sur le clavier. Et mes petites mains d'y courir pour les ramasser ! Ainsi, mes doigts appuyaient involontairement sur les touches, l'orgue émettait des sons et moi, à mon insu, je commençais à prendre confiance et à jouer. » Mais Michele mourut prématurément, laissant le petit garçon orphelin dès l'âge de 6 ans. Lors de l'oraison funèbre, il fut désigné, tout petit encore, comme « seul survivant de la gloire que ses aînés avaient conquise dans l'harmonie et que, peut-être, il pourrait faire revivre un jour ».

Les années de formation

Giacomo poursuit d'abord sa formation auprès de son oncle, Fortunato Magi, bougon et lunatique. En 1868, on le retrouve à l'Institut musical de Lucques, où il se révèle un élève brillant. Encouragé par ses maîtres, il remporte, avec brio, un prix à l'âge de 16 ans et vise, fidèle à la tradition familiale, le poste d'organiste de la cathédrale.
C'est alors qu'advient un événement capital dans son existence : la représentation à Pise, en août 1876, d'Aïda de Verdi. Trop pauvre pour acheter un billet de chemin de fer, il parcourt à pied 40 kilomètres aller-retour pour assister au spectacle qui fait figure à ses yeux de révélation. Oui, il sera musicien, mais musicien des passions, des sentiments et du théâtre, et non pas simple maître de chapelle ! Pour réaliser son rêve, il obtient, par l'entremise de sa mère, une bourse d'études de la reine Margharita, qui lui permet d'entrer, en 1880, au conservatoire de Milan. Là, il travaille d'arrache-pied dans des conditions souvent précaires, et ne se rend à la Scala que lorsque sa situation financière le lui permet. Au bout de trois années, il obtient brillamment son diplôme grâce à une pièce orchestrale, le Capriccio sinfonico.

Les débuts d'une carrière

Le voici donc lancé sur les chemins de la création et c'est tout naturellement vers l'opéra qu'il se tourne en participant à un concours. Rejeté, son projet est tout de même porté sur l'une des scènes de Milan et attire l'attention de l'éditeur Giulio Riccordi qui lui en commande un autre. Après cinq années de travail, Edgar est présenté au public en 1889, mais sans rencontrer le succès escompté. Giacomo doute alors de lui-même, mais comprend désormais qu'il lui faut avant tout aimer son sujet et se sentir en adéquation avec le livret pour « mettre en musique des passions véritables, des passions humaines ». Entre-temps, il s'est épris d'Elvira, une jeune femme de Lucques déjà mariée, qui a pris la fuite avec lui, avant de lui donner un fils, Antonio, en 1886. Le scandale à l'époque est immense. Au même moment, le musicien achète une villa à Torre del Lago, un petit village de pêcheurs, dont il fait à la fois son domaine et sa retraite. C'est là qu'il composera Manon Lescaut, sur un livret de Luigi Illica. La création a lieu à Turin le 1er février 1893 et rencontre la faveur du public et des critiques. L'opéra est donné l'année suivante à Brescia sous la direction du célèbre Arturo Toscanini, puis dans toute l'Europe.

Gloire et Bohème

Fort de cette nouvelle renommée internationale, Puccini fait de nombreux voyages et, séducteur invétéré, délaisse souvent sa femme. A Torre del Lago, il fonde, avec ses amis artistes, écrivains ou simplement aimables compagnons de fête, le cercle La Bohème. En même temps, il compose l'opéra du même nom, inspiré d'une œuvre de Henri Murger, et évoquant le Paris étudiant de 1830. Créée en février 1896 à Turin, l'œuvre reçoit d'abord un accueil peu chaleureux, mais fait aussitôt le tour de l'Europe. Puccini y donne la part belle aux misérables et aux déclassés, véritables héros du drame. Lors d'un voyage à Paris, il découvre Tosca de Sardou, jouée par Sarah Bernard, et décide d'en faire le thème de son prochain opéra, sur un livret de Giacosa et Illica. La première représentation a lieu à Rome en 1900 et connaît, elle aussi, un succès mitigé avant de triompher à l'étranger.

Scandale à la Scala

Au faîte de sa gloire, Puccini n'en traverse pas moins une période difficile, tourmentée sur le plan sentimental et assombrie en 1903 par un accident de voiture qui le laisse boiteux. Alité pendant huit mois, c'est durant sa convalescence forcée à Torre del Lago qu'il rêve à l'Orient et achève la partition de Madame Butterfly. Le 17 février 1904, le nouvel opéra rencontre, à la Scala de Milan, un échec cuisant. D'après un témoin, « une émeute sauvage, véritable spectacle d'enfer, éclata ». Dans sa loge, Puccini, furieux et désappointé, prophétise avec force : « Butterfly est mon meilleur opéra ; il fera son chemin sur les scènes du monde, tout comme l'ont fait La Bohème et La Tosca. »

Succès à New York

Les années suivantes sont marquées par de nombreux voyages aux Etats-Unis, d'où il rapporte le livret de La Fanciullia del West, mais aussi par le suicide de Doria Manfredi, une jeune domestique accusée par Elvira d'être sa maîtresse. Puccini entame alors l'écriture du fameux Triptyque, réunissant trois opéras en un acte, et qui connaîtra en 1918 un immense succès à New-York. Mais c'est Turandot, du nom d'une princesse chinoise, qui fait véritablement office de testament artistique. Pendant qu'il le compose, Puccini pressent d'ailleurs sa fin prochaine et déclare : « L'opéra sera présenté incomplet et quelqu'un s'avancera sur la scène pour dire : "A ce moment, le maestro est mort." ». Un cancer de la gorge l'emporte en effet en 1924, sans qu'il ait achevé le duo final.
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